La sortie du nucléaire impliquerait un surcoût de 112 milliards d’euros

L’étude, présentée lundi 7 novembre par l’Union française de l’électricité (UFE), imagine trois scenarii pour les choix énergétiques de la France à l’horizon 2030. Dans les trois cas, la facture risque d’être lourde.

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La sortie du nucléaire impliquerait un surcoût de 112 milliards d’euros

"Quel que soit le scenario choisi, les prix augmenteront", affirme Jean-François Raux, expert de l’UFE, interrogé par L'Usine Nouvelle. Et effectivement, les conclusions de l’étude sont claires.

Pour la première option, passer de 75% à 70% la part d’électricité produite par l’atome, 322 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires. Si la part du nucléaire est réduite à 50% - comme proposé par François Hollande, candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 – l’effort serait porté à 382 milliards d’euros, soit un surcoût de 60 milliards. Enfin, dans le cas d’une quasi-sortie du nucléaire (20%), le surcoût attendrait les 112 milliards d’euros. "Mais nous ne privilégions pas une option par rapport à une autre", ajoute Jean-François Raux.

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Sans toutefois adresser de recommandation, l’UFE avance un argument de poids pour "éclairer les choix politiques en matière de mix énergétique de façon raisonnée" : les répercussions sur le portefeuille des particuliers et des industriels. Si la part du nucléaire passe à 50%, les particuliers pourraient voir leur facture augmenter de 50% en 20 ans, et paieraient alors 189 euros le MWh. Dans l’hypothèse d’une quasi-sortie, le prix s’envolerait à 211 euros le MWh.

Pour les industriels aussi, la facture s’alourdit. Un passage à 70% du nucléaire entraînerait une hausse de 32 euros, soit 110 euros le KWh. Dans le scenario du nucléaire à 50%, le KWh passerait à 129 euros. Puis à 148 euros dans le cas d’une quasi-sortie du nucléaire. "Dans les trois cas, c’est le client final qui finance", souligne Jean-François Raux.

Augmentation des émissions de CO2

"On ne peut pas sortir du nucléaire uniquement avec les énergies renouvelables et la maîtrise de la demande d'énergie. Il faut aussi compter sur des moyens de production thermiques", ajoute-t-il. Ainsi dans les prévisions de l’UFE, pour le passage à 50% du nucléaire, l’énergie produite à base de fioul, de gaz ou de charbon bondirait de 7% à 16%. Dans le cas d’une part du nucléaire réduite à 20%, la part des combustibles fossiles dans le mix énergétique monterait à 40%.

Dans ces conditions, la France perdrait son rang de bonne élève européenne. En effet, avec une émission de 70 g de CO2/kWh, elle est bien en-dessous de la moyenne de 372g de CO2/kWh de l’Union. L’écart de performance CO2 entre les scénarios "Nucléaire à 70%" et "Nucléaire à 20%" serait de 35%. En effet dans le cas d’une quasi-sortie, les émissions françaises passeraient de 370 millions de tonnes de CO2 en 2010 à 439 millions de tonnes en 2030.

Après le drame de Fukushima, les professionnels de l’électricité sont conscients du scepticisme de la population vis-à-vis de l’atome. Une défiance d’autant plus cohérente que l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et le Mexique ont récemment annoncé leur sortie du nucléaire. "Mais nous avons lancé cette étude en janvier 2011, avant la catastrophe nipponne. Nous voulions seulement que les candidats aient toutes les cartes en main pour faire un choix pertinent sur la question essentielle du bouquet énergétique français", conclut Jean-François Raux.

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