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"La solution à la crise de l'euro ? Une hausse des salaires"

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Entretien Dans une tribune publiée le 28 septembre sur son site, le laboratoire social Lasaire, dont les experts et patrons d’entreprises industrielles comme Air France ou EADS, appelle à une augmentation des salaires en Europe. Joël Maurice, économiste, l’un des rédacteurs de la tribune avec Pierre Héritier et Michel Fried, précise à L’Usine Nouvelle l’objectif de cette démarche.

La solution à la crise de l'euro ? Une hausse des salaires © /*dave*/ - Flickr - C.C.

L'Usine Nouvelle - Pourquoi cette tribune ?
Joël Maurice - Tout simplement parce que la crise rebondit dans le monde et en Europe notamment. Le laboratoire a toujours travaillé sur la thématique des salaires et de l’Europe. Depuis longtemps nous avons identifié des causes profondes, avant même que les crises apparaissent. Nous avons la conviction que les salaires se sont atrophiés au profit du pouvoir des actionnaires. Et c’est ce déséquilibre qu’il faut corriger rapidement et dans toute l’Europe. L’effondrement de la part des salaires dans la valeur ajoutée empiète sur les perspectives de débouchés dans les entreprises car les salaires sont trop bas.

Vous dites travailler sur le sujet depuis longtemps. Pourquoi vouloir se faire entendre maintenant ?
En 2008 au moment de la crise nous avions déjà fait part de nos propositions. En vain. Nous réitérons donc. Mais l’élément déclencheur repose aussi sur le fait qu’en Allemagne, modèle social et économique souvent mis en avant, est aussi concernée par ce phénomène. C’est même le  pays dans lequel la part des salaires dans la valeur ajoutée a le plus baissé depuis 2003. C’est un cercle vicieux insoutenable.

Que préconisez-vous alors ?
En période de crise, les salariés ne sont évidemment pas en position de force pour réclamer des salaires plus hauts. Il faut donc une prise de conscience des politiques au niveau européen. Car plus qu’une crise sociale, c’est une vraie crise de l’euro dans laquelle nous nous trouvons. Deux solutions s’offrent à nous pour en sortir : soit sortir de la monnaie unique, soit avancer.

Avancer, mais vers quoi ?
Après Schuman en 1951 et la création de l’euro après la chute du mur de Berlin, il faut aller plus loin. Nous prônons la mise en place d’un vrai fédéralisme européen, avec un budget communautaire, un gouvernement européen. Un peu à l’instar du gouvernement fédéral américain, avec un financement équivalent. Il faut aller au-delà de la création d’une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés en France et en Allemagne, qui est déjà une avancée. Il ne faut pas en rester à une seule institution qu’est la Banque centrale européenne aujourd’hui. Elle fait un travail remarquable, mais il faut des institutions complémentaires. Il y a urgence. Il faut inscrire cette réflexion et ces projets dans un agenda politique européen.

Lire la tribune en cliquant ici

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