La société de biofertilisants Eléphant Vert vise une quinzaine de plateformes au Maroc

La filiale marocaine du Groupe suisse Elephant Vert, qui produit notamment des biofertilisants, mène dans le royaume un plan d'investissement de 65 millions d'euros dans trois unités à Meknès, Agadir et Berkane. Sébastien Couasnet, son patron fait le point sur ce programme inédit dans le royaume qui vise notamment à valoriser les biodéchets par compostage. Avec désormais une quinzaine de plateformes en vue dans tout le royaume. En attendant la création d'une demi-douzaine de filiales en Afrique.

 

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La société de biofertilisants Eléphant Vert vise une quinzaine de plateformes au Maroc
Sébastien Couasnet, directeur général d'Eléphant Vert

La société de biofertilisants Eléphant Vert projetait en 2013 d'investir 65 millions d'euros au Maroc. Où en sont ces investissements prévus à Meknès, Agadir et Berkane notamment ? Sébastien Couasnet répond pour l'Usine Nouvelle. Il évoque les enjeux de développement que s'est fixé cette société et émanant de la fondation suisse Antenna Technologie basée à Genève et promet d'apporter "l'innovation technologique et scientifique à la base de la pyramide, afin de réduire l'extrême pauvreté". Entretien.

L'Usine Nouvelle : Après le lancement d'une première usine Eléphant vert à Meknes en 2014, comment se déroulent vos projets ?

Sébastien Couasnet : Nos projets ont bien évolué. Depuis l’année dernière, le groupe a structuré ses gammes de produits autour de 4 familles : les amendements organiques, les biofertilisants, les biostimulants et les biopesticides.

Outre la commercialisation de ces produits, Éléphant Vert Maroc ambitionne de se positionner également comme opérateur référent dans la valorisation des déchets organiques et la production de biofertilisants.

C'est à dire ?

Cela devrait se concrétiser par la création de quatre plateformes régionales (Nord, Sud, Centre et Atlantique) de valorisation des déchets organiques et de production de biofertilisants.

Par ailleurs, afin de contribuer à la résolution de problèmes environnementaux désormais perçus comme des priorités nationales, la filiale marocaine du groupe a aussi intégré dans ses procédés de production les déchets de la filière avicole et s’intéresse à l’intégration des margines, les résidus de la trituration de l’huile d’olive.

Ces trois prochaines années, Éléphant Vert Maroc souhaite mettre ainsi en place un véritable réseau, regroupant la plupart des acteurs privés et publics de la filière. Aujourd’hui, cette démarche se concrétise déjà à l’échelle de la région de Meknès, avec la constitution d’un cluster national dédié à l’agro-industrie.

Quels sont vos engagements financiers ?

Depuis son implantation au Maroc, Éléphant Vert a déjà investi 405 millions de dirhams (1 000 dirhams = 9 euros NDR) dont 250 millions dans l’infrastructure de Meknès et 155 millions en études préalables, recherche et développement et sur son site de Rabat.

Sur la période 2015-2018, la société prévoit de poursuivre ses investissements sur le site de Meknès avec une unité de production de ferments bactériens dont les études de dimensionnement sont en cours.

Dans le cadre de la mise en œuvre de plateformes régionales de valorisation des déchets organiques et de production de biofertilisants, le groupe compte redéployer ses investissements sur une quinzaine de sites sur le territoire marocain et notamment dans la région d’El Jadida et Mohammedia.

Quels sont vos effectifs ?

A fin mars 2015, Éléphant Vert comptait 221 collaborateurs, dans le cadre du nouveau périmètre de notre développement au Maroc, nous prévoyons au total 600 créations d’emplois directs et 3 000 emplois indirects à l’horizon 2018.

Et en termes de réalisations matérielles?

Une usine de biofertilisants est déjà opérationnelle à Meknès et l’unité de production de micro-organismes utiles va être inaugurée. On pourra y produire des biopesticides et des biostimulants. Une usine de "bioblending" est prévue à El Jadida. Des unités de production de farine d’azote et potasse d’origine organique sont prévues dans la région d’El Jadida mais leur nombre reste à préciser, c’est en cours d’étude. Quinze plateformes de compostage et valorisation de déchets organiques sont enfin prévues sur tout le territoire marocain.

"l'activité biopesticides et de biostimulants démarre en 2015"

Eléphant Vert compte mettre en place un réseau de distribution, notamment en partenariat avec des entreprises locales. Qu'est-ce qui a été réalisé et quel en est le calendrier des étapes ?

Actuellement, nous avons développé un réseau de revendeurs sur l’ensemble du territoire marocain, il s’agit d’une dizaine de revendeurs qui défendent les couleurs Éléphant Vert au quotidien. En parallèle des partenariats sont en cours avec des entreprises d’envergure nationale pour la distribution quasi exclusive de certains produits. Distributeurs et revendeurs représentent environ 50% de nos ventes.

Nos circuits de distribution sont aussi soutenus par notre équipe de technico-commerciaux qui assure la promotion de nos produits au quotidien auprès des producteurs agricoles.

Vous comptiez exporter 75% de la production en Afrique sub saharienne. Où en est ce projet ?

La production d’amendements organiques et de biofertilisants est une production destinée avant tout au marché marocain. L’objectif d’exportation de 75% concerne essentiellement la production de biopesticides et de biostimulants dont l’activité démarre en 2015.

A horizon 2020, 75 % de la production de l'usine de micro-organismes de Meknès sera destinée au marché africain, accompagnant les ouvertures de nos filiales au Sénégal, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Cameroun, Ghana et Kenya.

Les 25% restant seront exportées vers l'Europe. Aujourd’hui, nous sommes en train d'établir les process et les contrats pour démarrer les activités d'exportation et nous sommes en discussion avec des partenaires pour démarrer la sous-traitance pour des entreprises européennes à partir de septembre 2015. Donc nos projets d’export avancent conformément à nos objectifs.

Propos recueillis par Nasser Djama

A fin mars 2015, le groupe Éléphant Vert comptait 221 employés répartis ainsi :
 - 37 collaborateurs au siège du Groupe (Rabat, Maroc)
- 95 Collaborateurs dans la filiale Éléphant Vert Maroc (Meknès, Maroc)
- 89 collaborateurs dans la filiale Éléphant Vert Mali
- 5 collaborateurs dans la filiale Éléphant Vert Europe (France) 

 

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