La SNCF sur le pied de guerre pour le 14 juillet

Pour transporter 250 véhicules, dont plusieurs chars Leclerc, ainsi que des centaines de militaires appelés à participer au défilé sur les Champs-Elysées, la branche fret de la SNCF a mis en place une logistique appropriée. Et elle communique, pour la première fois, sur ces grandes manœuvres annuelles.

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La SNCF sur le pied de guerre pour le 14 juillet

Ils déferleront sur la plus belle avenue du monde, venus de toutes les régions de France et même du monde entier. Les militaires appelés à défiler le 14 juillet ne sont pas les seuls à faire le déplacement. Les véhicules et chars font l’objet de grandes manœuvres logistiques coûteuses et complexes. Certains d’entre eux voyagent par le train.

Pour la SNCF, le 14 juillet est vraiment un grand jour. Une fois de plus, sa branche fret est sur le pied de guerre pour satisfaire les exigences des militaires. Du 6 au 8 juillet, huit convois très spéciaux se sont élancés, en provenance de diverses «places fortes» : Haguenau, Montélimar, Angers, Nîmes, etc. Juchés sur les wagons: quelque 250 véhicules, dont 150 blindés. Sans oublier onze chars Leclerc, mobilisant chacun un wagon entier.

DEPASSEMENT INTERDIT


Cette année, pour la première fois, les convois militaires ont convergé vers la gare dépôt de Brétigny-sur-Orge, pourvue de voies de réception appropriées. Précédemment, c’est la gare de Versailles Chantiers qui était mise à profit. De Brétigny au 8 ème arrondissement, cette armada de véhicules se contente d’emprunter la route.

Les « trains militaires du 14 juillet », qui rebrousseront chemin du 15 au 17 juillet, sont soumis à un certain nombre de mesures exceptionnelles s’imposant lors d’opérations comme celle-ci: « Entre autres préoccupations, nous interdisons le dépassement de ces trains par d’autres convois», précise un responsable du transport à particularité au sein du Pôle activité chimie, pétrole et transports spéciaux de la SNCF. Les locomotives mobilisées à cette occasion doivent être « câblées », c'est-à-dire qu'elles doivent pouvoir être alimentées en électricité par des voitures de voyageurs. Il s’agit en effet de convois mixtes, la SNCF assurant ainsi le déplacement des 600 militaires chargés d’entretenir et de conduire les chars et autres véhicules.

L’Armée de terre fait partie des clients les plus loyaux de la branche Fret de la SNCF, qui jouit d’un monopole en la matière puisque la concurrence, présentement, serait incapable de se voir confier une logistique aussi lourde. Toute l’année, la société nationale transporte des véhicules pour le compte de la Défense, que ce soit lors de manœuvres sous l’égide de l’Otan que dans le cadre de « la nouvelle carte militaire » (réorganisation des sites militaires, en vue d’une rationalisation accrue).

UN BLASON A REDORER


Mais pourquoi la SNCF, en 2010, a-t-elle choisi de communiquer sur ses prestations fournies à l’Armée de terre? Sans doute faut-il y voir la volonté de redorer le blason d’une branche fret ternie par une certaine débâcle financière et en proie à la concurrence. En 2009, elle a accusé des pertes opérationnelles supérieures à 450 millions d’euros.

La politique de restructuration à marche forcée entreprise par la branche fret, dont l’annonce en juillet dernier de la réduction de l’offre de wagon isolé, contribue à flétrir la réputation de la SNCF en la matière. La Grande Muette, sans le vouloir, vole au secours d’un fret sur lequel nombre de gens tirent à boulet rouge !

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