La SNCF fera rouler des trains autonomes en 2023

Mercredi 12 septembre, la SNCF et ses partenaires industriels ont annoncé la naissance de deux consortiums sur le train autonome. Une nouvelle étape vers des trains sans conducteur.

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La SNCF fera rouler des trains autonomes en 2023
Le train Rio Tinto en Australie roule sur 280 km sans conducteur.

Le train autonome n’est plus un rêve. Il roule même sur 280 kilomètres en Australie occidentale entre la mine de fer de Tom Price (Rio Tinto) et le port de Cap Lambert pour transporter à 80 km/h pas moins de 28 000 tonnes de minerais. Un convoi de trois kilomètres tiré par trois locomotives a effectué son premier voyage le 10 juillet dernier.

Ansaldo TS, grand spécialiste de la signalisation et partenaire de la SNCF pour le futur train autonome a participé à cette première. Toutefois, il ne s’agit là encore que d’une voie réservée à ce trafic, ce qui s’apparente encore à un réseau fermé comme les métros qui roulent depuis des années sans conducteur.

Mais le rêve d’un train roulant seul n’est plus lointain. La SNCF et ses partenaires – Alstom, Altran, Ansaldo TS, Apsys, Bosch, Bombardier, l’IRT Railenium, Spirops et Thales – ont annoncé les premiers trains autonomes pour 2023.

Deux consortiums

Après la période des grèves qui a occupé le terrain de l’actualité au cours du premier semestre, la direction de la SNCF reprend donc la main en cette rentrée. Après avoir communiqué sur les développements de Ouigo et l’accélération de la révolution digitale à tous les niveaux de l’entreprise, la SNCF a organisé une grande cérémonie avec ses partenaires sur le projet du futur train autonome.

Et le train autonome pourrait rouler dans un futur proche si l’on en croit l’opérateur ferroviaire historique et ses partenaires industriels qui ont annoncé ce mercredi 12 septembre, la naissance de deux consortiums pilotés par la SNCF et Railenium. Le premier est dédié à la réalisation d’un prototype de train de fret autonome et comprend les entreprises Alstom, Altran, Ansaldo STS et Apsys. Le second, consacré aux voyageurs, réalisera un prototype de TER autonome avec Bombardier, Bosch, Spirops et Thales. Pour cette phase de projet, un budget de 57 millions d’euros a été alloué, financé pour 30 % par la SNCF, 30 % par l’Etat via Railenium et 40% par les partenaires.

L’agenda déjà établi laisse augurer des délais très courts. Le Transilien autonome roulera en 2023, mais au niveau GOA (niveau d’automatisation) 2, où l’automatisation se limite à l’accélération et au freinage. Par contre, le train de fret atteindra le GOA 4, c’est-à-dire un train totalement autonome. Le GOA 3, conduite automatisée avec personne à bord, concernera sans doute les TER et les circulations techniques (retour au dépôt, par exemple), qui pourraient aussi basculer dans le GOA 4. Quant au TGV, le déploiement d’une automatisation de niveau GOA 2 est dans les tuyaux. Des niveaux qui pourront être modulés selon l’acceptation par les voyageurs de rouler dans un train sans conducteur à 300 km/h.

Le ferroviaire inspiré par l'auto et l'aéro

Le nom de certains partenaires montre que le ferroviaire s’inspire d’autres secteurs industriels. "Notre démarche s’inspire de ce qui se passe dans l’auto ou l’aéronautique, prévient Pierre Izard, directeur général délégué systèmes et technologies ferroviaires. C’est la compétitivité du ferroviaire qui est en jeu."

Les avantages sont nombreux pour la SNCF. "Le train autonome procure davantage de capacités, la possibilité de développer le transport de marchandises sans infrastructure supplémentaire, des trains plus économes avec un niveau de sécurité de même niveau", explique Carole Desnost, directrice innovation et recherche à la SNCF. Le train autonome demande également des garde-fous. "Il sera exposé aux cyberattaques, comme l’aéronautique, explique Christian Forestier, PDG d’Apsys. Nous accompagnons Airbus depuis une dizaine d’années."

"On obtient 30% de capacités supplémentaires sur un même réseau, estime Gilles Pascault, président d’Ansaldo STS France qui considère que l’on ne peut travailler sur le train autonome en se limitant à la France et il se félicite que la SNCF et la Deutsche Bahn aient décidé de coopérer sur ce sujet.

Et Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF de conclure avec enthousiasme : "le train autonome c’est parti ! C’est aussi l’avenir avec des trains plus propres (-15 -20 % d’énergie consommée), une plus grande régularité et c’est aussi l’avenir industriel." Et davantage de trains pouvant circuler sur une même ligne. De quoi limiter les investissements sur de nouvelles lignes, comme sur le Paris-Lyon à partir de 2024 et séduire le voyageur.

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