"La situation reste difficile pour les PME de l’aéronautique"

Thierry Voiriot est président du comite Aero-PME au sein du GIFAS, le Groupement des Industries Francaises aeronautiques et Spatiales. Il revient sur les difficultés rencontrées par les PME aéronautiques avant de pouvoir profiter réellement de la reprise annoncée par les méga-commandes lors du salon.

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L'Usine Nouvelle - Les PME sont-elles en mesure de profiter de la reprise qui s'affirme a ce salon du Bourget ?
Thierry Voiriot - Ces quatre derniers mois, les commandes et les cadences repartent à la hausse. On est donc globalement positifs. Toutefois, on n'a pas encore retrouvé le niveau de commandes de début 2008 d'avant crise. La situation reste même difficile pour les petites entreprises. Elles ont largement souffert des effets de la crise économique et des retards des grands programmes comme l'A380 ou l'A400M. La reprise a tardé car les grands donneurs d'ordres commencent seulement à épuiser les stocks importants qu'ils avaient constitués. Les entreprises souffrent d'autant plus de cette gestion des stocks en accordéon qu'elles interviennent très en amont de la chaine, souvent en rang 3 voir 4.

Quels obstacles rencontrent les PME pour profiter pleinement de cette reprise ?
Le soutien bancaire n'est pas à la hauteur, surtout dans le domaine des financements de court terme. A croire que les banques n'aiment pas le secteur aéronautique. Les entreprises rencontrent des difficultés de trésorerie immédiates ce qui complique la prise de nouvelles commandes, le réapprovisionnement...

Elles sont également victime de la parité euro/dollar. Les grands donneurs d'ordres passent en effet leurs commandes en dollars, transférant ainsi ce problème à leur supply chain. Or elles n'ont pas les moyens des grands pour s'offrir de couteuses couvertures de monnaie.

La pression sur les prix est également forte. Les clients demandent des gains de 5% voir 10%.

Y-a-t-il un enjeu sur les matières premières ?
Les prix des matières premières ont significativement augmenté. L'argent a doublé en un an, l'acier a pris 30%. Dans l'avenir, avec les besoins croissants de l'industrie, la situation pourrait se tendre encore plus. Certains grand fournisseurs de matières premières commencent à parler d'allocation, un système qui ne garantit pas que vous serez servi a la hauteur de votre commande mais qui repartit la pénurie.

Quelles sont les priorités d'investissement des PME ?
Dans les priorités d'investissement, la capacité d'innovation et de compétitivité vient largement devant l'export. Les PME cherchent à se doter de capacité d'innovation en développant par exemple leur propre bureau d'études. Pour elles, l'objectif est de sortir du rôle de sous-traitant de base et d'être capable de développer de nouveaux produits.

Pour l'export, elles commencent prudemment en recrutant un agent ou en ouvrant un bureau commercial a l'étranger. Sans un chiffre d'affaires local d'au moins 15 millions de dollars, c'est risqué d'ouvrir un centre de production. Pour franchir ce cap, elles peuvent bénéficier du soutien et de l'aide de leurs grands clients.

Qu'en est-il du recrutement ?
2/3 de nos membres évoquent des difficultés pour recruter. Sur tous les types de postes : techniciens, ingénieurs, commerciaux... Les candidats à l'emploi songent avant tout à rejoindre les noms connus de l'industrie Airbus, Safran… plutôt qu'une PME. Cela pourrait compliquer les objectifs de montée en cadence de certains.

Tout savoir sur le salon du Bourget 2015 sur L’Usine Nouvelle

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