La semaine du social et du management du 27 janvier au 1 février

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Accords de compétitivité : tout dépendra de la future majorité
Laurence Parisot aurait-elle senti l’urgence ? La présidente du Medef n’a pas traîné avant de relayer la demande du président de la République… Normal, le principe des accords de compétitivité-emploi est vigoureusement soutenu par le Medef. Dimanche soir, Nicolas Sarkozy demandait aux partenaires sociaux de débattre d’accords permettant une diminution du temps de travail et des salaires, si l’activité fléchissait. Lundi, le Premier ministre leur écrivait pour qu’un accord national interprofessionnel soit signé dans les deux mois. Le lendemain, la présidente du Medef invitait les syndicats de salariés à rencontrer l’organisation patronale « dès cette semaine pour fixer ensemble les conditions dans lesquelles nous pourrions engager une telle négociation ». Aux dernières nouvelles, ce délai sera difficile à respecter, toutes les organisations syndicales n’ayant pas répondu à l’invitation. Le premier d’une liste de rendez-vous non tenus ? La CFDT ne s’est pas montrée hostile au principe des négociations, tout en refusant de toucher aux 35 heures. La CGT fera savoir jeudi si elle accepte de participer aux discussions. FO s’inquiète de faire « sauter le verrou » de l’accord individuel pour toute modification du contrat de travail – les accords compétitivité s’imposeront à tous une fois l’accord d’entreprise signé. D’une seule voix, tous les syndicats rechignent à négocier aussi rapidement, sous la pression, une réforme importante. Feront-ils volontairement traîner les discussions? François Fillon a prévenu : faute d’accord des partenaires d’ici fin mars début avril, un projet de loi sera déposé. Tout en reconnaissant que vu le calendrier parlementaire, il ne pourra pas être examiné avant le premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril. Autant dire que l’avenir du texte est suspendu à la couleur de la prochaine majorité.

PSA : le retour du chômage partiel
Quand la demande de voitures baisse, revient le chômage partiel chez PSA. Ainsi, la production de quatre sites du constructeur automobile va être arrêtée pendant plusieurs jours. Au total, ce sont 20 000 salariés qui seront touchés. A Aulnay, la production cessera du 27 février au 2 mars, à Rennes du 13 au 17 février, à Sochaux et Mulhouse du 5 au 9 mars. L’arrêt de la production a pour objectif de réduire les stocks. Les salariés toucheront 95 % de leurs salaires car ils bénéficieront du dispositif APLD (activité partielle de longue durée), grâce à une prise en charge financière renforcée de l’Etat et de l’Unedic. La CGT critique ce point, estimant que la direction fait payer à l’Etat la mauvaise conjoncture. Pascal Pavillard, délégué FO de Sochaux a, pour sa part, déclaré à l’AFP : « c’est un coup dur, il y a longtemps que l’on n’avait pas connu cela et on ne s’y attendait pas. »

Le Comité d’entreprise, cet inconnu
L’utiliser ne signifie pas forcément bien le connaître. Tel est le principal enseignement qui ressort du premier baromètre (un sondage réalisé par CSA) sur les comités d’entreprise réalisé par Legrand Fiduciaire, La Clé et le Crédit mutuel. 81 % des salariés ont eu recours au service culturel. En revanche, ils sont beaucoup moins nombreux à penser CE quand il s’agit de faire passer un message à la direction : moins d’un salarié sur deux déclare le faire. Rien d’étonnant s’ils sont seulement 44 % à voir dans le CE un contre-pouvoir aux dirigeants, ce que pourtant 62 % des directions d’entreprises estiment. De ces différences de perception naissent des attentes fort contrastées. Du côté du chef d’entreprise, la demande principale est à la simplification : 62 % estiment qu’il faudrait regrouper les délégués du personnel, le comité d’entreprise et le CHSCT. Les salariés, quant à eux, voudraient davantage de moyens en faveur des missions économiques sociales. Les récentes révélations sur la probable mauvaise gestion (voire pire) de certains CE conduisent 71 % des salariés à se déclarer en faveur d’un contrôle externe des comptes du CE. La loi Perruchot adoptée par l’Assemblée nationale prévoit un tel contrôle et une publicité des comptes. Un décret précisera le budget à partir duquel ces mesures seront obligatoires.


Christophe Bys et Cécile Maillard

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