La semaine de l’économie du 20 au 26 aout

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Le budget fait douter les économistes

Suffisant ou pas ? Les 11 milliards d’euros d’économie détaillés par François Fillon cette semaine pour endiguer le déficit public français ne convainquent pas les économistes. Car même si l’effort est important (du même ordre que celui présenté l’an dernier), il ne sera pas forcément suffisant pour tenir l’objectif affiché de 5,7 % de déficit en 2011 et de 4,5 % en 2012. Les économistes ont une vision plus pessimiste des prévisions de croissance que l’éxécutif. Pour 2011 et 2012, ce dernier table désormais sur une hausse de 1,75 % du PIB, contre une estimation de 2 % en 2011 et 2,25 % en 2012 jusqu’à présent. « La prévision officielle est maintenant très proche de ce que nous prévoyons pour 2011, par contre nous restons beaucoup plus prudent sur 2012, où nous attendons 1,2 % de croissance », analyse une note de la banque Barclays. Une opinion partagée par les économistes du Crédit agricole. « Si comme nous le prévoyons la croissance 2011 n’est que de 1,6 %, de nouvelles économies à hauteur de 1 à 2 milliards seront nécessaires pour respecter l’objectif de 5,7 % de déficit » au-delà des mesures présentées cette semaine, selon une note de la banque française. La banque est encore plus sceptique pour 2012 en jugeant le « cadrage économique prévu officiellement trop optimiste » et table sur de nouvelles mesures. « Si la croissance n’était que de 1,3 % en 2012, 4 à 5 milliards de nouvelles économies seraient nécessaires », calcule encore le Crédit Agricole.

Le chômage bondit encore

Xavier Bertrand avait pris les devants en annonçant que les chiffres de l’emploi seraient mauvais. Ils le sont sans aucun doute, pour le troisième mois consécutif. Avec 24 300 chômeurs supplémentaires en juillet (toute catégories confondues), le nombre de demandeurs d’emplois a atteint son plus haut niveau historique avec 4,1 millions de personnes, une hausse de 4,3 % sur un an. Pour les seuls demandeurs d’emplois de catégorie A (ceux n’ayant pas du tout travaillé pendant le mois), la hausse est de 36 000 personnes en juillet et de 87 000 depuis le début de l’année. Autre indice inquiétant : le chômage de longue durée (au-delà d’un an) concerne désormais 1,5 million de personnes, une hausse de 9,2 % sur un an. Reste que les chiffres du chômage restent difficiles à expliquer. Malgré le ralentissement de la croissance, les créations d’emplois sont restées bien orientées au deuxième trimestre, avec 58 000 emplois créés d’avril à juin. L’augmentation de la population active française n’explique que partiellement cet écart. Pour endiguer cette hausse, le ministre du travail Xavier Bertrand devrait réunir la semaine prochaine tous les sous-préfets de France pour développer des actions dans chaque bassin d’emploi.

L’interdiction des ventes à découvert prolongée

La Bourse s’est un peu calmée ces derniers jours. Mais les autorités de régulation européennes veulent demeurer prudentes. Quatre pays, la Belgique, l’Espagne, l’Italie et la France, ont ainsi décidé de prolonger l’interdiction des ventes à découvert sur certaines valeurs du secteur des banques et assurances. L’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse français, avait pris cette décision le 11 août, en concertation avec ses homologues européens. Elle a annoncé le 23 août la prolongation de la mesure pour une durée indéterminée, n’excédant pas toutefois le 11 novembre prochain.

Les ventes à découvert visent à spéculer sur la perte de valeur d’une action. Elles sont accusées d’entraîner une baisse artificielle de la valeur des entreprises cotées prises pour cible. Le mécanisme permet en effet à un opérateur d’emprunter un titre pour le revendre, puis de le racheter moins cher une fois que le titre a perdu de la valeur, et le rendre à son propriétaire initial en empochant une plus-value au passage. Leur interdiction, déjà mise en place en 2008, ne fait toutefois pas l’unanimité quant à son efficacité. Certains analystes, en particulier chez les Hedge Fund, estiment qu’elle ne fait qu’aggraver la volatilité des titres.

Solène Davesne et Arnaud Dumas

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