La semaine de l'économie du 19 au 24 juin

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La semaine de l'économie du 19 au 24 juin

L'économie résiste aux chocs
Cette année, l’économie française joue aux montagnes russes. Au démarrage inespéré du début de l’année, succède un coup de frein brutal puis un lent redémarrage. C’est là que se trouve la meilleure nouvelle de la note de conjoncture de l’Insee. L’institut de statistique affiche d’ailleurs son optimisme : sa prévision de croissance pour la France (2,1 %) est supérieure à celle du gouvernement (2%). Pour l’Insee, le ralentissement fort du deuxième trimestre devrait vite se dissiper. Dans l’industrie, la production devrait croître de 0,5 % puis de 0,7 % sur les deux derniers trimestres. L’industrie profite d’une demande intérieure française qui ne faiblit pas.

Deux raisons à cela : La première bonne nouvelle vient de l’investissement des entreprises très dynamique. Les dépenses des entreprises en produits manufacturés (environ la moitié des investissements) devraient progresser de 2,5 % au deuxième trimestre puis 1,8 % les deux trimestres suivant. De quoi alimenter les carnets de commande des fabricants de biens d’équipement. Le rattrapage était de toute manière nécessaire.
L’autre bonne nouvelle vient des ménages. La consommation, en chute libre au deuxième trimestre à cause du repli des achats automobiles (effet prime à la casse), pourrait se redresser beaucoup plus vite que prévu (0.3% puis 0.4 % aux deux derniers trimestres). Au second semestre, selon l’Insee, même la consommation d’automobiles devrait cesser de baisser.
Les banques veulent redorer leur image auprès des entreprises
Le financement de l’économie réelle, tel est désormais le crédo des banquiers. Pour faire oublier le rôle de leurs activités d’investissement dans la crise, les établissements de crédit doivent renouer avec leur clientèle. Notamment avec les petites entreprises, qui ont particulièrement souffert du coup de frein mis sur leurs financements en 2009.
Les banques ont ainsi rouvert le robinet du crédit aux entreprises en 2010. Les encours de prêts aux PME ont augmenté de 4,6 % l’année dernière, à 227,1 milliards d’euros.

Elles commencent aussi à répondre aux désidératas des petites entreprises en termes de services. La Banque Populaire a ainsi signé un accord avec le Conseil supérieur de l’ordre des experts comptables (CSOEC) visant à faciliter le financement des TPE. Au programme, la réduction des délais de réponses pour un crédit à 15 jours, la motivation des refus de crédit et la mise en œuvre d’un outil de financement en ligne entre les experts comptables et les banques. Le CSOEC doit désormais faire signer les autres réseaux bancaires.

Mais l’opération séduction ne s’arrête pas là. La plupart des banques ont décidé de lancer de nouvelles campagnes de communication post-crise. Chacune mettant à l’honneur les PME-PMI. A commencer par BNP Paribas et sa campagne « Parlons vrai », dans laquelle elle met en scène un client et un conseiller. Depuis février 2011, les publicités ont pour thème l’entrepreneuriat, avec à l’honneur un créateur et un repreneur d’entreprise. La Société Générale en fait autant, avec son slogan « développons l’esprit d’équipe » et des spots publicitaires qui se déroulent au cœur d’un chantier ou dans une entreprise. La Banque Populaire, de son côté, va diffuser à la télévision, à partir du 24 juin, un film publicitaire dédié aux entreprises. « C’est la première fois que nous faisons un film « entreprise » pour installer un nouveau territoire de marque, explique Michel Roux, le directeur du développement de la Banque Populaire. Nous voulons donner envie d’entreprendre. » Un moyen pour la banque mutualiste de rappeler qu’une grande partie de sa clientèle est constituée de TPE. « Nous avons environ un million d’entreprises parmi nos clients, dont près de 900 000 de moins de dix salariés, rappelle Michel Roux. Et à fin avril, notre taux de croissance sur les entreprises de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires atteignait 4,1 %. »
La Banque de France blanchit les banques
« Les obligations légales sont très largement remplies par les établissements de crédit », a annoncé Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, lors de la remise du rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Depuis l’ouverture de la distribution du Livret A, les banques sont en effet tenues de rediriger les trois quarts de l’augmentation des sommes perçues au titre du Livret A, hors celles centralisées par la Caisse des dépôts et consignations, vers les PME. En 2009, tel n’avait pas été le cas, puisque l’encours de crédit au PME n’avait augmenté que de 6,4 milliards d’euros, alors que l’augmentation des fonds conservés par les banques au titre du Livret A avait atteint 12,4 milliards d’euros. L’année 2010 semble avoir remis les banques dans les clous. Selon l’Observatoire de l’épargne réglementée, les banques ont conservé dans leurs caisses 92,4 milliards d’euros, soit 6,8 milliards d’euros de plus que l’année précédente. Les encours de crédit au PME ont pour leur part atteint 227,1 milliards d’euros en 2010, contre 217,1 milliards en 2009, soit 10 milliards d’euros de plus. « Le bilan est donc satisfaisant », conclut le gouverneur de la banque centrale.
Solène Davesne et Arnaud Dumas

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