La semaine de l'économie du 02 juillet au 08 juillet

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Le déficit commercial bat un nouveau record
Où la chute s’arrêtera-t-elle? En mai, le déficit commercial français a atteint un nouveau pic historique avec 7,4 milliards d’euros. Il dépasse ainsi son précédent record, datant du mois dernier seulement, avec 7,1 milliards d’euros, qui avait déjà battu celui de février. A ce rythme là, le déficit du commerce extérieur français devrait atteindre en 2011 un niveau jamais vu, bien supérieur aux 53,8 milliards atteints en 2008. « Il pourrait dépasser pour la première fois les 70 milliards d’euros », estime même Alberto Albani, économiste pour Xerfi. Comme les mois précédents, l’alourdissement de la facture énergétique a pesé sur la balance commerciale française. Mais elle n’explique pas tout. Le repli des exportations françaises en mai a fortement contribué à la dégradation du commerce extérieur. Les ventes aéronautiques, qui représentent plus de 10 % des exportations françaises, ont baissé de 6 % sur un mois, celles de la pharmacie stagnent. « La France est, parmi les grandes économies industrialisées (hormis le Japon), celle qui a affiché la plus faibles croissance de ses exports après le creux de la crise », souligne encore Alberto Albani, qui souligne que le niveau des exportations stagne depuis novembre 2010.

La Banque de France prudente
L’activité industrielle a reculé en juin, selon la Banque de France. A 99 points en juin (contre 103 en mai), l’indicateur du climat des affaires de l’industrie est repassé sous sa moyenne de longue période. Ce sont surtout les secteurs de l’automobile et de la fabrication d’équipements qui ont pesé négativement. Autre signal mal orienté : le taux d’utilisation des capacités de production est retombé à 80,2 % contre 81,1% lors du mois précédent. Repli passager lié à la fin de la prime à la casse ou coup d’arrêt ? La Banque de France, qui a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le deuxième trimestre (0.2% de hausse du PIB contre 0.4 % attendu auparavant), semble pencher pour la seconde solution. Selon son enquête trimestrielle auprès des chefs d’entreprises de l’industrie, les dépenses d’investissement, en hausse entre mars et juin, devraient poursuivre leur progression au troisième trimestre. Les résultats d’exploitation de l’industrie ont eux progressé légèrement au deuxième trimestre.

Les entreprises de croissance inquiètent
Après plusieurs mois d’optimisme, les dirigeants d’entreprises de croissance commencent à voir l’avenir s’assombrir. Selon le baromètre de Croissance Plus et du fonds d’investissement Astorg Partners, seuls 53 % des dirigeants s’attendent à une augmentation de leur activité dans les six prochains mois, alors qu’ils étaient 58 % lors du baromètre de mars 2011. Ils sont 43 % à prévoir une stabilisation de leur activité et 4 % à envisager une baisse, alors qu’ils étaient respectivement 41 % et 1 % lors de la précédente édition.
Même sentiment sur le front de l’investissement. Seules un tiers des entreprises de croissance prévoient d’augmenter leurs investissements dans les six prochains mois, alors qu’elles étaient 49 % en mars. Elles ne sont pourtant que 20 % à avoir rencontré un durcissement des conditions de financement de leurs projets.
Cette morosité des dirigeants d’entreprise fait échos aux prévisions de croissance économique de la Banque de France. Celle-ci a révisé le taux de croissance prévu pour le second semestre à seulement 0,2 %, contre les 0,4 % envisagés précédemment.

Solene Davesne et Arnaud Dumas

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