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La Seine a atteint son pic, la lente décrue commence

Sybille Aoudjhane , ,

Publié le , mis à jour le 29/01/2018 À 07H49

En France, les autorités se mobilisent pour réagir à une montée des eaux. En Ile-de-France, le pic de la Seine a atteint son plus haut niveau dans la nuit de dimanche à lundi. La décrue s'annonce lente, et les sept stations du RER C ne rouvriront pas avant le 5 février.

La Seine a atteint son pic, la lente décrue commence
Les voies sur berges des deux rives sont fermées au public.
© CC Twitter/Paris

Lundi 29 janvier, 7h40 : la décrue s'annonce lente

La Seine a atteint son pic de crue à Paris dans la nuit de dimanche à lundi. Atteignant 5,84 mètres au pont d'Austerlitz, ce pic reste très loin de son record historique (8,62 mètres en 1910) et du pic de juin 2016 lorsque la Seine était à 6,10 mètres. Mais la décrue s'annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore. 12 départements sont encore en vigilance orange selon Météo France. 

Sept gares parisiennes du RER C, en bordure de Seine resteront fermées au moins jusqu'au 5 février. Sont concernés les stations : Saint-Michel Notre-Dame, Musée d'Orsay, Invalides, Pont de l'Alma, Champ de Mars, Avenue du Président Kennedy, Boulainvilliers.

vendredi 26 janvier

Certaines images ressemblaient à la crue de 2016. Selon Météo France, 14 départements étaient en vigilance orange crues-innondations vendredi 26 janvier au matin jusqu'au samedi matin, pendant que d'autres départements sont repassés en vigilance jaune. Se sont surtout les bassins de la Seine, de la Saône et leurs affluents qui étaient touchés. La Seine a atteint 5,59 m au niveau du Pont d'Austerlitz, vendredi matin. Son niveau a régulièrement augmenté : la mairie de Paris prévoyait un pic de six mètres d’ici samedi 27 janvier dans la capitale. Mais la Prefecture de police a précisé que la Seine ne dépassera pas cette hauteur. 

Beaucoup de neige est tombé sur le Massif Central et progressivement sur toute l'Auvergne avec des hauteurs attendues jusqu'à 40 cm. Météo France a placé sept départements en vigilance orange neige-verglas. La fin de l'épisode est prévue pour samedi aux alentours de 10h00.

La situation en Île de France 

Les pouvoirs publics se sont mobilisés : deux cellules de crise de la ville de Paris ont été rassemblées à 15 heures les 23 et 26 janvier  par Anne Hidalgo avec les différents opérateurs concernés : Enedis, GRDF, Eau de Paris, CPCU, Climespace, RATP, SNCF. Ils étaient ensuite présents le 23 janvier à la préfecture de police pour une réunion de coordination à 16 heures. Puis un autre point de la situation a été réalisé à 16h30 par Sébastien Lecornu et Brune Poirson, secrétaires d’Etat auprès du ministre  de la Transition écologique et solidaire. Ils ont ensemble décidé de toutes les mesures de prévention et de protection mises en place pour faire face aux crues. 

Une annonce de la ville de Paris a été faite : "les voies sur berges sont interdites à la circulation - y compris celle des piétons - le tunnel des Tuileries et la voie entre le Pont de Garigliano et le Pont de Bir-Hakeim sont fermés à la circulation, de même que le souterrain Henry IV et la voie Mazas. Pour faciliter la circulation, les rues du Ranelagh et Beethoven ont été ouvertes à la circulation en double sens", dit-elle dans un communiqué. Les jardins proches de berges ont aussi été fermés comme l’Ile aux Cygnes et Tino Rossi. Enfin les péniches ont été évacuées et leurs amarrages renforcés.

La SNCF a annoncé la fermeture de plusieurs stations de la ligne C du RER jusqu'à la fin de la crue. Le trafic est interompu entre Javel et Paris Austrelitz, et entre Avenue Henri Martin et Paris Austrlitz, publie le groupe sur Twitter. Ainsi, sept gares resteront fermées : Saint-Michel Notre-Dame, Musée d'Orsay, Invalides, Pont de l'Alma, Champ de Mars, Avenue du Président Kennedy, Boulainvilliers. Enfin, des perturbations ont lieu sur le RER D : l'accès à la gare Villeneuve Trage est condamné jusqu'à la fin des inondations. La SNCF conseille aux voyageurs de transiter par les gares de Créteil Pompadour ou Villeneuve Saint-Georges. 

La Prefecture de police ajoute que 1000 personnes ont été évacuées en Ile de France, principalement dans le Val-de-Marne. 

Enfin, plusieurs batiments ont été placés sous surveillance active par le réseau de chaleur urbain, CPCU. La liste des batiments est publiée sur leur site. Ils étaient situés dans le XIIIème arrondissement, sur l'Île Saint-Denis, à Asnière-sur-Seine, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Boulogne-Billancourt principalement. 

ENEDIS ANTICIPE DE POSSIBLES COUPURES

Les techniciens d'Enedis étaient sur le qui-vive pour protéger les installations électriques des villes en cas d'inondation. Il ont préparé le matériel nécessaire pour toute coupure d'électricité et ont envoyé des groupes électrogènes de grossse puissances en région parisienne. Ils étaient prémobilisés pour résorber rapidement des coupures de grande ampleur.

 

 

 

Enedis a aussi installé son tout premier capteur connecté pour détécter les inondations dans ses postes de distribution d'électricité à Nantes. Ces "capteurs intelligents et connectés" envoient un signal aux équipes quand ils entrent en contact avec de l'eau.

En Île de France, 1377 abonnés étaient concernés par des coupures d'électricité et 310 clients par des coupures de gaz, a précisé la Préfecture de police. Ce sont principalement les départements du 93, 78, 94, et du 77 qui sont touchés. 

Les inondations touchent une usine de PSA 

Le département du Doubs est maintenant passé en vigilence jaune. Les inondations ont fait plusieurs dégâts : l’usine de l’équipementier automobile Faurecia dans la commune de Mandeure était sous l’eau, selon un journaliste de France 3 sur place. Elle ne pouvait plus alimenter les usines de PSA à Sochaux où 2000 salariés étaitent au chômage technique. Selon France 3 Franche-Comté, l’arrêt représente une perte de production de 900 véhicules, principalement des 308 et 3008. Faurecia était en phase de redémarrage, hier, mercredi 24 janvier tandis que le travail dans l'usine PSA a pu reprendre grâce au rapatriement des stocks, indique le syndicat FO de l'usine. 

 
Glissement de terrain

En raison des fortes pluies, un important glissement de terrain a affecté la route D25A entre Bellegarde-sur-Valserine et Billiat, dans le département de l'Ain. L'éboulement s'est produit dans la nuit du 20 au 21 janvier et contraint la fermeture de la route et de la voie ferrée entre Bellegarde et Culoz. L'éboulement en surplomb des rails menace la sécurité des trains, selon La Tribune républicaine. Des travaux sont en cours pour sécuriser la zone jusqu'au 1er Fevrier, indique la SNCF.

Une Eau impropre à la consommation

L'Agence Régionale de Santé de Normandie communique que les syndicats d’eau potable de la vallée de la Saan, secteurs Beauval-en-Caux Belleville, d'Auffay-Tôtes, de Cailly Varenne, Bethune (secteur du Haut Cailly), et de Valmont s'avèrent distribuer une eau colorée ou trouble en raison des fortes précipitations. Au total, 16 communes de l'Eure et 62 communes de Seine-Maritime étaient touchées. L'eau pourrait contenir des particules d'argile ou de limon rapidement entrainées dans les nappes souterraines à cause des averses. Une population de 35 000 habitants était concernée et invitée à ne pas consommer de l'eau du robinet.

La FNSEA appelle à déclencher le régime de catastrophe naturelle 

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) indique dans un communiqué que "le secteur agricole est lui-même très touché et les cultures et pâtures sont particulièrement en souffrance". 

Pour soutenir les agriculteurs, la Fédération appelle à déclencher les régimes de catastrophe naturelle et calamités agricoles afin de les indemniser. Les syndicats pointent aussi du doigt le "rôle essentiel que jouent les terres [des agriculteurs] dans la politique de gestion du risque d’inondation" car "certaines terres agricoles, réceptacles à l’excédent d’eau des rivières, servent également à réduire l’impact des inondations sur les villes." Ils demandent alors que les "agriculteurs soient indemnisés à la hauteur du service qu’ils rendent à la société."

La crue pourrait être au même niveau que celle de 2016

La crue de cette année va atteindre les mêmes seuils que celle qui a eu lieu du 30 mai au 6 juin 2016. Les inondations à Paris ont dépassé le seuil critique des 6 mètres de hauteur le 3 juin. Elles avaient touché une quinzaine de départements pour des montants de dégâts dépassant 1 milliard d’euros, et 15 000 personnes avaient dû quitter leur domicile, selon le rapport du ministère de l’environnement publié en février 2017.

Elle avait provoqué l’arrêt de la principale usine du groupe Hutchinson, filiale industrielle de Total. L’usine dans le Loiret était inondée d’une cinquantaine de centimètres d’eau, plaçant hors d’activité près de 1000 salariés. Plusieurs autres entreprises tournaient au ralenti comme celle de Sanofi d’Amilly qui emploie 350 salariés.

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