La sécurité, un marché à 100 milliards d'euros

Plus de 900 entreprises seront présentes à Milipol, salon dédié à la sécurité intérieure des Etats. La France, qui totalisera près de 36% des exposants, affirme désormais ses ambitions sur ce marché en mettant en pied une véritable filière.

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La sécurité, un marché à 100 milliards d'euros

Le salon Milipol qui ouvre ses portes du 19 au 22 novembre au Parc des expositions Paris Nord Villepinte, va encore faire le plein. Les organisateurs de la manifestation attendent pour cette 18eme édition plus de 900 exposants et 27 000 visiteurs. Si personne ne s'accorde sur la valeur du marché de la sécurité du fait d'une définition à géométrie très variable, tous s'accordent sur un point : c'est un marché d'avenir, avec une belle croissance !

"Dans un contexte de stagnation de l’économie française, la sécurité privée tire plutôt bien son épingle du jeu : elle affiche en effet une croissance de 2,8% en 2012 pour atteindre un chiffre d'affaires de près de 22 milliards d’euros", estime Patrick Haas, directeur des publications En Toute Sécurité, éditeur chaque année de l'Atlas économique du marché de la sécurité. Ce chiffre englobe toute les formes de la sécurité: la cybersécurité, la vidéosurveillance, le contrôle d'accès, la sécurité aéroportuaire, les équipements blindés mais aussi le gardiennage, la lutte contre la démarque inconnue, la serrurerie... Soit au total plus d'une vingtaine de créneaux de marchés différents.

Menace diffuse

Certains acteurs ont une vision plus restrictive et plus high tech de cette activité. Ainsi, le groupe d'électronique Thales qui présentera ses dernières technologies à travers un stand de 225 mètres carrés, chiffre le marché mondial accessible de la sécurité à 100 milliards d'euros, avec une croissance annuelle de 5%.

Thales présentera aussi bien les nouveaux terminaux 4G sécurisés pour les forces de polices, que ses technologies de tracking vidéo pour doper l’efficacité des systèmes de vidéosurveillance, ou encore sa plateforme Big Data capable de scanner et d’analyser des milliers de tweets en vue d’en tirer des renseignements utiles aux forces de l’ordre…

"Après le 11 septembre 2001, le focus en matière de sécurité s’est concentré sur l’antiterrorisme. Après la vague des récentes cyberattaques et les grandes catastrophe naturelles de type Katrina aux Etats-Unis ou Fukushima au Japon, la menace est plus diffuse", explique Marc Darmon, directeur général adjoint de Thales, systèmes d'information et de communication sécurisés.

Structurer la filière

Pour profiter de cette croissance, la France a ainsi décidé de structurer une filière industrielle de la sécurité. Chargé d'inaugurer le salon ce mardi 19 novembre, le ministre de l'intérieur Manuel Valls devrait largement revenir sur les ambitions françaises dans ce domaine et les moyens pour y parvenir. Lors de sa visite, il aura l'occasion de se féliciter du fort contingent d'entreprises françaises présentes : elles représentent 36% de l'ensemble des exposants. Et les performances économiques sont au rendez-vous.

Sur le périmètre retenu par le nouveau CICS (le Conseil des industries de confiance et de sécurité), les industriels de l'Hexagone réalisent 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires dont 60% à l'export. Toutefois, l'effort industriel perd en efficacité de fait de son émiettement. Sur le nouveau segment porteur de la cybersécurité, c'est flagrant. "Sur les 800 entreprises recensées dans le domaine de la sécurité électronique, plus de la moitié ont moins de 50 salariés. Il y a forcément des duplications de l'effort de R&D que l'on pourrait éviter en favorisant les regroupements", explique Jean-Pierre Quémard, président de l'alliance pour la confiance numérique (ACN).

Dans ce contexte, les premières décisions du Cofis, le Comité de la filière des industries de sécurité installé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault le mois dernier, sont très attendues. Ses représentants vont profiter du salon pour leur première intervention publique. Il devrait peut être dévoiler les premiers démonstrateurs technologiques, ces grands programmes structurants qui permettront d'unifier et de synchroniser l'effort de R&D de la profession,et peut-être également des nouveaux moyens financiers pour favoriser l'innovation. La filière sécurité ne cache pas qu'elle veut s'inspirer du modèle aéronautique qui a si bien réussi à la France et l'Europe.

Hassan MEDDAH

Hassan Meddah Journaliste aéronautique, défense et espace

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