La Savonnerie de l'Atlantique investit et défend son savon de Marseille "nantais"

La Savonnerie de l'Atlantique (SDA), industriel nantais, ouvre un second site en Loire-Atlantique à Pont-Saint-Martin et promet de s'opposer bec et ongles à la création d'une IGPIA qui l'empêcherait de graver "savon de Marseille" sur ses produits.

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Crédit Emmanuel Guimard - La Savonnerie de l'Atlantique

La Savonnerie de l'Atlantique (SDA), basée à Rezé, près de Nantes, vient d'ouvrir un second site à Pont-Saint-Martin, également en Loire-Atlantique. A l’étroit sur son site de Rezé, la PME de 50 salariés y a acquis les anciens locaux de la société RFIH, soit 3 000 mètres carrés de bâti récent.

Avec les aménagements intérieurs et extérieurs (voiries, quais de chargement pour les poids-lourds) et les machines, l’investissement se monte à 2 millions d'euros. "Nous allons y installer les produits finis et le conditionnement de produits de parfumerie. La transformation des huiles en savon reste sur Rezé", précise Yvan Cavelier, le directeur de SDA.

Premier producteur français de savon de Marseille, sous marque distributeur et ses marques propres (La Cigale et Superclair), l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 11,3 millions d'euros sur le dernier exercice, en croissance. Elle fournit toute les enseignes de la grande distribution, à part Intermarché, mais aussi des marques de luxe comme L'Oréal.

Garder l'appellation "savon de Marseille"

Au-delà de cet investissement, SDA se mobilise actuellement contre les dossiers de demande d'IGPIA (indications géographiques protégeant les produits industriels et artisanaux) déposée par deux associations de savonniers marseillais, l'UPSM et l'AFSM, en vertu d'un article de loi du 17 mars 2014 sur la protection des produits industriels et artisanaux.

SDA redoute de ne plus pouvoir imprimer "savon de Marseille" sur ses produits ce qui est perçu comme un obstacle, notamment à l'export où l'entreprise réalise 32% de ses ventes.

Dans un courrier récent adressé au maire de Nantes, qui s’est saisie du dossier, Martine Pinville, secrétaire d'état chargée du commerce et de l'artisanat, apporte une explication en demi-teinte soulignant que le savon de Marseille est une appellation "considérée comme générique au regard de la jurisprudence" mais que "seuls les titulaires d'une IG seront autorisés à afficher le logo "indication géographique". Un tel courrier est loin de rassurer l'industriel nantais.

"Nous mettrons en œuvre tous les moyens légaux à notre disposition pour nous y opposer", martèle Yvan Cavelier estimant que "la méthode marseillaise est utilisée à Nantes depuis 1830".

Une production de A à Z

Le débat s'annonce technique. Les chimistes de SDA ont nourri un dossier de 70 pages "pointant les non-sens techniques des dossiers déposés". SDA fait aussi valoir une production "de A à Z" sur des volumes industriels : 6 500 tonnes par an. "Notre métier c'est la transformation d'huile en savon", résume Yvan Cavelier estimant que bon nombre d'acteurs marseillais se limitent à importer des bondillons, sorte de granulés de savon ("soap noddle" en anglais), principalement de Malaisie. SDA fournit elle-même 750 tonnes de bondillons à l'un des principaux savonniers marseillais.

Et Yvan Cavelier de décrire le long procédé de la méthode marseillaise partant de l'huile brute, soumise à une réaction chimique en autoclave par la soude et la pression. On sépare ensuite le savon de la glycérine, avant de le laver à l'eau salée dans une colonne de 14 mètres. Le tout permet de produire cinq tonnes de savon à heure, "rien à voir avec ce que font les artisans au chaudron".

Emmanuel Guimard

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