Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

La santé numérique, une chance pour l'Afrique

Coralie Lemke , ,

Publié le

Face à la pénurie de médecins et de matériel médical dans les pays africains, le numérique apporte des solutions dans le domaine de la santé, même s’il ne règle pas tous les problèmes auxquels est confrontée la population.

La santé numérique, une chance pour l'Afrique
Une mère et son enfant.
© PIXABAY

Manque de médecins, de structures de santé, de matériel et de coordination. La santé en Afrique connaît de nombreux problèmes avec de lourdes conséquences sur la mortalité des habitants. Pour contourner ces problématiques, la santé numérique représente un atout non négligeable. L’e-santé permet de rapprocher le personnel de santé des patients des régions éloignées mais également de mettre en relation les spécialistes entre eux.

Bonne nouvelle toutefois, sur le continent africain, les initiatives fleurissent. La santé numérique va croître d’un tiers en Afrique d’ici 2020 - de 350 millions de dollars en 2018 à 450 en 2020 -, tandis qu’en Inde elle devrait être multipliée par  1,6  - de 440 millions de dollars en 2018 à 730 en 2020 - selon les chiffres du Club santé Afrique. "La coopération entre le technique et le médical est indispensable. Le problème, c’est que tous les projets ne s’interconnectent pas entre eux. Sans norme, c’est le chaos", explique Florence Gaudry Perkins, membre d’un groupe de travail sur la santé digitale coprésidé par Nokia et Novartis. "Fin 2017, 23 pays avaient finalisé une stratégie pour développer le numérique mais la plupart n’ont même pas établi un plan d’action chiffré."

Des projets de Californie... ou du Kenya

Un constat que partage Emmanuel Blin, le fondateur de Tech Care 4 all, un accélérateur de technologie en santé digitale pour les pays du Sud. "Le problème, ce n’est pas le manque de technologie mais la façon dont la médecine est délivrée dans les dispensaires ou les hôpitaux. La plupart des projets pilotes sont morts. Nous, nous ne développons pas de nouveaux outils informatiques. Inutile d’investir de l’argent pour réinventer la roue. Nous sommes là pour investir dans ces projets, peu importe qu’ils viennent de Californie ou du Kenya."

Après avoir identifié une technologie dont les pays du Sud ont besoin, Tech care 4 all en acquiert les droits, le déploie et le commercialise, à l’instar d’Invivox, une plateforme qui met en relation des médecins qui veulent être formés dans certaines domaines avec des spécialistes capables de dispenser ces cours. D’autres projets ont récemment été développés, comme un carnet de santé dématérialisé ou une valise de télémédecine adaptée aux zones rurales. "L’essentiel reste de lever les obstacles géographiques. Pour cela, autant s’appuyer sur le taux de pénétration du smartphone qui est très élevé dans nos pays", souligne le docteur Franck Monsour Adeoti, enseignant-chercheur à l’université de Cocody en Côte d’Ivoire.

Une formation spécialement créée

Toutefois, le numérique n’a pas réponse à tout, notamment la pénurie de personnel soignant. Il manquerait environ 1 million de travailleurs dans le secteur de la santé en Afrique, selon les chiffres annuels du Club santé Afrique. Alors que l’Europe compte 32 médecins pour 10 000 habitants, ils ne sont que deux sur le continent africain. Idem pour les infirmiers, qui sont, pour 10 000 habitants, 79 en Europe contre 11 en Afrique.

Pour intégrer ces nouvelles pratiques au quotidien des docteurs, un diplôme inter-universitaire vient d’être créé. "Cette formation sur la e-santé est destinée à tous les professionnels dans les pays du Sud. Trois universités, celles de Bamako, de Dakar et d’Abidjan, se sont associées pour cela, explique Sarah Garett, directeur général de la fondation Pierre Fabre. C’est très important que cette formation soit dispensée dans le Sud et non dans les pays du Nord, car ils ne font pas du tout face aux mêmes problématiques." La première promotion sera formée l’année prochaine. D’ici là, de nouvelles applications numériques auront vu le jour. Reste à organiser les circuits de prise en charge de façon globale.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle