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L'Usine Agro

La "Saint-Wandrille", la bière d’abbaye made in France

Publié le

Devenus brasseurs, les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Wandrille dans la vallée de la Seine (Seine-Maritime) lancent ce 1er novembre la commercialisation de leur bière. Ils revendiquent d’être les seuls moines en France à fabriquer de la bière. 

La Saint-Wandrille, la bière d’abbaye made in France © DR

C’est une bière ambrée un peu typée, à 6,5 % d’alcool, aux légères notes de caramel ; la « bière d’abbaye Saint-Wandrille » est brassée par les moines de cette abbaye de la vallée de Seine, située entre Rouen et Le Havre au pied du Pont de Brotonne.

"C’est la seule à ce jour produite en France, par des moines, au sein de leur monastère". A l’image du père Philippe Chopin, les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Wandrille sont très fiers de leur première bière d’abbaye made in France et composée d’orge et de houblon cultivés en France.

Les amateurs de bière rétorqueront qu’il doit bien exister des bières trappistes brassées en France. Ce n’est pas le cas, assure Philippe Chopin. Ainsi, la bière trappiste française Mont des Cats est brassée en Belgique à l’abbaye cistercienne de Scourmont en Belgique.
"Nous avons mis dix-huit mois à travailler sur une recette originale ; nous voulions faire une blonde typée qui tire sur l’ambrée avec une vraie fraîcheur et rondeur de blonde en bouche et aussi des arômes très épicés qui font penser aux jardins médicinaux des abbayes médiévales", explique le frère Matthieu dans une vidéo postée sur le site Internet de l’abbaye.

Le processus de fermentation est favorisé par la levure introduite dans le moût, explique le moine : "la levure va transformer le sucre en alcool et en gaz carbonique et donner une pétillance, une belle mousse et une belle couleur" ainsi qu’un "arôme particulier qui va un peu faire penser au pain". Après une première fermentation, la bière est gardée en cuve, à froid, pendant trois semaines pour "clarification" et pour stabiliser les arômes ; elle est ensuite refermentée en bouteille, d’où un léger dépôt naturel. 

Equilibrer les comptes

Cette bière qui jusqu’à présent n’était vendue que dans la boutique de l’abbaye et sur Internet, sera commercialisée dans l’ensemble du réseau monastique à partir du 1er novembre et plus largement à  partir du 1er décembre. "Nous sommes très sollicités" soulignent les moines de Saint-Wandrille. Les paquets de six bouteilles prêts pour l’expédition s’accumulent d’ailleurs dans la boutique en proie à une certaine effervescence. L’objectif est de produire 144 000 bouteilles de 50 cl par an, au prix de 4,50 euros la bouteille.  Avec les contraintes d’une vie monastique rythmée par six offices diurnes.

Tout en renouant avec le passé puisque l’Abbaye fabriquait de la bière au Moyen-Age, les moines de Saint-Wandrille espèrent se faire une place sur le marché très encombré des micro-brasseries artisanales qui ont poussé ces dernières années comme des champignons.
L’objectif est d’équilibrer les comptes après l'arrêt de l'activité de microcopie il y a deux ans ; cette communauté de 30 moines vit aujourd'hui d'activités d'archivage pour des clients industriels, de la restauration de tableaux et des ventes de la boutique ; cette dernière vend des livres et objets religieux, des CD de chants grégoriens, des biscuits, du miel, du cidre et … de la bière. "La bière est maintenant le produit emblématique de la boutique ! " précise le frère Benoît, responsable de la boutique dans la vidéo du site internet.

Recette « en cours d’ajustement »

Ces activités dites "lucratives" sont portées par la holding Ascendi SAS dont le chiffre d’affaires annuel est de l’ordre d’un million d’euros. "La communauté touche une « valeur d’entretien » pour le travail des moines calculée sur le SMIC ; cela permet de participer à la vie courante de la communauté, à l’entretien des bâtiments et aussi de payer les 5 salariés de la holding et de la boutique", explique Philippe Chopin.

Ascendi a investi 400 000 euros dans l’aménagement des locaux et 400 000 euros dans l’outil de production - cuves de brassage, fermenteurs …- que l’on peut apercevoir à travers la porte vitrée à l’arrière de la boutique. Une bonne dizaine de moines est impliquée par l’activité "bière" entre la mise au point de la recette, l’embouteillage, l’étiquetage, le marketing, le  conditionnement et la vente. Parce que l’on ne s’improvise pas brasseur, deux moines ont suivi une formation de brasseur à Douai.

La recette de la "Saint-Wandrille" est encore "en cours d’ajustement" précise la petite notice de présentation qui se trouve sur le comptoir de la boutique de l’abbaye.  Les bouteilles vendues ces jours-ci portent le sceau du "premier brassin". Des bouteilles Collector ! 

 

 

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