« La Roumanie atteindra le standard de vie moyen de pays de l'UE d'ici trois à cinq ans. »

Venu à Paris pour accompagner le Président roumain Traian Basescu dans une visite officielle de deux jours qui semble donner les signes d'une réorientation de la politique d'investissement roumaine vers la France, le Ministre de l'Economie, ancien maire d

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« La Roumanie atteindra le standard de vie moyen de pays de l'UE d'ici trois à cinq ans. »
L'Usine Nouvelle : Quels sont les objectifs de votre visite à Paris ?

Adrien Videanu : Il s'agit pour notre délégation d'une visite de travail destiné à impulser quelques projets d'investissement importants. Et consolider le Partenariat stratégique signé avec la France l'année dernière. Je peux citer dans mon domaine, l'accord avec le groupe Eads pour la réalisation d'un Parc technologique aérospatial autour du constructeur d'hélicoptères roumain IAR qui se trouve à Ghimbav, près de Brasov. Un projet qui sera matérialisé en 2009 et qui confirme le savoir-faire dans ce domaine de la Roumanie. Autre projet d'envergure : la construction d'une seconde centrale nucléaire qui sera située au centre du pays. Nous sommes intéressés par la technologie de troisième génération EPR que propose Areva. La centrale serait en fonctionnement avant 2020 et aura deux ou trois réacteurs d'une puissance totale d'environ 3000 MW. Nous discutons aussi avec Gaz de France et E.On le projet d'emmagasinage du gaz dans les cavités salines et la construction d'un terminal pour le gaz liquéfié à Constanta. Gaz de France participe en outre, à la construction d'une centrale thermique à Borzesti et au projet de construction des réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Cernavoda. Mon collègue Radu Bercanu, ministre de Transports, a finalisé l'accord concernant la construction du tronçon de 58 km de l'autoroute Comarnic-Brasov par le consortium franco-grecque Vinci-Aktor. Les travaux, réalisés en concession, vont coûter environ 1,5 milliards d'euros et seront terminés en quatre ans. Ma collègue Elena Udrea, ministre du Tourisme, a discuté la construction par une société française d'une descente de ski à Brasov.

« Nous constatons certains signes, timides certes, de reprise de l'activité. »



UN :Comment est vécue la crise en Roumanie et quelles sont les capacités du pays à l'endiguer ?

AV : Je considère que l'aspect psychologique joue un rôle crucial dans cette crise. Tout s'est arrêté brusquement ce qui provoque des effets en cascade. Les économies de pays de l'Union Européenne sont de plus en plus interdépendantes et tout événement négatif dans l'un ou l'autre provoque un effet boule de neige. Pour la Roumanie, dont 78% des exportations sont adressées à des pays de l'Union, le ralentissement de ces économies, comme celles allemande ou française, a un effet immédiat. Le gouvernement a pris bien sûr, des mesures d'austérité en gelant les salaires et les retraites. Aucune banque du pays n'est en situation critique. Nous avons aussi fait appel au Fond monétaire international qui nous a accordé un prêt de vingt milliards d'euros. Ainsi qu'à la Commission Européenne et à la Banque européenne de développement.

Cela dit nous constatons certains signes, timides certes, de reprise de l'activité. Comme l'augmentation de la consommation d'énergie dans l'industrie et celle des investissements étrangers directs. Ces derniers étaient chiffrés à la fin février 2009 à 1,37 milliards d'euros, soit 38% de plus qu'à la période correspondante de 2008. Nous sommes cependant extrêmement prudents et attendons les statistiques de juin qui confirmeront ou non cette reprise. Enfin, nous considérons que l'Union Européenne a évité tout protectionnisme malgré la dureté de la crise. Une preuve de maturité qui confirme encore une fois ses capacités à atteindre l'objectif d'un marché unique.

UN : Quel sera selon vous la situation du pays à moyen terme ?

AV : Nous pensons que d'ici trois à cinq ans la Roumanie intégrera pleinement l'Union Européenne, avec une adoption de l'euro vers 2015. Les standards moyens de vie de Roumains seront alors les mêmes que ceux constatés dans la galaxie de l'UE.

Propos recueillis par Mirel Scherer

« Un arrêt brutal de l'économie roumaine »

Après huit années de croissance ininterrompue de plus de 6%, la Roumanie connaît en ce début d'année ses premiers signes de récession. Au premier trimestre 2009, le PIB (produit interne brut) a baissé de 2,4% par rapport au dernier trimestre 2008 et de plus de 6% par rapport au premier trimestre 2008. Selon la Banque Nationale Roumaine, la balance de paiement du pays a enregistré au premier trimestre de cette année un déficit de compte courant de 0,7 milliards d'euros, en baisse de 82% par rapport à la même période de 2008. Ce qui démontre le ralentissement brusque de l'économie. La production industrielle a chuté également de 13 % pendant cette période par rapport à celle de 2008. Selon certains analystes roumains, « il s'agit d'un arrêt brutal de l'économie. »

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