La robotisation des élevages laitiers en plein essor en France

En marge de la polémique sur les fermes usines en France, les élevages français se modernisent. La robotisation des exploitations laitières devient un phénomène de masse. Un des principaux équipementiers mondiaux, Delaval, vend un robot de traite par jour dans l’Hexagone...  

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La robotisation des élevages laitiers en plein essor en France

La musique adoucit les mœurs, comme dit le vieil adage, y compris dans les élevages. Sur un fond radiophonique de chansons françaises des années 1970, de Michel Sardou à Dalida, les vaches se dirigent tranquillement, vers un des trois robots de traite de l’étable. En file indienne et en remuant la queue, elles patientent dans une apparente quiétude, sans être guidée par une quelconque main humaine.

Depuis décembre 2014, le Gaec Coet Galann, basé à Pleugueneuc (Ille-et-Vilaine), a entièrement automatisé sa salle de traite. Les 170 vaches laitières de l’exploitation (la moyenne des troupeaux laitiers en France est de 53 vaches), se rendent ainsi deux à trois fois par jour, selon leur besoin, à la machine de traite automatisée.

Un taux d’équipement de 8 %

"Les premiers robots de traite sont apparus en France à la fin des années 1990, mais cela restait anecdotique. Depuis la fin des années 2000, on assiste progressivement à leur démocratisation", affirme Edouard Alix, responsable des ventes pour l’Europe du sud du groupe Delaval, leader mondial des robots de traite.

Le fabricant suédois, qui a équipé l’exploitation, fait partie, avec le néerlandais Lely et l’allemand GEA des trois grands fournisseurs mondiaux de matériels de traite. Selon Edouard Alix, environ 7 à 8 % des 70 000 élevages laitiers français sont aujourd’hui robotisés. "Nous pourrions arriver à un taux d’équipement de 40 % d’ici à dix ans, si l’on continue sur le rythme actuel. Nous vendons un robot de traite par jour", résume-t-il.

Un véritable laboratoire d’analyses à la ferme

A l’en croire, les bénéfices de la traite robotisée sont immenses. A la fois pour l’exploitation et pour les animaux eux-mêmes. "La première motivation des éleveurs est l’amélioration du confort de vie. La traite classique représente 40 % du temps d’astreinte sur l’exploitation. La robotisation amène une plus grande flexibilité", souligne Edouard Alix. Mais pas seulement. Ces fameux robots permettent aussi d’améliorer les performances économiques de l’exploitation. Du moins sur le papier. "La traite classique bride les vaches. C’est une hérésie physiologique, assure Edouard Alix. En moyenne, une traite robotisée permet d’obtenir 7 à 10 % de lait en plus par an, grâce à une traite quartier par quartier".

Autre avantage des robots, le calcul de nombreuses données sur la composition du lait de la vache, qui renseignent sur la santé des animaux. Pour chaque vache sont notamment mesurés la conductivité du lait, sa colorimétrie, le débit ou la quantité de lait par quartier. A cela s’ajoutent différents modules supplémentaires permettant de calculer le taux de progestérone, le taux d’urée, les corps cétoniques ou le taux de l’enzyme LDH. Un véritable laboratoire d’analyses à la ferme, pour prévenir les maladies et prolonger la durée de vie de l’animal, estime-t-on chez Delaval.

Le ticket d’accès reste cher

Reste qu’à raison de 150 000 euros le robot, ces équipements ne sont pas à la portée de n’importe quelle bourse agricole. "Nous avons dépensé près de 500 000 euros, avec un remboursement du prêt échelonné sur dix ans", explique Fabrice Lemarié, associé du Gaec Coet Galann. Les échéances ne tiennent pas compte de la fluctuation future des cours du lait, même si l’exploitant assure avoir pris une marge.

Avec la robotisation de la traite, les éleveurs du Gaec ont bien vu leur quotidien et leur vie de famille s’améliorer. Les gains de production laitière tardent encore à se concrétiser franchement. "C’est normal durant les premières semaines, le temps que les vaches s’habituent vraiment au nouveau système", explique Edouard Alix. Et indépendamment de la robotisation, le Gaec a changé le type de maïs donné aux animaux. De quoi prolonger un peu ce temps d’adaptation….

Adrien Cahuzac

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