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La révolution des foils dans le Vendée Globe

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Les foils, ces ailettes placées sous la coque, ne sont plus réservés aux multicoques. Sept voiliers partent dans le Vendée Globe avec ces nouveaux appendices. Ils apportent un gain de vitesse dans certaines conditions. Mais seront-ils suffisamment fiables sur un tour du Monde ?

La révolution des foils dans le Vendée Globe © Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe

C’est la principale attraction pour les férus de technologie et d’architecture navale. La présence de foils sur sept bateaux au départ du Vendée Globe fait sensation. Ces petites ailes courbes dépassent du haut de la coque quand elles sont relevées. Elles ne sont apparues sur des monocoques qu’en 2015 et se font pour la première fois une place sur un tour du monde. À la différence de l’Hydroptère, premier bateau volant capable d’affronter le large, des catamarans de la coupe de l’America ou de certains catamarans de plage, tel le Flying Phantom, les monocoques ne volent pas. Ou pas encore… Le rôle du foil est de soulager la coque, la faire déjauger (se lever légèrement) pour réduire la traînée, mais surtout de diminuer la gîte. Le bateau pourra alors porter plus de voiles et gagner en vitesse.

 

 

Les simulations ont montré l’intérêt des foils et la théorie a été vérifiée lors de premières courses auxquelles ont participé ces nouveaux "foilers". Les foils apportent un gain de vitesse. Mais pas dans toutes les conditions. Un foiler sera plus rapide sous certaines allures. Et il y a un prix à payer. Les foils remplacent les dérives, en raison d’une règle de jauge qui limite à cinq le nombre d’appendices (les deux safrans - partie immergée du gouvernail -, la quille et deux dérives ou deux foils). Du fait de leur forme, ils sont moins efficaces aux allures de près. Le skipper doit moins serrer le vent et chercher à gagner en vitesse ce qu’il perd en cap.

Safran et Guillaume Verdier en pionniers

Reste la grande inconnue, leur fiabilité. Une casse ne provoquerait pas l’abandon du bateau, mais lui ôterait tout espoir de victoire, une partie de la remontée de l’Atlantique avant l’arrivée s’effectuant souvent contre le vent. Lors des essais ou de courses, certains bateaux ont subi de la casse. Les équipes espèrent avoir fiabilisé les foils, mais dans les conditions très difficiles que ne manqueront pas de rencontrer les voiliers, les contraintes subies seront énormes.

"Nous sommes à l’initiative des foils sur les 60 pieds Imoca - une classe de monocoques -, explique Gérard Le Page, président du Safran Sailing Team. Nous avions commencé à y réfléchir avec l’architecte naval Guillaume Verdier. Le concept était apparu prometteur." La standardisation des mâts et des quilles décidée par les responsables de la jauge a poussé à trouver de nouvelles innovations. Devant la difficulté de modéliser les foils et le coût financier des développements, Safran s’est tourné vers d’autres équipes pour travailler ensemble. Banque Populaire et Hugo Boss ont partagé les financements. La première génération a accouché de foils tous identiques, qui auront servi de base aux différentes équipes pour mettre au point chacune leur propre évolution.

Les foils fabriqués dans le Morbihan

"Un foil, c’est environ 40 % de plan anti-dérive et 60 % de portance, résume Gérard Le Page. Nous n’avions pas pour mission de faire déjauger le bateau, mais de lui procurer un appui. Quand le foil accroche, entre 13 et 17 nœuds [24 à 31,5 km/h, NDLR], toute augmentation de la force du vent se transforme en vitesse." La première génération était très performante en portance mais manquait de stabilité et faisait perdre du cap. La deuxième génération a permis de réduire le cabrage du bateau et de gagner en cap, au prix d’une légère perte de performance. Comme très souvent dans le domaine de la voile, la difficulté réside dans le meilleur compromis à trouver.

La majorité des foils a été fabriquée par Heol Composites à Trefflan (Morbihan), en carbone avec des fibres entremêlées en 3D selon des techniques issues de l’aéronautique. Ce type de composite est utilisé pour fabriquer les aubes de réacteurs, afin d’éviter un délaminage en cas de collision avec un oiseau. Mais cela n’empêche pas la casse en cas de collision à haute vitesse avec cétacé ou un ofni (objet flottant non identifié) à la dérive. Certains coureurs, comme le "Professeur" Michel Desjoyaux, double vainqueur du Vendée Globe, sont sceptiques quant à l’intérêt des foils. Réponse dans 80 jours ou un peu moins.

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