La revanche des anciens salariés de Pilpa dans les crèmes glacées

Après avoir racheté leur usine de glaces en société coopérative, les anciens salariés de Pilpa voient aujourd’hui leurs efforts couronnés. Leur glace artisanale "La Belle Aude" remporte un franc succès en grandes surfaces.

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Maxime Jarne, directeur général de la Scop. D-R.

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C’est l’histoire d’une belle revanche. Deux ans après la fermeture de leur usine de crèmes glacées à Carcassonne (Aude), en octobre 2013, les ex-salariés de Pilpa retrouvent le sourire. La relance de la fabrication de crèmes glacées commence à connaître le succès.

Le 15 septembre, ils recevaient le prix Espoir lors de la cérémonie des Grés d’Or de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (Feef), pour le référencement de leur glace artisanale "La belle Aude" chez Carrefour. "C’est une jolie récompense après tant d’efforts pour relancer notre production", se félicite, visiblement heureux, Bernard Fabre, le responsable produit.

Deux ans d’une lutte acharnée contre leur actionnaire anglais R&R Ice Cream, pour empêcher la fermeture de leur usine. Sur les 124 salariés que comptait l’usine en 2013, une vingtaine seulement a finalement repris l’usine en Société coopérative et participative (Scop) début 2014. "Nous avions le projet de commercialiser une glace artisanale, sans colorant, avec des ingrédients 100 % régionaux", détaille Maxime Jarne, aujourd’hui le directeur général de la Scop baptisée "La Fabrique du Sud".

Des aides de l’agglomération et de leur ancien propriétaire

Pour lancer leur projet, les salariés ont réussi après un bras de fer à convaincre l’ancien propriétaire de l’usine de les aider. PAI, l’actionnaire de R&R Ice Cream, leur a versé l’équivalent de 1,2 million d’euros pour acheter de nouvelles machines notamment. Entre temps, la communauté d’agglomération a accepté de racheter les murs de l’usine à hauteur de 1,7 million d’euros. "Nous avons versé nos indemnités de licenciement entre 20 000 et 50 000 euros chacun pour lancer la Scop", se rappelle Maxime Jarne.

C’est à cette époque, que s’organise la nécessaire répartition des nouveaux rôles dans l’entreprise. "Nous étions tous des ouvriers de production, sans aucune compétence en marketing et en commerce par exemple. Nous avons dû acquérir tout cela avec des formations", confie Bernard Fabre.

Le choix du directeur s’est alors imposé presque naturellement. "Nous étions deux leaders du combat syndical, qui portions le projet de Scop, Christophe Barbier, le secrétaire du comité d’entreprise et moi secrétaire du CHSCT (Comité hygiène et sécurité)", précise Maxime Jarne. "Nous nous sommes rapprochés de l’Union régionale des Scop de Languedoc Roussillon. Ils m’ont convaincu de prendre la direction de l’entreprise", ajoute-t-il.

Des décisions prises à vingt salariés

Même si un poste de directeur a dû être créé, toutes les grandes décisions stratégiques sont prises entre les vingt salariés. Ces derniers ont tous accepté de revoir leur salaire à la baisse, qui se situent aujourd’hui entre 1 250 et 1 450 euros net par mois. Seul le directeur bénéficie de 1 850 euros, "soit le niveau le plus bas dans la catégorie", souligne Maxime Jarne.

Pour créer le nouveau produit, les salariés ont d’abord réalisé une étude de marché. C’est à cette époque qu'est né le projet d’une glace artisanale, sans colorant artificiel, ni gluten, ni huile de palme, constituée à partir d'ingrédients locaux. "Nous sentions qu’il y avait un potentiel commercial", affirme Maxime Jarne.

Un directeur commercial recruté

Une fois la Scop créée en janvier 2014, les salariés coopérateurs décident de partir à la rencontre de distributeurs. "Nous avons fait du porte-à-porte. Les grandes surfaces locales nous ont suivi rapidement", s’enthousiasme le directeur. Mais pour être référencé au niveau national, il fallait passer à une autre échelle. "On ne s’improvise pas commercial. Il nous fallait des compétences extérieures. Nous avons recruté un directeur commercial", précise Maxime Jarne.

Gérard Goutal, un ancien de Danone a ainsi été embauché il y a quelques semaines, pour développer l’activité. Même si la route est encore longue pour inscrire l’activité de l’entreprise dans la durée, les premiers résultats semblent en tous cas très bons. "Nous avons dépassé nos objectifs de chiffre d’affaires en 2014 : 780 000 euros et nous espérons 1,6 million cette année", insiste le directeur.

L’entrée chez Carrefour devrait permettre de confirmer ce bon démarrage. 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires sont attendus en 2016, soit un bond de 50 %. Mais si le succès des ex-Pilpa venait à devenir trop grand, les grandes marques du secteur, détenues par des géants comme Unilever (Carte d’Or, Miko...) ou Nestlé, pourraient rapidement riposter. La victoire des ex-Pilpa n’est pas encore acquise.

Adrien Cahuzac

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