L'Usine Energie

La réunion PPE à l’Élysée racontée par Hubert de Boisredon, PDG d'Armor

Aurélie Barbaux , ,

Publié le , mis à jour le 25/10/2018 À 08H25

Si Emmanuel Macron a réuni à l’Élysée les patrons de l’énergie le 24 octobre, ce n’est pas pour leur faire des annonces mais pour les écouter. Hubert de Boisredon, le PDG d’Armor, raconte.

La réunion PPE à l’Élysée racontée par Hubert de Boisredon, PDG d'Armor
La PME nantaise Armor a industrialisé une technologie de films photovoltaïques souples.
© Armor

La réunion aura duré près de quatre heures. À l’Élysée, le mercredi 24 octobre, les patrons ou représentants d’EDF, Engie, du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) mais aussi de Saint-Gobain ou Renault ont répondu à l’invitation d’Emmanuel Macron à une session de travail s’inscrivant dans le cadre de la préparation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Elle doit fixer la feuille de route énergétique du pays d’ici à 2028. Ils n’étaient pas là pour écouter mais pour parler. “Il s’agissait d’enrichir la réflexion du président et des ministres de la Transition écologique, François de Rugy, et de l’Économie, Bruno Le Maire, sur trois thèmes : réduire les émissions de gaz à effet de serre, développer des solutions bas carbone made in France et résoudre les enjeux de souveraineté sur les métaux et les carburants", raconte Hubert de Boisredon, le PDG d’Armor, une PME nantaise qui a industrialisé une technologie de films photovoltaïques souples.

Pour une PPE industrielle...

Une réunion bien tardive. Avec déjà trois mois de retard, le projet de PPE était promis pour fin octobre mais vient d’être encore repoussé à mi-novembre. Cette réunion de dernière heure, comme ce nouveau délai, pourraient indiquer que le texte préparé par les services de la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) rattachée à Bercy risquait de passer à côté d'un enjeu essentiel : le développement des filières industrielles françaises de la transition énergétique. C’était pourtant son ambition. En février dernier, Sébastien Lecornu, alors secrétaire d’État auprès du ministre d’État de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, déclarait que la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie serait "sincère" et industrielle.

... made in France

Pourtant, si la France a raté la production industrielle de la première génération de panneaux photovoltaïques ou celle de l’éolienne terrestre, elle fourmille d’acteurs qui développent des technologies bas carbone, durable et made in France. Certes, parfois elles sont encore à des stades préindustriels comme les éoliennes flottantes, les hydroliennes de Sabella ou Hydroquest ou les piles à combustibles de grande puissance d’Hydrogène de France. Mais parfois aussi, ces solutions bas carbone sont prêtes à conquérir les marchés. C’est le cas des électrolyseurs PEM de McPhy Energy ou des films photovoltaïques d’Armor. "Armor répond aux trois sujets de la réunion", observe Hubert de Boisredon. "Nous avons en France une capacité de production de 1 million de mètres carrés. Notre solution est bas carbone, elle ne nécessite ni silicium ni métaux rares et est facilement recyclable".

Et collective

Pour aider ces technologies bas carbone à percer, la prochaine PPE devrait inclure "des appels d’offre qui précisent des propriétés d’usage qui laissent de la place à ce type d’innovation", espère Hubert de Boisredon. Si l’État donnait l’exemple en adoptant lui-même ses technologies ce serait encore mieux. Lors de cette session de travail, "il aussi été beaucoup question de stockage", observe Hubert de Boisredon. Mais ce qui a le plus frappé le patron de la PME nantaise lors de cette réunion, c’est "une envie de développer le jouer collectif, que l’ensemble de l’industrie française travaille ensemble". Une PPE, même très ambitieuse, ne va pas y suffire.

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