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La reprise pour les sous-traitants, c'est pour quand ?

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

en couverture Le marché de la sous-traitance se stabilise fin 2013, mais il faudra attendre 2014 pour observer une véritable reprise de l’activité.

La reprise pour les sous-traitants, c'est pour quand ?
Après une année 2012 difficile, la fonderie est loin de voir le bout du tunnel en 2013.

Le bilan est pessimiste, mais les industriels gardent espoir ! L’an passé, le marché de la sous-traitance a connu un net recul en France. "2010 et 2011 ont été des années de reprise, mais en 2012 le chiffre d’affaires moyen des entreprises de sous-traitance de plus de 20 salariés a baissé de près de 3 % par rapport à 2011, précise Daniel Coué, consultant pour le salon Midest. Quant aux volumes de production, ils ont plongé de plus de 5 %, atteignant un niveau inférieur à celui de 1998." L’activité s’est comme arrêtée au cours des derniers mois de l’année. En cause, la mauvaise santé du marché automobile : le volume d’affaires en sous-traitance a reculé de 10 % par rapport à 2011. Cette baisse n’a pu être compensée par un marché aéronautique en croissance de 4,4 %. La parité euro–dollar est venue perturber l’équation, défavorisant les exportations européennes sur la seconde moitié de l’année.

Une phase de stabilisation

Tous les secteurs de la sous-traitance, ou presque, ont terminé 2012 en baisse. Les volumes de production ont chuté de plus 10 % pour les activités liées au découpage, à la fonderie, à la forge et aux traitements de surface. Avec les conséquences que l’on imagine. "Comme en 2009, cette baisse d’activité a créé des turbulences, avec certains clients et certains fournisseurs qui ont disparu, résume Jérôme Delabre, le président du groupe JD-Corp et le président du salon Midest. Mais après avoir touché le fond en matière de volumes de production, et même si les carnets de commandes ne sont toujours pas pleins, il semblerait que l’on s’oriente désormais vers un certain équilibre."

Après un premier trimestre 2013 maussade en termes d’activité, les industriels de la sous-traitance ont observé un léger rebond au cours du deuxième trimestre. Un frémissement qui pourrait laisser croire à une reprise pour la fin de l’année. "Chez les donneurs d’ordres, les stocks sont descendus très bas et donc les commandes reviennent", analyse Daniel Coué. Mais l’envolée de l’euro par rapport au dollar ces dernières semaines pourrait bien doucher les espoirs de reprise à l’export.

Alors, 2013 sera-t-elle l’année de la reprise ? Pas sûr. Au mieux peut-on s’attendre à une stabilisation. Selon les dernières estimations, l’année devrait se terminer avec des volumes de production en hausse de 0,2 % seulement par rapport à 2012. Certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres : l’activité est repartie au second semestre 2013 chez les industriels de la fixation qui s’attendent à une progression de 8,4 % par rapport à 2012. Même scénario pour les métiers de la forge (+ 4 % prévus à fin 2013), la fabrication d’élastomères (+ 3,8 %) et le marché des ressorts (+ 2,5 %).

Le bilan devrait être plus sombre dans les gros secteurs de la sous-traitance. « Dans la plasturgie, 2013 devrait être en dessous de 2012, avec une croissance négative comprise entre 0 et – 2 % », anticipe Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Les mécaniciens, plus mal lotis encore, s’attendent à une baisse de 6,4 % des volumes. "Les carnets de commandes sont loin d’être remplis dans tous les métiers de la mécanique, et il y a un réel problème de visibilité : quatre semaines d’avance en moyenne WITT alors qu’il en faudrait huit à dix pour pouvoir justifier des investissements", regrette Luc-Éric Krief, le président du Centre national de la sous-traitance industrielle (Cenast) et le PDG du groupe SD2M (100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 500 salariés).

Les marchés de niche toujours porteurs

Autre aspect qui inquiète la Fédération des industries mécaniques (FIM) : le recrutement. "Les industriels ont des difficultés à trouver du personnel, ce qui est incompréhensible au vu des chiffres actuels du chômage", déplore Éric Moleux, le président de FIM Sous-traitance.

Face à ces difficultés à investir et à recruter, rien de pire que l’inaction selon Luc-Éric Krief. "Ceux qui ont choisi de faire le dos rond depuis la crise se retrouvent aujourd’hui coincés, à force d’attendre une reprise d’activité qui ne vient pas, observe-t-il. À l’inverse, on constate que les industriels positionnés sur des marchés de niche parviennent à s’en sortir. Le bon choix est donc d’identifier des domaines en croissance et d’essayer de s’y faire une place."

L’aéronautique n’est pas le seul marché en progression. Le ferroviaire se porte bien, tout comme le médical, l’agroalimentaire et l’énergie. "Dans l’énergie, la visibilité sur les carnets de commandes est de l’ordre de treize mois, martèle Yves Fiorda, le vice-président de la FIM et le PDG de ACRACM (sous-traitant du nucléaire qui emploie 84 personnes pour un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros). Avec le programme de rénovation des centrales nucléaires qui débutera en 2020, les industriels du secteur devraient voir leur charge de travail assurée pendant vingt ans !" Le nucléaire offre aussi des perspectives de développement à l’export, 76 % des entreprises oeuvrant dans ce domaine pensent à augmenter leur activité à l’international, selon la FIM.

Mais les industriels gardent le moral, à l’image d’Éric Moleux qui se veut rassurant : "Fin 2013 s’annonce déjà meilleure que fin 2012. Espérons que 2014 soit une meilleure année, même si avec une croissance prévue de seulement + 1 % de PIB, il ne faut s’attendre à rien d’exceptionnel."

Frédéric Parisot

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