La reprise du marché automobile américain semble fragilisée

par Soyoung Kim et Bernie Woodall

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La reprise du marché automobile américain semble fragilisée

DETROIT (Reuters) - Les ventes de voitures aux Etats-Unis ont baissé en juin par rapport au mois précédent et les principaux constructeurs ne croient plus guère, pour le second semestre, à la reprise qu'ils prédisaient en début d'année.

Le marché automobile américain, le deuxième du monde derrière la Chine, affiche ainsi un ralentissement comparable à celui subi par plusieurs marchés européens, comme la France ou l'Espagne.

Selon les chiffres compilés par le cabinet spécialisé Autodata, le marché est revenu en juin à 11,08 millions d'unités en rythme annualisé (la référence pour le secteur), contre 11,63 millions en mai.

Les trois grands constructeurs américains, General Motors , Ford et Chrysler ont néanmoins vu leurs ventes enregistrer des hausses à deux chiffres en pourcentage par rapport à juin 2009, un mois marqué par la sortie de Chrysler de la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites et par le dépôt de bilan de GM.

Chrysler, désormais passé sous le contrôle opérationnel de Fiat, a ainsi fait état d'un rebond de 35% de ses ventes sur un an. Celles de Ford ont augmenté de 13% sur un an et celles de GM de 11%, tout comme celles du japonais Nissan.

Les autres grands constructeurs japonais ont fait moins bien: Toyota affiche une hausse de 7% sur un an et Honda de 6%. Le sud-coréen Hyundai a tiré son épingle du jeu avec un bond de 35% de ses ventes.

Graphique des ventes en juin:

http://link.reuters.com/dub45m

Le net ralentissement du marché d'un mois sur l'autre intervient alors que le secteur espérait voir les acheteurs revenir progressivement dans les concessions au fil des mois, permettant une accélération de la reprise du marché durant la seconde moitié de l'année.

"Juin a été assez anémique", a reconnu Al Castignetti, directeur des ventes de Nissan aux Etats-Unis. "Je crois que beaucoup de gens surveillent le marché immobilier ou d'autres indicateurs et qu'ils retardent leurs achats importants."

LA REPRISE S'ANNONCE LENTE ET CAHOTEUSE

Certains analystes espéraient initialement voir le marché remonter en 2010 à 12,5 millions d'unités contre 10,6 millions l'an dernier mais cette prévision semble désormais hors de portée, admettent les constructeurs eux-mêmes.

Hyundai table ainsi désormais sur un rythme d'environ 11,3 millions d'unités annuelles, Toyota sur 11,5 millions.

"Il ne fait aucun doute que la reprise du secteur sera un processus lent et que la route sera cahoteuse", a dit Bob Carter, directeur de la marque Toyota pour les Etats-Unis.

Ford a fait état d'une hausse de 15% sur un an de ses ventes aux particuliers, qui génèrent des marges supérieures à celles des ventes aux loueurs et aux flottes.

Certains analystes et une partie des professionnels de l'automobile déplorent le fait que les chiffres de ventes soient publiés sans distinction entre les différentes catégories d'acheteurs, expliquant que cela ne fait que dissimuler la faiblesse du marché grand public.

Ford a précisé que les flottes avaient généré environ 37% de ses ventes en juin. GM évoque de son côté environ 31% de ventes réalisées avec des flottes. Chrysler s'est refusé à préciser cette proportion.

Pour l'ensemble du secteur, les flottes ont représenté environ 20% des ventes globales ces cinq dernières années.

Quant au seul marché des particuliers, Ford estime qu'il pourrait être tombé en juin à 8,5 millions d'unités en juin.

Si General Motors n'a constaté aucun signe permettant de prédire une reprise de la demande des particuliers pendant l'été, il n'envisage pas pour autant une rechute de l'économie dans la récession.

"Les informations économiques récentes continuent d'aller dans le sens d'une reprise lente mais renforcée avec une certaine volatilité", a déclaré Steve Carlisle, directeur de la planification produits du groupe, lors d'une téléconférence.

"La principale incertitude porte sur l'éventualité d'une phase de transition entre la période de croissance soutenue par la relance observée au début et une période croissance davantage tirée par la consommation et l'investissement."

Marc Angrand pour le service français

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