La reprise devrait être molle mais constante dans la zone euro

par Jonathan Cable

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La reprise devrait être molle mais constante dans la zone euro

LONDRES (Reuters) - La reprise économique dans la zone euro va probablement rester poussive, obligeant la Banque centrale européenne à conserver ses taux à un niveau bas, mais le risque d'une rechute en récession s'atténue, montre la dernière enquête menée par Reuters.

Les 40 économistes interrogés sur la semaine écoulée estiment en moyenne que la croissance ne devrait pas dépasser 0,4% par trimestre à compter de maintenant et jusqu'à la fin de l'année prochaine. La précédente enquête Reuters avait abouti à la même conclusion.

"Une croissance modérée va perdurer pendant un moment. Le chemin qui nous attend ressemble à une reprise mais pas à un sursaut", souligne Jens-Oliver Niklasch à LBBW.

Les économistes maintiennent leur prévision d'une croissance de 1,1% pour cette année mais ils ont abaissé leur prévision pour 2011 à 1,3% contre 1,4% précédemment.

Ce chiffre est à comparer à la croissance de 2,0% attendue en Grande-Bretagne et de 2,8% aux Etats-Unis en 2011.

Pour un graphique comparant les prévisions de PIB et d'inflation, voir : http://graphics.thomsonreuters.com/10/GLB_2RTRP0710.html

LE RISQUE D'UNE RECHUTE ESTIMÉ À 20%

La zone euro est sortie de la plus grave récession de l'Après-guerre au troisième trimestre de l'an dernier, après l'injection de milliards d'euros dans l'économie avec les plans de relance.

Mais les gouvernements sont aujourd'hui confrontés à la difficulté de devoir réduire leurs dépenses pour enrayer la hausse des déficits tout en évitant une rechute économique.

Les tests de résistance conduits sur 91 banques européennes dans l'espoir de rétablir la confiance dans le système bancaire de la région ont par ailleurs réfréné les prévisions les plus optimistes.

Mais selon les 25 économistes qui ont répondu à cette question additionnelle, le risque d'un retour à la récession est estimé à seulement 20% contre 25% lors de la précédente enquête.

"Avec une croissance économique décente dans les principaux pays, principalement l'Allemagne, une rechute en récession reste un risque mais pas le scénario principal", commente Juergen Michels de Citi.

Le recul de l'euro - qui a été pénalisé par les craintes sur les problèmes de dette en Grèce et dans d'autres pays de la zone euro - ainsi que le maintien de taux d'intérêt bas vont probablement soutenir la reprise pendant un certain temps, ajoute-t-il.

En revanche, le manque de vigueur de la reprise ne sera pas aidé par la hausse du chômage, qui devrait atteindre un pic à 10,3% cette année. En mai, le taux de chômage s'est maintenu à 10%, contre 10,1% attendu, ce qui aurait constitué un plus haut de 12 ans.

Au vu de ces perspectives, la Banque centrale européenne ne devrait pas relever ses taux avant juillet 2011 au plus tôt, comme le suggérait déjà une enquête réalisée il y a deux semaines.

COUP DE FREIN ATTENDU EN ALLEMAGNE

Les taux directeurs devraient être relevés à 1,25% au troisième trimestre 2011 puis encore augmenter de 25 points de base d'ici la fin de l'année. Là-encore, les résultats concordent avec ceux de l'enquête précédente.

L'inflation devrait s'établir à 1,4% cette année, puis à 1,5% en 2011, ce qui est très inférieur au plafond de 2,0% que s'est fixé la BCE.

En ce qui concerne plus précisément l'Allemagne, la croissance devrait ralentir fortement au troisième trimestre puis croître à un rythme modéré l'an prochain avec l'arrêt des mesures de relance et la mise en oeuvre du plan d'austérité.

Les 20 économistes interrogés pronostiquent une croissance de 1,6% en 2011, après +2,0% cette année.

"La reprise va très probablement continuer l'an prochain mais elle perdra un peu d'élan car le soutien de la politique budgétaire va être remplacé par des réductions budgétaires", souligne Juergen Michels.

En France, l'objectif d'une croissance de 2,5% pour 2011 semble de plus en plus difficile à atteindre.

Les 17 économistes interrogés tablent désormais sur une croissance de seulement 1,3% en 2011 alors qu'ils l'attendaient à 1,7% dans l'enquête réalisée en avril.

Le consensus pour 2010 a également été révisé en baisse à 1,3% contre 1,4% précédemment.

"Les mesures de rigueur budgétaire en France et dans les pays voisins (...) vont avoir un impact sur la demande et nous nous attendons à un recul de la consommation et des investissements dans un certain nombre de pays européens", explique Maxime Lemerle, économiste à Euler Hermes.

Gwénaelle Barzic pour le service français

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