La reprise de STX France bouclée d'ici avril, selon Christophe Sirugue

PARIS (Reuters) - La reprise des chantiers navals STX France par le groupe italien Fincantieri sera bouclée avant l'élection présidentielle d'avril-mai, a déclaré mercredi à Reuters le secrétaire d'Etat à l'Industrie. L'Etat affirme vouloir se maintenir à 33% dans l'entreprise pour conserver sa minorité de blocage.

Partager
La reprise de STX France bouclée d'ici avril, selon Christophe Sirugue
La reprise des chantiers navals STX France par le groupe italien Fincantieri sera bouclée avant l'élection présidentielle d'avril-mai. L'Etat entend conserver sa minorité de blocage de 33% dans l'entreprise mais estimé que la nationalisation des chantiers navals de Saint-Nazaire n'était pas la solution. /Photo prise le 4 janvier 2017/REUTERS/Stephane Mahe

Christophe Sirugue a confirmé que l'Etat entendait conserver sa minorité de blocage de 33% dans l'entreprise mais estimé que la nationalisation des chantiers navals de Saint-Nazaire, préconisée par exemple par l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, n'était pas la solution.

Une double négociation est en cours : d'une part entre Fincantieri et STX Offshore & Shipbuilding, maison-mère sud-coréenne actionnaire à 66% contrainte de vendre STX France en raison de ses difficultés financières; d'autre part entre le constructeur naval italien, accepté comme repreneur par un tribunal de commerce de Séoul, et l'Etat français.

"Signature probablement autour du 15 février et closing (finalisation) probablement en avril", a précisé Christophe Sirugue, qui veut mettre à profit ce court laps de temps pour conclure un double pacte d'actionnaires.

Le premier, global, entre l'Etat français et Fincantieri, doit permettre le maintien du site de Saint-Nazaire et de ses 7.000 emplois, sous-traitants compris, de s'assurer que le carnet de commande de STX France ne sera pas ventilé ailleurs, de préserver le savoir-faire et la propriété industrielle des chantiers français, ainsi que l'accès aux infrastructures pour le constructeur naval militaire DCNS.

"DCNS (dont l'Etat français est actionnaire à hauteur de 62%) entrera dans le capital (de la future entité). Nous le souhaitons", précise Christophe Sirugue. A quelle hauteur ? Cela dépendra notamment des autres acteurs que Fincantieri pourrait amener, a-t-il souligné.

Des croisiéristes impliqués ?

"Fincantieri n'aura pas forcément plus de 50% (du capital). Fincantieri discute avec d'autres", a-t-il ajouté. "Nous ne souhaitons pas qu'il y ait un morcellement à outrance du pacte d'actionnariat. Mais en même temps, si des clients ont envie de participer, je ne vois pas pourquoi on se l'interdirait."

Des croisiéristes, clients des chantiers de Saint-Nazaire, se sont notamment montrés intéressés par une participation à la reprise de STX France avec le néerlandais Damen, qui n'a finalement pas déposé d'offre. "Ce qu'il faut c'est qu'on maintienne nos 33%, c'est impératif puisque c'est la minorité de blocage", dit le secrétaire d'Etat. "On verra ce que DCNS fait. Ce qui est clair, c'est que DCNS plus les 33% de l'Etat ça ne fera pas 50%."

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche pour l'élection présidentielle, propose pour sa part que l'Etat prenne au total au moins 51% du capital de STX France. Une proposition que rejette Christophe Sirugue. "Ce n'est pas parce que vous aurez 51% que vous serez plus déterminant. Mais si l'Etat a 51%, qu'est-ce qui assure que Fincantieri continue à être intéressé ?" fait-il valoir.

Selon le secrétaire d'Etat, un groupe chinois, qui s'était montré intéressé dans un premier temps par la reprise de l'ensemble du groupe STX, reste en embuscade pour le rachat éventuel de STX France, une branche au contraire florissante, si le groupe italien renonce. "Un pacte d'actionnaires bien ficelé, c'est parfois mieux que d'avoir 50 virgule quelque chose", dit Christophe Sirugue.

Il souhaite d'autre part qu'il y ait, à l'intérieur de ce pacte d'actionnaire global, un pacte entre l'Etat et DCNS portant sur les enjeux stratégiques. "Je ne voudrais pas qu'un jour le civil, qui concerne beaucoup Saint-Nazaire, fasse les frais d'un accord sur le militaire" entre DCNS et Fincantieri, explique-t-il.

Il admet, sans donner de chiffre, que le prix offert par Fincantieri pour STX France "est faible" mais estime que "ce n'est pas le sujet". Le fait que le groupe italien n'ait jamais procédé à une réorganisation de ses propres sites en Italie est en revanche un élément de complexité dans ce dossier, ajoute-t-il. "Cela justifie d'autant plus que notre pacte d'actionnariat soit correctement ficelé."

Pour Reuters, Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

AVRIL

+ 77 000 Décideurs

Tout voir
Proposé par

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Chargé(e) de Certification Clients Agroalimentaires (F-X-H)

BUREAU VERITAS - 10/11/2022 - CDD - Cesson Sévigné

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

56 - BRECH

Résidence Opale, construction de 25 logements à Brech..

DATE DE REPONSE 10/01/2023

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS