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L'Usine Santé

"La reprise de la production et l’expédition de nos produits est imminente", indique le président de Stallergenes

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Entretien Depuis deux mois, il ne s’était pas exprimé alors que Stallergenes rencontrait la plus grande crise de son histoire : la suspension de la production de sa principale usine, située à Antony (Hauts-de-Seine). Le 1er février, le redémarrage a été autorisé. Christian Chavy, le président du laboratoire spécialiste des allergies respiratoires, a répondu aux questions de L’Usine Nouvelle.

La reprise de la production et l’expédition de nos produits est imminente, indique le président de Stallergenes © dr

L'Usine Nouvelle : Comment expliquez-vous l’incident survenu dans votre usine française ?

Christian Chavy : En août 2015, nous avons décidé d’y installer un nouveau système informatique avec un ERP. Ce sont des outils très sophistiqués mais dont la mise en place peut s’avérer complexe. Nous avons eu quelques défauts et bugs de mise en place. Il faut savoir que chez Stallergenes, nous avons beaucoup de références commerciales, plus de 80 000, pour répondre à la demande de traitements personnalisés d’allergies (APSI) de nos patients et médecins.

Nous avons eu quelques cas de produits mal distribués, ce qui nous a alertés. Au même moment, l’ANSM enregistrait quelques réclamations de patients. Nous avons alors pris la décision de faire une pause industrielle afin d’identifier la cause du problème, en suspendant la distribution, puis la production de nos produits.

 

Quand allez-vous reprendre votre production en France ?

La reprise de la production et l’expédition de nos spécialités pharmaceutiques est imminente : nos comprimés Oralair et Actair - ce dernier commercialisé au Japon depuis novembre et en cours d’études cliniques aux Etats-Unis et en Europe, notamment dans la rhinite allergique-, ainsi que notre traitement d’allergies aux venins de guêpe et d’abeille.

 

Qu’en est-il de la production des APSI, qui représentent le gros de vos ventes?

Nous sommes en relation avec l’ANSM pour la redémarrer dans un second temps. Nous avons dû nous assurer que notre système informatique était adapté aux bonnes pratiques de fabrication, et mener des mesures compensatoires pour l’adapter. Mais nous avons noué une collaboration extrêmement constructive avec les autorités sanitaires.

 

Comptez-vous vous retourner contre Deloitte, qui a implémenté votre système SAP ?

Ce n’est pas d’actualité. Nous avons mis en place une équipe de plus 200 personnes pour résoudre le problème, avec également des consultants externes. Pour l’instant, nous sommes focalisés sur la reprise de nos activités de production et distribution, afin d’être au plus près de nos patients que nous livrons directement pour nombre d’entre eux.

 

Avez-vous un ordre d’idée du nombre de patients partis à la concurrence ?

C’est très difficile de faire un calcul précis, mais ce serait mentir que de dire aucun. Quelques-uns sont partis vers notre seul concurrent en France, via leur médecin prescripteur car ils avaient besoin d’un nouveau traitement. A l’étranger, d’autres sont aussi allés voir nos concurrents. Mais nous avons reçu beaucoup de témoignages compréhensifs de la part de patients et médecins. Et nous allons désormais travailler à renouer cette relation étroite.

 

Stallergenes n’a pas communiqué auprès des médias durant toute cette crise, alors que votre concurrent n’hésitait pas à le faire. Pourquoi ?

Nous nous sommes effectivement surtout attachés à informer au fur et à mesure nos patients, médecins et plus de soixante agences sanitaires du monde entier, partout où Stallergenes est présent. C’était notre priorité par rapport à des annonces grand public. Nous avons mis en place des numéros verts, un centre d’appels.

 

Avez-vous prévu de nouveaux investissements dans votre usine d’Antony (Hauts-de-Seine)?

Nous avions commencé à investir dès 2014 afin de moderniser ce site de production qui est déjà en bon état. Nous allons poursuivre ces investissements conséquents, qui dépassent les quelques millions d’euros.

 

Vous venez d’annoncer l’arrivée d’un directeur des opérations techniques à l’échelle du groupe. Est-ce pour pallier ce problème ?

Cette création de poste était prévue depuis longtemps : nous avions besoin de quelqu’un du calibre de Tibor Nemes pour chapeauter les quatre sites de production de Stallergenes-Greer dans le monde : deux aux Etats-Unis, un en Argentine et celui d’Antony.

 

Vous avez effectivement fusionné il y a quelques mois avec votre distributeur américain Greer. Avez-vous pu rassurer vos actionnaires minoritaires et salariés français, et mener à bout cette opération ?

Nos actionnaires minoritaires ont bien compris après coup le rationnel du rapprochement de nos sociétés : nous avons créé le leader mondial de l’immunothérapie ! Après nous être donnés un peu de temps pour régler la situation à Antony, nous allons pouvoir repartir sur la construction de Stallergenes-Greer.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

 

UN IMPACT SUR LES COMPTES DU GROUPE
En privant 70 000 patients de leurs traitements durant deux mois, l'arrêt du site d'Antony aura un impact négatif sur les comptes 2015 et 2016, a reconnu Fereydoun Firouz, PDG de Stallergenes Greer auprès de Reuters. 88% du chiffre d’affaires est réalisé dans les APSI, dont la production n’a pas encore repris à Antony. Le groupe pesait 312,5 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2014, son principal concurrent, le danois ALK, quasiment autant.

 

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2 commentaires

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08/02/2016 - 18h25 -

Bonjour j habite en Belgique et on attend la reprise de votre entreprise c est à partir de quand qu on pourra acheter les produits stallergene.merci de répondre.
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Nom profil

04/02/2016 - 11h17 -

trop drôle la pause industrielle quand on connait les raisons de cette pause, qui est tout simplement une suspension d'autorisation de mise sous le marché, la direction de Stallergenes n'a rien décidé du tout, pour une première prise de parole après plusieurs mois de silence c'est réussi.
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