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La reprise de FagorBrandt dans une impasse

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Publié le , mis à jour le

Analyse Alors que sa reprise par l’algérien Cevital se complique, FagorBrandt serait à nouveau à cours de trésorerie, la fabrication dans ses quatre usines ayant été arrêtée. La décision du tribunal de commerce de Nanterre, le 27 mars, sur le choix du repreneur apparait de plus en plus difficile.

La reprise de FagorBrandt dans une impasse © D.R.

"La situation est très dure pour les salariés. L’incertitude n’en finit par de se prolonger. On ne sait pas comment on va passer le mois d’avril", lance Christian Legay, délégué syndical de la CFE-CGC chez FagorBrandt. Le fabricant d’électroménager placé en redressement judiciaire depuis le 7 novembre, est à nouveau plongé dans l’incertitude quant à son avenir. Parallèlement à la décision surprise de la justice espagnole de rejeter la vente des marques françaises (Brandt, Vedette, Sauter, De Dietrich) au principal repreneur, l’algérien Cevital, le groupe serait à nouveau à cours de trésorerie, selon plusieurs sources syndicales.

Faute de pouvoir passer de nouvelles commandes de matières premières à ses fournisseurs, ses quatre usines, Orléans (Loiret), Vendôme (Loir-et-Cher), La Roche-sur-Yon (Vendée) et Aizenay (Vendée) sont à l’arrêt depuis le 14 mars. "Tous les salariés qui avaient repris pour partie le chemin des usines depuis décembre et janvier ont été mis en chômage partiel, priés de rentrer chez eux. Il y a aussi du chômage partiel, au siège, à Rueil-Malmaison", confirme Nathalie Pillet, délégué syndicale de la CFTC, à Orléans. Le prêt de 10 millions d’euros de l’Etat, débloqué en novembre par l’Etat, a permis de relancer la production durant trois mois. "Il était conditionné à des échéances de remboursements jusqu’à la fin du mois de mars, le temps qu’une décision soit prise sur le repreneur", rappelle Nathalie Pillet. Mais depuis, aucune solution n’a encore été trouvée.

La vente de FagorBrandt bloquée indirectement par la justice espagnole

L’ancien numéro un français du gros électroménager se retrouve plongé dans une situation des plus ubuesques. Le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) devait initialement prendre une décision le 13 février sur le choix du repreneur. Un choix repoussé par trois fois, jusqu’au 27 mars finalement, pour permettre au principal repreneur, l’algérien Cevital, de négocier le rachat des marques françaises (Brandt, Vedette, Sauter, De Dietrich), détenues par une filiale irlandaise de la maison mère Fagor Electromodesticos, placée en cessation de paiement, depuis novembre.

Pour Cevital, le rachat de ces précieuses marques est une condition suspensive à la reprise des actifs industriels et commerciaux de FagorBrandt. Mais coup de théâtre le 14 mars. Suite à un recours du gouvernement basque, la justice espagnole a finalement rejeté la proposition de Cevital d’achat des marques pour 25 millions d’euros. Le juge demande que l’offre soit réévaluée de 10 millions d’euros, et associée dans le même temps à la reprise d’une usine de cuisson en Espagne avec 300 salariés.

La liquidation judiciaire, hypothèse politiquement impropable

Alors qu’en coulisses, les discussions se poursuivent entre le ministre du Redressement productif, l’Espagne et Cevital, rien ne dit officiellement que ce dernier reconsidérera sa proposition et acceptera de la prolonger au-delà du 30 mars, date butoir fixée initialement. "Le temps presse", rappelle Christian Legay. Le 27 mars, le tribunal de commerce de Nanterre est en effet censé examiner les offres de reprise et prendre une décision.

Plusieurs options sont possibles. Pouvant constater l’impossibilité de reprise de FagorBrandt par Cevital, et en l’absence d’autres propositions crédibles, il pourrait placer le groupe en liquidation judiciaire, d’autant qu’il ne serait plus en mesure de poursuivre l’activité dans ses usines. "C’est techniquement possible", redoute Christian Legay. Cette issue vient d’ailleurs d’être prise pour la maison mère. Fagor Electrodomesticos a demandé le 18 mars, sa mise en liquidation judiciaire auprès de la justice espagnole. Mais une solution similaire pour FagorBrandt n'est pas tenable selon Paul Briglia, délégué syndical CGT à Lyon : "la liquidation n’est politiquement pas possible actuellement, en pleine période électorale". Autres solutions possibles : le tribunal pourrait repousser une quatrième fois l’examen des offres de reprise ou mettre sa décision en délibéré de quelques jours.

Reste que si Cevital arrivait à s’entendre sur la rachat des marques françaises avec la justice espagnole, le dossier de reprise de FagorBrandt apparait encore loin d’être bouclé. "Parmi les autres conditions au rachat, Cevital a posé une option sur l’activité lavage de l’usine polonaise de Fagor, sous réserve qu’un autre fabricant puisse reprendre l’activité cuisson sur place, en exploitant les brevets de FagorBrandt", rappelle Paul Briglia. BSH (Bosch-Siemens) pourrait être intéressé. Le dossier FagorBrandt est donc loin d’être clos. L’attente pour les 1 800 salariés français risque encore de se prolonger.

Adrien Cahuzac

Une commande de FagorBrandt en Pologne crée la polémique

Une commande de 54 000 appareils aurait été passée en février par FagorBrandt à l’ancienne usine de Fagor située en Pologne, à Wroclaw. Selon la CGT, la facture s’élèverait à 9 millions d’euros, principalement pour des lave-linge à chargement par le haut. Jusqu’ici rien de réellement surprenant. Sauf que cette somme serait principalement issue des 10 millions d’euros consentis sous forme de prêt par l’Etat français, en novembre dernier, pour relancer l’activité industrielle de FagorBrandt… en France ! "L’argent du contribuable français a servi à faire fonctionner l’industrie polonaise", dénonce Paul Briglia. Pour le délégué syndical de la CGT, "cette commande a été une erreur. Cet argent manque aujourd’hui pour faire tourner les usines françaises". Un choix étonnant d’autant que la fabrication de ces lave-linge aurait pu être également assurée en partie par l’usine SITL de Lyon, ancien site du groupe. Aujourd’hui en redressement judiciaire, cette usine de plus de 400 salariés, travaillait à 90 % en sous-traitance pour FagorBrandt, avant son dépôt de bilan. Pour les dirigeants de FagorBrandt, cette commande à l’usine polonaise aurait permis d’éviter sa mise en liquidation judiciaire... ce qui aurait pu mettre à mal le projet de Cevital.

 

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