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La reprise aéronautique se décline sous le signe du développement durable

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Le salon du Bourget 2011 aura t'il été celui de la prise de conscience écologique des constructeurs aéronautiques ? Le point de vue sur le sujet de Frédéric Morizot, Associate Partner Kurt Salmon en charge du segment Aérospatiale et Défense.

La reprise aéronautique se décline sous le signe du développement durable © Pascal Guittet

Les entreprises citées

Les résultats commerciaux spectaculaires enregistrés au Salon du Bourget par les deux leaders Airbus et Boeing sont le signe manifeste d’une reprise, dans une industrie qui a traversé trois années d’atonie. Si le record historique de 2007, dernier Salon avant la crise, est battu, ce retour des ventes s’accompagne d’une évolution notoire : la priorité désormais donnée par les industriels, sous la
pression de leurs clients, à la fourniture d’appareils économes en énergie et à moindre impact environnemental.

Le visiteur avisé a tout de suite remarqué, sur le tarmac du Salon du Bourget cette année, la  présence imposante de Boeing. L’avionneur a été le seul à présenter deux nouveaux produits :

- le B787 ou Dreamliner, tant attendu avec sa structure composite et

- le majestueux B747-8 dans ses versions frets et passagers.

Du côté d’Airbus, si l’A380 a été la star du dernier salon, pas de nouveau produit cette année. En revanche, le futur A320 Neo a fait la une. Il a engrangé près de 400 commandes, ce qui permet à Airbus de se faire pardonner les retards de l’A350… Le succès de l’A320 Neo témoigne des préoccupations actuelles des compagnies aériennes. Ces dernières sont confrontées à des dépenses énergétiques qui représentent désormais plus du tiers de leurs coûts d’exploitation. Airbus a su convaincre, en promettant à ses clients une réduction de 15% de leur consommation en carburant, grâce à la version remotorisée de son A320. Les performances énergétiques sont des arguments de vente également mis en avant par les Canadiens de Bombardier pour leur futur avion CSeries. Ils affichent ainsi, clairement leur intention d’empiéter sur le marché des appareils de plus de 100 places, détenu par Airbus et Boeing.

Une aviation durable

La grande caractéristique de l’édition 2011 du Bourget est effectivement, la mise en avant chez les industriels, de nouveaux concepts et de technologies, au service d’une « aviation durable ». Le contexte s’y prête pour trois raisons majeures :

- l’envolée des prix de l’énergies,

- les objectifs fixés par l’Association Internationale du Transport Aérien IATA d’une diminution par deux des émissions d’ici à 2050 avec un plafonnement dès 2020 (malgré un triplement attendu du trafic aérien dans les 20 prochaines années),

- sans oublier les quotas d’émissions de gaz à effet de serre (GES) imposés à partir de janvier 2012 aux vols au départ et à destination de l’Europe.

Pour la première fois, le visiteur a pu observer un espace dédié aux carburants alternatifs. Des entreprises de toutes origines y ont présenté leurs nouveaux carburants. Ces produits fabriqués à partir d’algues ou de matières premières agricoles, pourraient permettre de réduire jusqu’à 70% les émissions de GES.

Au moment où le Boeing 747-8 était en train d’effectuer une démonstration remarquée d’un vol 100% biocarburants, le responsable New Energies d’Airbus Paul Nash nous parlait du partenariat établi avec une compagnie aérienne roumaine afin de mettre en place dans le pays, une filière de production de biocarburants à base de caméline, associant producteurs agricoles locaux, industriels et transporteurs aériens. D’ailleurs le 22 juin, Airbus, la Commission Européenne et plusieurs compagnies aériennes, dont Air France-KLM, signaient un accord prévoyant la production de deux millions de tonnes de biocarburants pour l’aviation d’ici 2020.

N’oublions pas les motoristes, et notamment le groupe Safran, qui a attiré l’attention sur le LEAP, un nouvel ensemble propulsif, développé en partenariat avec General Electric et présenté comme plus silencieux et surtout moins gourmand en énergie. Après l’avoir vendu aux Chinois pour équiper le futur C919 de COMAC, Safran devrait facilement convaincre les avionneurs occidentaux de l’adopter,
au risque de subir un autre handicap concurrentiel important de la part des nouveaux entrants, dans les pays à bas coûts.

Plongée vers le futur

EADS pour sa part, a choisi de plonger, les visiteurs dans l’aviation du futur en présentant deux nouveaux concepts technologiques :

- Le ZEHST (Zero Emission High Speed Transportation), tout d’abord, un nouveau Concorde 100% écologique qui promet de relier Paris à Tokyo en 2h30, et ceci avec une faible consommation énergétique et des émissions réduites au minimum, à l’horizon 2050. A la question : comment cette prouesse est elle possible ? Le chef du département Démonstrateurs de EADS Innovation Works Bernard Boime répond et explique que le ZEHST comporte plusieurs types de motorisation combinant des turboréacteurs classiques fonctionnant avec des biocarburants, des moteurs à ergols liquides dérivés de la fusée Ariane et des stato-réacteurs à hydrogène.

- Plus discret et rassurant avec ses formes rondes, le VoltAir présente le concept d’un avion à propulsion tout électrique "zéro émission" et ultra silencieux. Echéance 2030, pour cet appareil qui serait capable d’embarquer une cinquantaine de passagers sur des vols domestiques d’une à deux heures. Reste cependant, reconnaît-on chez EADS, à résoudre l’épineux problème du stockage de l’énergie
électrique, malgré les perspectives prometteuses des batteries lithium de future génération.

Il n’est pas possible de terminer cette visite du salon du Bourget 2011, sans évoquer l’époustouflante démonstration en vol silencieuse offerte par le Solar Impulse. Un avion magnifique avec ses 12 000 cellules photovoltaïques installées sur une voilure de l’envergure d’un A340. Ses concepteurs Bertrand Piccard et André Borschberg ont eu droit aux ovations du public, qui a salué l’extraordinaire inventivité de ces deux pionniers.

Quelles que soit leur taille, leur place dans la filière aéronautique et leur contribution à la chaîne de valeur du transport aérien, on peut dire aujourd’hui que des acteurs se sont mis en marche pour concevoir et développer des solutions innovantes au service d’une aviation durable. Il s’agit là, de la bonne, et espérons-le, de la "durable" nouvelle de ce Salon !

Suivez les news du salon du Bourget 2015 sur L’Usine Nouvelle

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