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La réorientation des priorités de la NASA accélère la privatisation de la conquête spatiale

Hassan Meddah ,

Publié le

Pour optimiser ses coûts de fonctionnement, la NASA veut accélérer ses collaborations avec les autres agences spatiales et acheter des prestations de lanceurs spatiaux auprès de groupes privés.

La réorientation des priorités de la NASA accélère la privatisation de la conquête spatiale

A Cap Canaveral, une page se tourne. Les équipes sont encore groggies par la récente décision du président américain d’abandonner le projet Constellation de retour sur la Lune.  Ce n’est pas le SuperBowl , la compétition de football américain la plus populaire du pays du week-end dernier, ni le prochain lancement de la navette d’Endeavour pour apporter des modules complémentaires à la station orbitale internationale  qui les rassureront quant à leur avenir. « La nouvelle a été reçue comme un choc. Les équipes sont inquiètes et s’interrogent sur le futur de nos activités», reconnaissait Mike Mosses,  le responsable de la dernière mission Endeavour. D’autant plus que la casse sociale pourrait en effet significative. Un partenaire industriel de l’agence spatiale américaine  estime même à plusieurs milliers le nombre d’emplois  menacés à la NASA. Et pour ajouter au blues ambiant, les équipes se préparent à l’arrêt définitif de la navette spatiale dès cette année après les cinq derniers lancements à effectuer.  Avec une conséquence immédiate : les américains, n’ayant pas anticipé cette fin, vont  dépendre jusqu’en 2013 de Soyouz et de Proton, désormais seuls lanceurs capables d’envoyer et de récupérer des astronautes sur l’ISS. De quoi durablement frapper la fierté de la première nation à avoir envoyé un homme sur la Lune !

L’heure de la remise en cause est donc venue pour la NASA.  Elle doit revoir profondément ses méthodes de travail et ses objectifs. Son directeur Charlie Bolden dresse d’ailleurs un constat négatif de son efficacité commerciale, estimant que l’entreprise avait laissé s’échapper une partie de son activité au profit de ses concurrents. Pour retrouver sa compétitivité, la NASA mise sur deux leviers. D’abord, l’accélération de ses collaborations avec les autres agences spatiales pour réduire ses coûts. Une démarche appréciée et attendue par ses partenaires.  «Il faut complètement repenser le scénario de l’exploration spatiale. Tous ensemble et pas uniquement les Américains seuls », indique Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l’agence spatiale européenne (ESA).  La NASA s’est aussi prononcée pour une prolongation de 2015 à 2020 de l’ISS, le projet spatial le plus collaboratif du moment avec 14 pays partenaires.  Autre partenariat envisagé par l’agence américaine, celui avec le Japon pour développer un robot à deux jambes capable de progresser sur la lune.

Deuxièmement, la NASA compte s’appuyer plus largement sur les acteurs privés pour s’assurer d’une disponibilité accrue de l’offre de lanceurs.  Plusieurs groupes américains sont capables de concevoir de tels engins, surtout qu’elles bénéficieraient d’aides directes de leur futur client : des grands acteurs  comme Boeing et Lockheed Martin et également des acteurs plus modestes mais spécialisés comme SpaceX et Orbital Sciences. Ils commercialiseront leurs expertises sous la forme d’un service avec un prix à la tonne envoyée sur orbite ! La  commercialisation de l’espace s’accélère donc. « L’espace est devenu un marché. Ce secteur évolue vers une approche de plus en plus commerciale et industrielle. Cela a démarré il y a 15 ans avec le segment des télécoms et touche maintenant celui de l’observation terrestre.  L’industrie doit s’organiser pour répondre à cette transformation»,  explique Reynald Seznec, PDG de Thales Alenia Space, qui a fourni à l’agence spatiale européenne  les derniers modules de l’ISS.   Pou attaquer le marché américain,  Thales Alenia Space s’est associé au fabricant de lanceurs local Orbital Sciences. Les deux partenaires espèrent un premier lancement du lanceur en 2011 capable d’envoyer une tonne sur orbite pour environ 30.000 dollars le kilo. Le marché de l’espace attendue par la NASA prend forme.

De notre envoyé spécial à Cap Canaveral,  Hassan MEDDAH
 

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