Economie

La rentrée industrielle s’annonce chargée pour Arnaud Montebourg

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En compagnie de Marisol Touraine, son homologue des Affaires sociales, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a participé en tant qu’invité d’honneur ce week-end, à la traditionnelle fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Une première étape vers le retour sous les feux de l’actualité. Car le ministre devrait reprendre sur les chapeaux de roue, avec d’importants dossiers sur la table. Revue des dossiers chauds à venir dans l’industrie.

La rentrée industrielle s’annonce chargée pour Arnaud Montebourg © Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

A l'occasion de cette fête, le ministre a appelé à une troisième révolution industrielle en France. "Notre projet est de conduire la France sur la route de la troisième révolution industrielle, a-t-il lancé de son pupitre, devant un petit millier de militants socialistes réunis en plein air. Elle doit être fondée sur la rencontre entre les énergies renouvelables et les technologies numériques; sur un alliage de l'autorité et de l'audace, qui va permettre de créer des emplois nouveaux, des produits nouveaux et des objets nouveaux".

D'après lui, "la reconstruction de notre industrie est une grande cause nationale relevant de la responsabilité de tous". Autant de déclarations que le ministre risque de rappeler au cours des prochains mois et dans les dossiers qui l'attendent pour sa rentrée. Passage en revue.

La Corée et PSA dans l’automobile
Il a notamment demandé à la Commission européenne de mettre sous surveillance l’accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et la Corée du Sud. Il reproche à ce pacte de favoriser les importations de véhicules coréens au détriment des constructeurs nationaux. Un dossier sur lequel il risque de revenir rapidement, au moment où l’industrie automobile française est en berne.

Mais dans ce domaine c’est surtout l’entreprise PSA qui devrait occuper largement le ministre. Suite à une rencontre avortée avec les syndicats fin juillet, le ministre a reporté la remise du rapport Sartorius, destiné à déterminer si la situation actuelle du constructeur automobile justifie l’ampleur des mesures annoncées par le groupe en juillet. Elles comprennent notamment la suppression de 8 000 postes en France et la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois.

Les gaz de schiste et Total dans l’énergie
La rentrée sera marquée par la conférence environnementale les 14 et 15 septembre. Si la ministre de l’Energie et de l’Environnement Delphine Batho est aux manettes, Arnaud Montebourg a prévenu que l’autorisation de l’exploration des gaz de schiste serait une des questions phare de la conférence. Cette  thématique a d’ailleurs refait surface récemment, avec une rencontre entre une association contre l’exploration au fort de Brégançon et le président de la République, François Hollande sur son lieu de villégiature.

Le ministre devra aussi répondre à l’appel des élus de Pyrénées-Atlantiques qui craignent la réflexion en cours au sein du groupe Total sur une éventuelle cession de sa filiale TIGF, gérant de 13% du réseau national de gazoducs surtout dans le Sud Ouest. Une annonce faite fin juillet en comité d’entreprise exceptionnel. TIGF, qui emploie directement plus de 460 salariés dans le grand sud-ouest assure tout le transport énergétique des flux de gaz nord-sud au niveau national.

Doux et Fralib pour l’agroalimentaire
L’agroalimentaire a occupé l’actualité du mois d’août et continue pour le retour de vacances des ministres. Arnaud Montebourg gardera sûrement un œil sur le dossier Doux, dont le pôle frais a été placé en liquidation judiciaire le 1er août. Pour les autres activités la période d’observation a été prolongée jusqu’à la fin novembre. Si Stéphane Le Foll ministre de l’Agriculture et son ministre délégué Guillaume Garrot seront en première ligne dans le dossier, Arnaud Montebourg aura son mot à dire, de nombreuses usines et emplois étant en jeu. Et le ministre s’est d’ailleurs déjà largement impliqué en interpellant Charles Doux sur le site de L’Usine Nouvelle.

Les salariés du site Fralib de Géménos ont passé leurs vacances dans l’usine, car la multinationale Unilever refuse toujours de céder sa marque Elephant à la coopérative reprenant l’usine et de sous-traiter cette activité. Et ce, malgré le rachat du terrain et des bâtiments par la communauté urbaine de Marseille fin juillet.  Ils attendent donc un geste de la part du ministre.

Ces dossiers à suivre
L’été a été marqué par la polémique sur l’attribution du marché du centre d'appels du Stif chargé de l'organisation des transports en Ile-de-France. Une décision qui menace deux centres d'appels en France, à Fontenay-le-Comte en Vendée et à Saint-Avold en Moselle. Le 31 juillet, le ministre a expliqué que le syndicat allait revoir l'attribution du marché de son centre d'appel, remporté à un prestataire implanté au Maroc. En rappelant que "tous les décideurs publics doivent instaurer dans la commande publique des règles favorisant l'emploi sur le territoire national. Si nous nous y mettons tous, nous avons des chances de réussir. C'est donc le sens de nos interventions respectives". Un autre dossier qui pourrait revenir sur le bureau du ministre dès la rentrée.

Avant son départ, le ministre a eu la bonne nouvelle de voir le groupe Neo Security être repris par Fiducial, qui devient par la même leader des prestations de sécurité privée. Mais le ministre a prévenu qu’il allait veiller à ce que le groupe assure la continuité des différents contrats et la reprise des emplois associés dans les prochaines semaines.

La crainte des suppressions de postes
A la rentrée, le groupe Sanofi doit revenir sur son plan de restructuration qui concerne notamment les sites de Toulouse et de Chilly-Mazarin. Selon la CFDT, ce sont entre 1 200 et  2 500 postes qui pourraient être concernés par cette nouvelle réorganisation. Les salariés réclament un gel de cette procédure et une table ronde avec toutes les parties prenantes pour la rentrée.

Le ministre s’était dit préoccupé en juillet par la situation du groupe Alcatel Lucent qui a enregistré une perte d’exploitation au deuxième trimestre et a annoncé la suppression de 5 000 emplois dans le monde dans le cadre d’un programme de restructuration. Son objectif est de réduire ses coûts de 1,25 milliard d’euros. Il a donc prévu de rencontrer en septembre Philippe Camus, président du conseil d’administration du groupe pour lui faire part de ses préoccupations.

Récemment, c’est le groupe Motorola qui a expliqué vouloir sabrer dans ses effectifs notamment en dehors des Etats-Unis. Pour l’heure aucune information n’a filtré, mais deux sites du groupe sont localisés en France. Les salariés sont inquiets et ce dossier pourrait aussi venir s’installer sur la pile d’Arnaud Montebourg.

Dans les technos toujours, la ministre déléguée à l’Economie numérique Fleur Pellerin doit présenter avec Arnaud Montebourg à la rentrée la feuille de route sur le déploiement de l’Internet très haut débit par fibre optique.

Le premier conseil des ministres est prévu pour le 22 août. Avec, qui sait, peut-être encore d'autres dossiers industriels pour Arnaud Montebourg.

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1 commentaire

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20/08/2012 - 17h16 -

Les basses flatteries, quant à l'industrie, des gouvernementaux d'aujourd'hui ne trompent personne, la gauche a besoin de mettre en coupe réglée les audacieux ou inconscients pour mieux les saigner à blanc et payer les cohortes de fonctionnaires à ses bottes. Ce ne sont pas certains patriotes qui conduisaient à l'échafaud les sus-citoyens avec des arguments "rominagrobiséeins" ou "robespierens" ?
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