La rénovation thermique, parent pauvre du plan logement

Le "plan d’urgence" de François Hollande a en partie satisfait les professionnels d’un secteur du bâtiment qui connaît d’importantes difficultés. Pour autant, les ambitions en matière de rénovation semblent réduites...

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La rénovation thermique, parent pauvre du plan logement

C’est peu dire que ce « plan d’urgence » du bâtiment était attendu. En annonçant le premier jour du printemps des mesures de soutien au secteur, François Hollande tentait d’une certaine manière de promettre des jours meilleurs. Car le bâtiment va mal, entraînant dans sa chute une myriade d’artisans, de PME et quelques grands groupes. À tel point qu’en février, excédée, la Fédération française du bâtiment (FFB) lançait l’opération "Trop, c’est trop !". Et de prévenir qu’en 2013, le secteur devrait connaître, au niveau national, un recul d’activité de 3,5% et une perte de 40 000 emplois.

Les 20 mesures du "Plan d’investissement pour le logement" ont donc été plutôt bien accueillies par l’ensemble de la profession. En particulier car 16 d’entre elles concernent la construction neuve. Comment les industriels pourraient-ils ne pas se satisfaire de voir sauter un certain nombre de verrous aux projets de nouveaux bâtiments ? Division des délais de procédure, lutte contre les recours abusifs, moratoire de deux ans sur l’installation de nouvelles normes, taux de TVA réduit à 5% pour les logements sociaux... Une simplification qui va dans le bon sens. Mais une simplification seulement. Loin de faire figure de choc immobilier.

Une nouvelle aide pour les particuliers

Alors que le débat sur la transition énergétique est mené par le gouvernement, la rénovation thermique des bâtiments passe pour le parent pauvre de ce plan d’urgence. Que vise-t-il ? La rénovation de 500 000 logements par an d’ici à 2017. Un objectif ambitieux : la loi de programmation du Grenelle de 2009 fixait comme objectif la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013. Or aujourd’hui, comme le précise le document de l’Elysée, "seuls quelque 120 000 logements privés et 25 000 logements sociaux sont rénovés chaque année". Pour 2014, l’objectif du nouveau plan est fixé à 270 000 logements rénovés. Comment combler le retard ?

Avant tout via la création d’une nouvelle aide de 1350 euros par opération pour les ménages dont les revenus annuels n’excèdent pas 35 000 euros. Elle sera mise en place dès avril prochain pour une durée de deux ans et s’ajoutera aux dispositifs existants (crédit d’impôt développement durable, aides Anah et éco PTZ). Elle pourrait concerner les deux tiers des ménages. Autre mesure : la création d’un guichet unique pour l’été prochain. Il devra conseiller les particuliers dans leurs projets de travaux. Pour autant, sur ce volet de la rénovation, qui comprend seulement 5 mesures du plan, les acteurs du bâtiment semblent plutôt circonspects.

Un manque de moyens

Ce qu’ils attendaient tous : une baisse du niveau de la TVA pour les travaux, actuellement de 7%. "La FFB entend bien poursuivre ses actions en faveur de la TVA à taux réduit pour les travaux d’efficacité énergétique", fait savoir le syndicat dans un communiqué. Même son de cloche du côté de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du Bâtiment), qui rappelle que "la mesure essentielle pour le secteur demeure une TVA réduite à 5% pour la rénovation de tous les logements, qui, malheureusement, n’a pas été intégrée dans la feuille de route gouvernementale".

Corsetées par des engagements nationaux budgétaires serrés, les mesures d’encouragement à la rénovation thermique sont donc limitées. Pour le dire autrement, les ambitions sont là, mais pas les moyens. Le coût de la prime de 1350 euros est évalué à 500 millions d’euros pour l’Etat. Une broutille alors que le cabinet Sia Conseil estime que l’objectif de 500 000 logements rénovés par an d’ici 2017 devrait coûter... 8 milliards d’euros.

Dommage pour les particuliers, qui voient dans les économies d’énergie un moyen d’augmenter leur pouvoir d’achat. Et dommage pour les industriels. Des producteurs de matériaux et dispositifs pour l’isolation aux spécialistes des équipements pour l’efficacité énergétique, en passant par les installateurs, c’est toute une filière qui aurait profité d’une manne bienvenue en ces temps de disette.

Olivier James

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