La rénovation de la gare de Bordeaux à l'arrêt à cause d'un taux de plomb trop élevé

Depuis mardi 24 mai, la SNCF a été contrainte de stopper le chantier de modernisation de la verrière de la gare Saint-Jean à Bordeaux. La teneur en plomb sur le site est supérieur aux normes autorisées et dangereuse pour les ouvriers.

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La rénovation de la gare de Bordeaux à l'arrêt à cause d'un taux de plomb trop élevé

Sur injonction de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) Aquitaine, la SNCF a demandé à l'entreprise de peinture Lassarat de stopper les travaux de réhabilitation de la verrière de 27 500 m² de la gare Saint-Jean à Bordeaux, située à 16 mètres de hauteur. Les relevés réguliers, réalisés par l'Institut technique des gaz et de l'air, font état d'un taux de particules de plomb dans l'air 700 fois supérieur à la norme autorisée.

La verrière a été construite en 1891. Le décapage de cette structure métallique mobilise 160 ouvriers. Ces travaux s'inscrivent dans le réaménagement de la gare avant l'ouverture de de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, qui placera l'an prochain la capitale aquitaine à deux heures de Paris.

Le chantier a débuté en septembre 2014. En février dernier, la Direccte Aquitaine avait déjà attaqué en justice l'entreprise Lassarat Peintures pour la surexposition de ses salariés aux poussières de plomb. Les magistrats avaient alors estimé que le seuil limite d'exposition n'avait pas été atteint.

Pour tenter de résoudre cette pollution au plomb, l'entreprise Lassarat a adapté ses techniques et est passée du décapage par sablage au décapage chimique avec extraction et recyclage de l'air, traitement des particules... Ce qui engendre aussi un surcoût du chantier, non dévoilé à ce jour.

Les travaux ne sont pas remis en cause

De son côté, SNCF Réseau assure que la faisabilité des travaux n'est pas remise en cause. Mais, le chantier ne pourra pas reprendre tant que de nouvelles expertises n'auront pas déterminé pourquoi ce taux en plomb est toujours aussi élevé. Autre condition, il faudra trouver une meilleure étanchéité et un meilleur confinement des ateliers de décapage. La SNCF s'engage à assurer le suivi médical des ouvriers. Ce chantier de rénovation devait s'achever au printemps 2017. En outre, elle précise qu'aucun souci n'a été constaté au niveau du quai des voyageurs.

La mise en service de la LGV Tours-Bordeaux est prévue le 2 juillet 2017. La SNCF estime que cela ne reportera pas l'arrivée de la ligne à grande vitesse.

Nicolas César

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