La renaissance de Fiat, un constructeur qui prend un nouveau départ

La scission de l’empire Fiat, entérinée par les actionnaires du premier groupe industriel italien privé le 16 septembre 2010, devrait permettre aux marques automobiles de Fiat de mieux se redéployer à l’international. La Chine et la Russie sont ses nouveaux points d’ancrage, alors que le Brésil est devenu le premier marché de l’Italien.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

La renaissance de Fiat, un constructeur qui prend un nouveau départ

C’est un nouveau départ qu’a pris Fiat le jeudi 16 septembre. Ou, plus exactement, deux nouveaux départs : en effet, l’empire industriel sous la coupe des Agnelli, qui détiennent un tiers du capital, vient d’être scindé. Ainsi en ont voulu les actionnaires, invités à entériner un plan de redéploiement du groupe piloté par John Elkann, le petit fils de l’ Avvocato Gianni, patron historique du groupe.

D’ici quelques mois, deux groupes distincts mèneront chacun leur barque. D’une part, Fiat Industrial, un agrégat de plusieurs activités telles que la fabrication de camions et de bus (sous la marque Iveco), la conception de machines agricoles et la production de moteurs pour les bateaux. D’autre part, Fiat tout court, dédié exclusivement - ou presque - à la voiture. Toutes les marques automobiles du groupe (Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Ferrari et Maserati) cohabiteront au sein de cette entité, avec la compagnie de quelques équipementiers. De surcroît, Fiat prendra sous son aile les participations des Agnelli dans plusieurs organes de presse, dont la fameuse Stampa.

Actuel directeur général de l’empire Fiat, et appelé à prendre la tête de Fiat Industrial, le polémique Sergio Marchionne a déclaré, à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire orchestrée au siège du groupe à Turin, que «le redressement de Fiat est achevé et la branche automobile n’a plus besoin de béquilles.» Dans le milieu automobile, Fiat fait figure de phœnix. Passé à côté de la mort et ressuscité à plusieurs reprises. Ce constructeur dont certains oracles prédisaient la fin reprend peu à peu des couleurs sur le plan financier. Au second trimestre 2010, il avait dégagé des bénéfices de 113 millions d’euros, après avoir dérapé en 2009, quand il avait perdu 170 millions d’euros.

Initialement, 20 % du capital de Chrysler


Le groupe Fiat a même fait preuve d’une audace peu commune en prenant, dans le courant 2009, un cinquième du capital de l’Américain Chrysler, alors en faillite. Dorénavant, délestée de toutes les autres activités n’ayant rien à voir avec la voiture individuelle, la nouvelle Fiat devrait avoir les coudées plus franches pour accroître sa participation dans Chrysler, qui pourrait devenir une filiale.

Grâce à cette alliance stratégique, Fiat espère franchir la barre des six millions de véhicules assemblés en 2014, contre quatre millions actuellement.

LE BRésil, son premier marché

Un spécialiste franco-italien de l’automobile résidant à Milan a fait part à l’ Usine Nouvelle de son appréciation de la situation :
«Il n’est pas vrai, comme on peut le lire assez souvent dans des journaux, que Fiat souffre d’un manque de développement trop important à l’international. Le constructeur italien a misé très tôt sur l’Amérique latine, en particulier le Brésil devenu son premier marché.» (Dans le pays de la samba, près de 750.000 unités commercialisées en 2009.) «Fiat a pris pied en Russie et s’est même efforcé de combler un vide en Asie.»

Effectivement, Fiat a annoncé en février 2010 la naissance d’une coentreprise en Russie, son partenaire étant Sollers. Objectif : assembler jusqu’à 500.000 unités par an, en réalité neuf modèles portant aussi bien le logo Chrysler que Fiat. L’usine sera même le plus grand complexe industriel automobile de la Fédération russe.

En juillet 2009, c’est en Chine que Fiat avait fait son entrée en scène. Il avait annoncé la création d’une joint-venture destinée à produire des voitures tout comme des moteurs dès 2011.

RENOUVELLEMENT DE LA GAMME DE MODELES

«Fiat a redoré son blason, estime le spécialiste franco-italien consulté par notre média.
Son centre de recherches à Milan fait partie des étapes incontournables pendant le séjour qu'effectuent en Italie les industriels désireux de mieux connaître ce pays. De surcroît, le constructeur italien a su renouveler et diversifier sa gamme de modèles, n’ayant rien à envier à la concurrence en matière de modernité, puisqu’il a même investi dans le segment hybride et électrique.» Fiat prévoit de lancer une trentaine de modèles ces prochaines années.

Enfin, Fiat reste le leader incontesté sur son marché naturel, la botte italienne, même si sa part de marché y accuse un recul: 31 % des voitures immatriculées de janvier à août 2010, soit moins 10 % par rapport à la même période en 2009. Dans l'ensemble des pays de la Zone Europe, le constructeur italien avait une part de 8,2 % pendant le premier semestre 2010, contre 9,2 % au premier semestre de l'année antérieure.
Raisons pour lesquelles une accélération de son développement à l'étranger s'avère plus urgente que jamais...

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS