La région dresse un bilan à charge contre la fermeture des voies sur berge parisiennes

Le dernier rapport du comité régional d’évaluation de la fermeture des voies sur berge à Paris, remis jeudi 19 janvier, à Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Île-de-France, dresse un nouveau bilan négatif de la fermeture des voies sur berge à Paris.

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La région dresse un bilan à charge contre la fermeture des voies sur berge parisiennes

Installé le 12 septembre 2016, le comité régional d’évaluation de la fermeture des voies sur berge à Paris dresse un nouveau réquisitoire contre cette décision dans son troisième rapport d’étape remis jeudi midi à Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Île-de-France.

Effective depuis début septembre 2016, cette fermeture décidée par la Ville de Paris est contestée par l’exécutif du conseil régional d’Île-de-France qui a décidé d’installer son propre comité d’experts pour en mesurer les impacts.

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Ce rapport dénonce une "détérioration de la qualité de l’air durant les quatre derniers mois de 2016". Un résultat en contradiction avec l’ambition de réduire la pollution dans le cœur de la capitale constituant une des justifications du projet mise en œuvre par la mairie de Paris.

"Il y a plus d'embouteillages en novembre 2016. Par rapport à 2015, les émissions induites depuis la fermeture par le ralentissement des voitures ont augmenté de 53 % pour le NOx et + 49 % pour les particules sur les quais hauts, et + 18 % pour le NOx et de + 15 % pour les particules sur le boulevard Saint-Germain", constate le comité.

Ralentissement du trafic

Pour autant, dans son bulletin de décembre sur la qualité de l’air le long du trafic à Paris et en petite couronne, Airparif, l’association francilienne de surveillance de la qualité de l’air, estime que les niveaux mensuels de pollution constatés en décembre "ne montrent aucune tendance claire imputable à la seule fermeture des voies sur berge". Ces niveaux tiennent compte des effets imbriqués des émissions de polluants et des conditions météorologiques, précise Airparif qui a lancé une étude spécifique encore en cours sur l’impact de la fermeture.

Le comité d’évaluation constate également un rallongement des temps de trajets "selon les données de la préfecture de police, entre novembre 2015 et novembre 2016, les temps de parcours se sont allongés de + 25 % le matin et + 92 % le soir sur les quais hauts, de + 31 % le matin et + 87 % le soir sur le boulevard Saint-Germain", détaille le rapport.

Dans un communiqué diffusé mardi, la mairie de Paris fait une analyse proche. "Pour les trajets centraux de Concorde au pont de Sully - que ce soit par la rive droite ou le boulevard Saint-Germain - les temps de parcours en décembre 2016 ont augmenté de 2 à 3 minutes en heure de pointe du matin, et de 4 à 6 mn en heure de pointe du soir, par rapport à décembre 2015", relève la ville de Paris. Mais, avance cette dernière, "ces résultats sont inférieurs a minima de 2 à 3 mn par rapport à l’étude d’impact. La situation est donc encourageante et cohérente avec les prévisions de l’étude d’impact".

En quête de scénarios alternatifs

La ville révèle par ailleurs que la réduction du trafic sur les axes de report, constatée depuis octobre, se confirme en décembre 2016.

Ce trafic détourné des voies sur berges ne s’évaporerait pas et s’écoulerait parfois assez loin de ces dernières note le comité qui "constate une diffusion des problèmes de circulation sur une aire nettement plus large que le cœur de Paris".

"Ce rapport, confirme la nécessité d'élargir l'étude d'impact de la mairie de Paris à une aire d'analyse bien plus vaste que le périmètre très restreint proposé, au-delà de Paris et de son périphérique", estime le conseil régional. Sa présidente a, par ailleurs, demandé une étude de scénarios alternatifs d'aménagement et de piétonisation plus doux, plus progressifs et plus équilibrés des voies sur berge respectant les principes suivants : moins de circulation, moins d'embouteillages, plus de place pour les piétons, les vélos et les transports en commun.

Patrick Désavie, en Île-de-France

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