La refonte du système ferroviaire, "une réforme de progrès et de gauche", revendique Frédéric Cuvillier

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a présenté vendredi 11 octobre au matin la réforme du système ferroviaire à la presse.

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La refonte du système ferroviaire,

Malgré le plafond bas et gris de cette matinée automnale, on aperçoit au bout de la rue du Cheval blanc les grilles du Technicentre Est-Européen de la SNCF à Pantin (Seine-Saint-Denis), dédié à la maintenance des trains. A l’intérieur, une délégation syndicale attend l’arrivée du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. Il la reçoit de longues minutes et tente de rassurer ses membres sur l’ouverture du marché ferroviaire et sur le volet social. Escorté par une cohorte de journalistes, Frédéric Cuvillier effectue, ensuite, le tour du centre technique en discutant avec quelques techniciens et ouvriers.

Le moment tant attendu arrive enfin quand le ministre rejoint le pupitre avec en arrière-fond les rames de Corail et de TGV en attente de révision. Frédéric Cuvillier confirme que le projet de loi sur la réforme du système ferroviaire sera présenté au prochain Conseil des ministres avec une première lecture à l’Assemblée en début d’année. Du coup, il n’est pas certain qu’elle soit adoptée avant la fin du premier semestre, comme prévu jusqu’ici. En aparté, un conseiller du ministère reconnait que "l’essentiel n’est pas d’aller vite", mais que la réforme soit adoptée et acceptée. Pour Frédéric Cuvillier, "la réforme signe le retour d’un Etat stratège".

Du Jaurès dans le ton

"Je veux la mener au bénéfice de tous. [...] La Nation doit se réapproprier ce qui est un enjeu d’aménagement du territoire et un enjeu industriel. Il faut moderniser et finaliser le renforcement du service public ferroviaire", s’enflamme Frédéric Cuvillier. Le projet de loi a été validé par le Conseil d’Etat. "C’est une réforme politique dans le sens où la Nation doit s’emparer de cet enjeu. Ce sera une réforme de progrès, de gauche", continue le ministre sur un ton jaurésien. La nouvelle organisation est confirmée avec un Etablissement public à caractère industriel et commercial (Epic) à sa tête. Le président de son conseil de surveillance sera choisi par l’Etat. Ce conseil de surveillance comprendra les représentants de l’Etat (majoritaires), des parlementaires, des représentants des salariés et des régions. Le directoire sera constitué des deux présidents des Epic filles : SNCF Réseau et SNCF Mobilités. Cette nouvelle organisation intégrée nécessitera "un régulateur fort", affirme le ministre en réponse aux inquiétudes des nouveaux et futurs entrants. D’ailleurs, "ce n’est pas au seul groupe SNCF que revient le rôle de définir la stratégie du ferroviaire. C’est à la nation de s’en emparer".

Le problème de la dette partiellement résolu

Frédéric Cuvillier rappelle que l’endettement annuel progresse de 1,5 milliard d’euros par an et même de 3 milliards si l’on compte les quatre chantiers de LGV en cours. "Nous souhaitons limiter le fardeau de la dette et cesser de financer à crédit les travaux. Nous arrêterons cette politique de Gribouille qui laisse porter au gestionnaire d’infrastructures le financement des grands travaux. La loi va prévoir que l’Etat participe à cet effort" en renonçant aux dividendes versés par la SNCF. La nouvelle SNCF doit aussi économiser 1 milliard d’euros par des gains de productivité. Le tout doit permettre d’équilibrer les comptes. Mais quid des 40 milliards d’euros de dettes accumulées ? Le discours est plus flou sur le volet social : "Nous allons maintenir le statut des cheminots, mais unifier les statuts pour tous les opérateurs." Quand on évoque l’opposition des opérateurs privés, le ministre reconnaît qu’il s’agira "d’un socle commun qui sera défini après un accord de branche". Et pas question d’anticiper une ouverture du marché français avant 2019. A écouter Frédéric Cuvillier, qui qualifie la SNCF "d’acteur majeur du ferroviaire en Europe et dans le monde", l’opérateur historique n’aurait pourtant rien à craindre.

Olivier Cognasse

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