Economie

"La réduction de la liste des métiers ouverts aux étrangers ne gêne pas le bâtiment"

Cécile Maillard

Publié le

Entretien La liste des métiers ouverts aux étrangers non européens vient d’être réduite. Certaines spécialités du BTP ne peuvent plus leur être proposées. La réaction de Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment.

La réduction de la liste des métiers ouverts aux étrangers ne gêne pas le bâtiment © DR

L'Usine Nouvelle - Conducteur de travaux et chef de chantier du BTP ne figurent plus sur la liste des professions ouvertes aux immigrés non européens. Est-ce un problème pour les entreprises que vous représentez ?

Didier Ridoret - La réduction de la liste des métiers ne nous gêne pas. Notre outil de production reste surdimensionné pour le marché actuel. La demande n’est pas suffisamment forte pour envisager des augmentations d’effectifs, même si nous prévoyons 10 à 15.000 embauches cette année. En cas de reprise, il sera toujours temps de faire preuve de réactivité et de changer ce texte.
A l’avenir, nos outils de formation et le niveau élevé du chômage nous permettent de répondre à nos besoins. De nombreux jeunes sortent sans qualification du système scolaire, à nous de les former pour qu’ils puissent répondre à nos métiers en tension, conducteurs de travaux et chefs de chantier. Pour ces postes qualifiés, nous ne trouvons pas forcément le personnel qu’il nous faut parmi les immigrés hors Union européenne. Autant puiser dans les effectifs présents sur notre territoire, des gens qui parlent notre langue et ont été formés spécifiquement pour ces postes.

Cette liste est-elle vraiment primordiale pour vous, ou avez-vous d’autres moyens de trouver la main d’œuvre dont vous avez besoin ?

Il est vrai que nous pouvons embaucher tous les ressortissants de l’Union européenne, et la France a des accords particuliers avec des pays comme la Tunisie ou le Sénégal, qui ne sont pas concernés par cette liste. On ne peut pas accuser le BTP d’être un milieu xénophobe, nos métiers ont toujours été accueillants pour les étrangers.

La formation peut répondre aux besoins des entreprises du BTP, encore faut-il que les jeunes et les chômeurs se tournent vers vos métiers, qui ont la réputation d’être pénibles. Comment les rendre plus attractifs ?

Nos métiers sont modernes, l’ascenseur social y fonctionne, ce qui est important pour des jeunes qui ont de l’ambition. Plusieurs enquêtes montrent que les salariés du BTP sont plus heureux que ceux d’autres, et le taux d’absentéisme y est extrêmement faible. Ce sont des métiers certes physiques, mais certains salariés apprécient d’avoir cette activité, de travailler dehors. En plus, nous faisons beaucoup d’efforts pour introduire de la mécanisation pour porter et élever les charges, pour réduire leur poids. Nos métiers changent, nous devons le faire savoir.

 

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