L'Usine Agro

La récolte viticole reculerait légèrement en 2015

Franck Stassi , ,

Publié le

La récolte viticole baisserait de 1% à 2% entre les campagnes 2014 et 2015, mais pour une qualité prometteuse. Outre son effet négatif sur les volumes, le fort épisode de chaleur de cet été a favorisé la précocité des vendanges.

La récolte viticole 2015 devrait s’élever à 46,4 millions d’hectolitres (Mhl), en baisse de 1% sur un an, a annoncé lundi 24 août le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agroalimentaire, de l’agriculture et de la forêt. Cette estimation, réalisée à partir de chiffres arrêtés mi-août, reste susceptible d’évoluer selon les événements pouvant survenir entre temps, indique le ministère.

Lègèrement en retrait par rapport aux chiffres du ministère, le président du Conseil spécialisé Vins de France AgriMer a pour sa part avancé le chiffre de 46 Mhl récoltés. Jérôme Despey, également secrétaire général adjoint de la FNSEA et viticulteur dans l’Hérault, explique que "ce petit décalage statistique provient du fait que la façade Est a été plus marquée que prévu par l’épisode de chaleur de cet été", tout en rappelant que cet écart entre les prévisions officielles et celles réalisées par les organisations professionnelles a pu, lors de précédentes campagnes, s’avérer plus important. Ce chiffre est en baisse par rapport à l’an dernier (47 Mhl), mais se rapproche de la moyenne quinquennale de 45,6 Mhl, plombée par de petites récoltes en 2012 et en 2013.

Une qualité prometteuse

"La récolte sera inférieure à celle de 2014, mais avec une qualité prometteuse au moment où je vous parle. Nous avons bénéficié d’un printemps sans aléa climatique majeur, au moment de la fleur", a également tempéré Jérôme Despey. L’été très sec a aussi permis de contenir les maladies, dont le mildiou.

Des phénomènes d’échaudage ont toutefois été observés en Bourgogne et dans le Beaujolais où, d’après les derniers chiffres compilés par les organismes professionnels, la récolte reculerait de 20% à 25% sur un an, contre une baisse de 11% d’après les statistiques ministérielles. "Ce sont des endroits particulièrement sensibles", a précisé Jérôme Despey, rappelant que la vigne "résiste bien à la chaleur, mais n’aime pas les excès". Ces derniers "nous amènent sur un millésime qui fait partie des plus précoces, avec dix jours d’avance sur la normale", a-t-il complété.

Les fortes intempéries survenues dimanche 23 août dans l’Hérault, département dans lequel Jérôme Despey possède une exploitation, mettent par ailleurs en exergue la nécessité d’attendre la fin de la récolte pour se prononcer définitivement sur la tendance de cette année : "autour de Montpellier, on a constaté de 150 à 180 mm de précipitations en l’espace de quelques heures, provoquant des éboulements et des ravinements. En principe, de tels épisodes surviennent après la fin des vendanges". Il convient donc de rester prudent, souligne le viticulteur : "on dit que le vin se fait une fois la récolte terminée !"

Franck Stassi

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