L'Usine Agro

La récolte française de pommes et de poires en légère baisse

Franck Stassi ,

Publié le

La récolte de pommes et de poires recule respectivement de 10% et de 11%. Certaines variétés , comme les Gala et les Williams, sont davantage affectées. Le marché devrait néanmoins rester correctement approvisionné.

La récolte française de pommes et de poires en légère baisse © ANPP

Au terme de la campagne 2016, la récolte française de pommes recule de 10% sur un an, à 1,5 million de tonnes. Les poires accusent un recul de 11%, à 138 000 tonnes. "La récolte 2016 a été plutôt tardive (pommes et poires), avec dix à quinze jours de retard. Des conditions climatiques difficiles, notamment au printemps, ont occasionné une floraison tardive. Les intempéries ont été suivies, à l’été, par la sécheresse", souligne Vincent Guérin, responsable des affaires économiques de l’Association nationale pommes-poires.

Au rayon pommes, la Belle de Boskoop, la Fuji et la Granny sont annoncées comme "plus déficitaires que la moyenne". Les volumes des célèbres variétés Golden et Gala ont respectivement perdu 7% et 15%. Avec une récolte en baisse de 5%, la Pink Lady limite la casse, le déficit de rendement étant en partie occulté par une hausse des surfaces cultivées. Elle est habituellement récoltée jusqu’au début du mois de décembre. Les poires d’été (Guyot et Williams) sont elles aussi déficitaires, tandis que la récolte des poires d’automne et d’hiver s'est bien déroulée.

Des calibres en baisse, mais un bon taux de sucre

"Les mauvaises conditions climatiques affectent les calibres, légèrement inférieurs à la moyenne. C’est en partie une difficulté commerciale, puisque tous les marchés ne sont pas consommateurs de petits calibres. En revanche, l’ensoleillement a favorisé les taux de sucre. Les compotiers seront sans doute satisfaits. Malgré la baisse de récolte, on arrivera à satisfaire les besoins des industriels, la baisse des volumes n’étant pas catastrophique", précise Vincent Guérin. Chaque année, de 15 à 20% des pommes récoltées sont orientées vers les industries de transformation, selon leur qualité, qui leur permet – ou non – d’être commercialisées en frais. La baisse des calibres pèse quant à elle sur les prix.

Malgré cette baisse de disponibilités, le marché français restera approvisionné "de manière satisfaisante". "On est plutôt en avance en termes de commercialisation sur le marché français. La consommation des ménages a démarré un peu lentement en poires d’été, mais est tout à fait normale aujourd’hui", explique le responsable.


L'international, enjeu-clef de la filière pommes

Une pomme sur deux produite en France part à l’exportation. L’embargo russe, la mise en place de licences d’importation par l’Algérie ("qui ralentissent les flux") et les impacts éventuels du Brexit sont surveillés de près par la filière. "La dévaluation de la livre renchérit le coût des pommes françaises pour le consommateur anglais", rappelle Vincent Guérin. Les exportations sont toutefois en hausse en direction du Moyen-Orient, de l’Asie et des Amériques. "La demande mondiale de pommes est en croissance moyenne, en valeur, de 5% tous les ans. C’est dû notamment à l’émergence d’une classe moyenne qui aspire à consommer à l’occidentale, et donc qui se met à consommer des pommes. On a encore du potentiel de développement important", précise le responsable des affaires économiques de l’Association nationale pommes-poires.

 

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