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L'Usine Agro

La recette de 19 industriels de l'agro pour réduire de 15% leur gaspillage alimentaire

Adeline Haverland , , , ,

Publié le

19 entreprises du secteur de l'agroalimentaire ont participé à l'opération "moins de pertes et gaspillages alimentaires pour plus de performance" menée par l'Ademe. Résultats : en moyenne, cette opération leur a permis de réduire de 15% leurs parte de matière première soit un gain de plus d'un million d'euros.

La recette de 19 industriels de l'agro pour réduire de 15% leur gaspillage alimentaire
Usine de production agroalimentaire
© British Columbia Department

Pourquoi éplucher les carottes avant de les mettre dans la soupe, alors que quand elles représentent moins de 20% des ingrédients, les épluchures n'altèrent pas le goût ? En répondant à cette question simple et en substituant l'épluchage par l'abrasion, la PME Soup'Idéale a gagné plus de 33 000 euros en un an. "Cela représente une diminution des pertes alimentaires de 154 tonnes par an", précise Philippe Ferellec, directeur général de la société.

Pas d'antinomie entre transition écologique et performances économiques

L'entreprise, basée à Feuchy dans le Pas de Calais est l'une des 19 participantes du programme "Moins de pertes et gaspillages alimentaire pour plus de performances" initié par l'Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Lancée il y a un an, l'opération a pour but de "montrer aux PME qu'il n'y a pas d'antinomie entre transition écologique et performances économiques", explique Arnaud Leroy, président de l'Ademe. Car l'enjeu est de taille. Selon l'agence de l'environnement, un tiers des aliments produits pour la consommation humaine à l'échelle mondiale est gaspillé. "En France, ce sont 10 millions de tonnes par an, soit 16 milliards d'euros qui sont perdus" précise Pierre Galio, chef du service Consommation et Prévention de l'Ademe. Sur les 19 sites industriels participant au programme, les pertes initiales représentaient l'équivalent de 9,4% de la production totale, soit environ 4,4% de leur chiffre d'affaire. 

Une opération en plusieurs étapes

Pour lutter contre ce gaspillage, l'agence de l'environnement commence par mener un audit dans les sites participants. Analyse des matières premières, des lignes de production ou de l'emballage, toutes les étapes sont passées au peigne fin pour identifier les principales sources de pertes. Cet audit permet d'établir un plan d'actions sur mesure dont l'objectif est à la fois de réduire le gaspillage alimentaire mais également de réaliser des économies financières.

Ainsi, en plus de supprimer l'épluchage des légumes, Soup'Idéale s'est vu suggérer de modifier sa politique d'achat afin de limiter les stocks de matières premières dites obsolètes et de lutter contre les pertes de stérilisation. Chez Jacquet, autre participant du programme, c'est sur la taille des talons exclus lors du tranchage des pains que les efforts se sont concentrés. Si certaines des recommandations nécessitent des investissements, d'autres au contraire relèvent plus de l'organisation de la chaîne de production. "Nous voulions également prouver que la lutte contre le gaspillage alimentaire passe avant tout par une réflexion sur les process", explique Pierre Galio. 

Une fois les actions définies, l'entreprise a 9 mois pour les mettre en place avant que l'Ademe ne réalise une évaluation finale économique et environnementale. 

Un gain d'1,3 million d'euros

Et sur les 19 premières entreprises à avoir participé au programme, les résultats sont encourageants : l'Ademe observe une diminution de 15% des pertes, soit un gain de 1,3 million d'euros pour l'ensemble des entreprises participantes. Rien que chez Soup'idéale, Philippe Ferellec chiffre les économies réalisées grâce à l'opération à plus de 150 000 euros. Du côté de Jacquet, on chiffre à 30 000 euros les gains de l'opération. Des chiffres qui vont peut être convaincre d'autres industriels de rejoindre le projet. "Nous avons du mal à recruter les entreprises. L'an passé, pour 20 places ouvertes, nous n'avons eu que 25 candidatures. Nous espérons que les bons résultats des premiers participants créeront une dynamique" conclut Pierre Galio.

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1 commentaire

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13/03/2019 - 06h31 -

Etonnant qu'il ne soit pas davantage question de process également. Effectivement les bonnes pratiques permettent d'avoir des effets à court terme, mais quid d'une réfléxion de fond sur le process existant, les outils et les moyens mis en oeuvre ? Il est beaucoup d'entreprises qui permettent d'avoir des ROI non négligeables même à court terme.
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