La récession est sur toutes les lèvres

Depuis jeudi, jour de l'annonce d'un recul de 0,3% du PIB au deuxième trimestre 2008, les deux « r » redoutés de la récession et de la rigueur planent. François Fillon réunit ce lundi en urgence plusieurs ministres pour se pencher sur la situation économi

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La récession est sur toutes les lèvres
C'est le premier cas de croissance "négative" depuis la fin 2002. De quoi provoquer un retour de vacances précipité du gouvernement. A la demande du premier ministre, Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget) et les secrétaires d'Etat Luc Chatel (Consommation), Laurent Wauquiez (Emploi), Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur) et Hervé Novelli (PME) sont conviés cet après-midi à Matignon pour "analyser les causes" de la dégradation de la conjoncture internationale, et "identifier les réponses qui devront y être apportées".

Coup de frein. Après une croissance de 0,4% au premier trimestre, l'économie française a subi un sérieux coup de frein entre avril et juin, sous l'effet du pétrole cher, de l'euro fort et d'un ralentissement général de l'activité en Europe et aux Etats-Unis. Le constat de l'INSEE est formel : 45 000 postes ont été détruits au deuxième trimestre et le PIB a chuté de 0,3%. Christine Lagarde a reconnu que les derniers chiffres étaient mauvais et prévenu que le troisième trimestre ne serait "pas bon", alors que les facteurs qui ont pesé sur la croissance au deuxième trimestre continuent de ralentir l'activité. La consommation des ménages stagne, l'investissement recule et le commerce extérieur se dégrade toujours plus.

L'indicateur du climat des affaires dans l'industrie, publié conjointement par la Banque de France, s'est établi en juillet à 92 points, contre 95 en juin. Le taux d'utilisation des capacités de production a légèrement fléchi et continue de s'établir à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période, et les prévisions des chefs d'entreprise font état d'une baisse de l'activité pour les prochains mois.

Récession ? Techniquement, on définit généralement une récession par deux trimestres consécutifs de recul du PIB : le gouvernement se garde donc bien d'employer précocement ce vocable. Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a ainsi réfuté sur la radio BFM ce matin le terme de "récession". « Nous n'en sommes pas là, même si vous le savez, la situation n'est pas facile au niveau international », a-t-il commenté. Le secrétaire d'Etat à la Consommation a également exclu un plan de rigueur : "Pourquoi pas de rigueur? Parce que la rigueur, ce serait asphyxier l'économie au moment où elle n'en a pas franchement besoin."

Difficile dans ce contexte de concilier le déni de plan de rigueur, les mauvais chiffres de la croissance avec l'idée d'un retour à l'équilibre des finances publiques en 2012."Eric Woerth va faire un point sur la situation des finances publiques, sur les tendances qui sont les nôtres, et sur la préparation du budget 2009", a souligné Luc Chatel, précisant que l'objectif d'équilibrer les finances publiques en 2012 était maintenu. La réduction du déficit budgétaire n'est pas "une option", mais une contrainte "qui nous est imposée par nos engagements européens", a-t-il ajouté.

Zone euro. Pour le reste de la zone euro, la conjoncture est tout aussi morose : le PIB de la zone dans son ensemble a également reculé au deuxième trimestre (-0,2%), Allemagne en tête. Les chiffres du commerce extérieur de la zone, publiés à 11 heures ce lundi 18 août par Eurostat, confirment la donne. La hausse des importations d'énergie et le ralentissement des échanges avec les États-Unis se sont conjugués pour déboucher sur un déficit commercial de 0,1 milliard d'euros en juin. C'est plus mauvais que prévu selon les analystes, qui tablaient en moyenne sur un excédent commercial de 1,1 milliard d'euros en juin, selon Dow Jones Newswires. Sur les six premiers mois de l'année 2008, le commerce extérieur de la zone euro affiche ainsi un déficit de 12,6 milliards d'euros, contre un excédent de 8,7 milliards sur la même période de 2007.

M. Fillon a évoqué la situation économique européenne jeudi avec son homologue luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, au cours d'un entretien téléphonique. Interrogé sur une éventuelle initiative européenne, alors que toute la zone euro est touchée par le ralentissement économique, Luc Chatel a indiqué que "le Premier ministre souhaite évoquer cet après-midi ces questions". Reconnaissant dans une interview aux Echos, que l'objectif de la réunion n'était pas d'aboutir immédiatement à un "plan d'annonces", il a indiqué qu'il ferait "dans les prochaines semaines" des propositions concernant "les crédits aux particuliers". Ce sont en effet avant tout les particuliers, frappés par la crise immobilière et le reserrement du crédit, qui ont freiné leurs investissements.

A.L.

Lire aussi :
PIB : la France s'enfonce dans le rouge au deuxième trimestre, le 14/08/2008


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