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L'Usine Agro

Le biocontrôle entend bénéficier du plan anti-pesticides du gouvernement

Gaëlle Fleitour ,

Publié le , mis à jour le 02/05/2018 À 13H10

Avec le plan anti-pesticides annoncé fin avril par le gouvernement, le secteur du biocontrôle espère voir ses parts de marchés passer de 5 à 15% d'ici à 2025.  Mécanismes naturels de résistance des végétaux, techniques d’ingénierie du génome…  les entreprises françaises comptent sur de nouvelles technologies pour remplacer les produits phytosanitaires,

Le biocontrôle entend bénéficier du plan anti-pesticides du gouvernement
Piège à insectes par la diffusion de phéromones, mis au point par M2i.

M2i s’est vu décerner le prestigieux prix Pierre Potier, qui récompense les innovations en chimie en faveur du développement durable, le 8 décembre dernier, à la Maison de la chimie, à Paris. Cette PME française n’a pourtant rien d’un chimiste traditionnel. C’est une championne du biocontrôle, ces solutions utilisant des mécanismes naturels pour protéger les végétaux : insectes (avec les phéromones, prisées dans les vergers), micro-organismes (bactéries, champignons), macro-organismes (coccinelles, acariens…) et substances naturelles comme le cuivre. 

Pour remplacer les insecticides dans les vignes, M2i a synthétisé la phéromone du ver de la grappe. Et espère bien traiter 20 % des vignobles avec cette solution dès 2020. Cette entreprise (110 salariés) est devenue en trois ans le leader européen des phéromones. Pour accompagner sa croissance annuelle de 30 %, elle vient d’ouvrir son capital au fonds Idinvest. "Les phéromones peuvent couvrir 90 % du spectre des insectes ravageurs qui touchent les cultures maraîchères et céréalières françaises, assure Johann Fournil, le directeur du développement de M2i. Malheureusement, toutes les solutions ne sont pas encore homologuées, à cause de délais d’instruction de plusieurs années."

Aujourd'hui, le biocontrôle représente à peine 5% du marché français de la protection des plantes, moitié moins qu'en Allemagne. Le gouvernement précédent avait pourtant publié un décret simplifiant leur autorisation. Mais avec seulement 400 produits reconnus (et une centaine en R & D), ciblant principalement les champignons et les insectes, et peu destinés aux grandes cultures, le marché du biocontrôle ne représentait encore, en 2016, que 110 millions d’euros en France pour une cinquantaine d’entreprises… Avec le plan "anti-pesticides", annoncé par le Nicolas Hulot le 25 avril, l'association française de produits de biocontrôle, qui regroupe une trentaines d'entreprises du secteur, espère profiter du soutien des pouvoirs publics et voir son poids tripler. "Notre ambition est d’atteindre d’ici à 2025 le cap des 15 %", insiste Antoine Meyer, le président de l’association française des entreprises de produits de biocontrôle, IBMA France.

Biocontrôle contre OGM

Proposer des solutions issues du vivant en qualité et en quantité suffisantes, compatibles avec le matériel agricole et au même prix que les pesticides n’est pas si simple. Chez M2i, on imagine des gels, des solutions pulvérisables, des granulés biodégradables… Un consortium du biocontrôle réunissant tous les acteurs publics et privés a été constitué par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) pour faire de la France un pays pilote.

Et si, pour se passer des pesticides, il fallait revenir… aux OGM ? C’est la théorie défendue par l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), constituée d’une centaine de scientifiques venant de la recherche publique et privée. "Cela nécessite des plantes capables de tenir face aux maladies et aux prédateurs, de s’adapter au stress abiotique, rappelle Alain Deshayes, le président de l’AFBV. L’amélioration des plantes ne doit négliger aucune technologie, actuelle ou en devenir." Et de citer l’exemple du maïs Bt de Monsanto, suspendu en France, qui résiste aux principaux insectes nuisibles et, par effet indirect, aux champignons.

Les industriels de l’agrochimie et des semences, eux, n’entendent pas ranimer un débat sur les OGM qu’ils jugent enlisé en Europe. Mais ils s’intéressent de près aux nouvelles techniques de modification ciblée du génome (new plant breeding techniques, NPBT) capables d’activer, de modifier et de répliquer des gènes, comme la mutagénèse ou CrispR-Cas 9… Les autorités européennes diront prochainement si les NPBT doivent être réglementées comme les OGM. L’industrie assure qu’elles permettraient de limiter les intrants (engrais, pesticides…), en donnant naissance à une plante beaucoup plus rapidement que par croisement conventionnel. 

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