Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La production industrielle de fil d'araignée touche à son but

Publié le

Animaux, plantes, cellules, tous les systèmes de production ont été testés pour arriver à produire des fils d'araignée à grande échelle. Les premiers succès se profilent.

Extensible, six fois plus résistant que l'acier ou le nylon, résis-tant à l'eau mais aussi absorbant que la laine... Le fil d'araignée a bien des atouts pour l'industrie, que ce soit pour les fils chirurgicaux, les gilets pare-balles, les fibres optiques ou encore les textiles. Seul problème : les araignées ne sont pas domesticables, à cause de leur nature territoriale et carnassière.

Pour réussir à obtenir une production industrielle de ce fil, de nombreuses équipes de recherche privées et académiques ont donc emprunté la voie de la transgénèse. Elles ont transféré les gènes codant les protéines constitutives du fil d'araignée dans des vers à soie, des pommes de terre ou encore des bactéries, érigés en véritables usines de production. Mais aucun système n'a encore donné entière satisfaction.

Encore un problème de coût

La situation est en train de changer. Des chercheurs allemands, israéliens et britanniques viennent de publier dans la revue « Current Biology » une nouvelle méthode utilisant des lignées de cellules du papillon Spodoptera frugiperda (Sf9). Ils ont choisi de transférer les gènes ADF-3 et ADF-4, qui composent un des fils d'araignée. Des filaments se forment spontanément dans ces cellules, proches des cellules d'araignées, car araignée et papillon sont tous deux des arthropodes.

Curieusement, les fibres ainsi obtenues ne sont constituées que de protéines ADF-4. Néanmoins, ces fils présentent un diamètre de quelques microns, proche de celui des fils d'araignées naturels, avec la même stabilité thermique et chimique. « La stabilité mécanique est en cours d'analyse. Mais il est certain que des différences vont être trouvées, puisque la fibre créée n'est pas composée des deux protéines », souligne Thomas Scheibel, chercheur du département biotechnologie de l'université technique de Munich, en Allemagne.

Ce système de production est industrialisable, car les cellules Sf9 sont peu sensibles aux changements de température et de CO2. Il pose encore un problème de coût. « Ces travaux servent essentiellement à optimiser notre système de production de fils d'araignée dans des bactéries, seules capables de produire des quantités de fils suffisantes pour un usage industriel à un prix abordable », explique Thomas Scheibel.

Des fibres de deux à quatre microns

Le principe est simple. Les protéines d'araignée, synthétisées par les bactéries génétiquement modifiées, sont purifiées et entraînées en rotation. Elles forment ainsi des fibres de 2 à 4 microns, avec une longueur qui peut aller de quelques mètres à plusieurs kilomètres. Autre avantage, le système bactérien est facile à manipuler, ce qui autori-sera dans le futur la fabrication de fils aux propriétés bien précises, en jouant sur des assemblages de protéines d'araignée différentes.

Plusieurs entreprises suivent de près l'avancée de ces travaux. Un groupe international de la chimie a déjà signé un contrat avec cette équipe. Selon Thomas Scheibel, les produits devraient être prêts d'ici à trois ans.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle