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L'Usine Agro

La production française de blé reprend de la vigueur dans un contexte d’abondance

Franck Stassi , ,

Publié le

L’abondance de la production de blé pénalise les débuts de la campagne commerciale, malgré un rebond des volumes et un net regain de la qualité au rayon des grains français.

La production française de blé reprend de la vigueur dans un contexte d’abondance © Patrick Hautefeuille/Twitter

Après une production historiquement basse de 27,6 millions de tonnes (Mt) en 2015-2016, la production française de blé tendre s’est établie, au terme de la campagne 2016-17, à 37,9 Mt, légèrement en-deçà du record de 40,9 Mt atteint en 2014-15.

Conséquence directe de ce rebond, les quantités disponibles sur le marché s’élèvent à 37,6 Mt (+ 23,4%). Elles sont également d’une qualité satisfaisante, souligne Adeline Streiff, chef de projet à l’institut technique des grandes cultures Arvalis. "Cette année, nous avons une très haute teneur en protéines, de 12,3%. 91% de la collecte présente un taux de protéines supérieur à 12,5%. En fin de cycle, on a eu des pluies assez hétérogènes, mais les temps de chute de Hagberg [l’un des critères qui permettent de sélectionner les lots destinés à la panification, ndlr] sont de très bons niveaux. Les protéines de qualité favorisent la qualité boulangère. En façonnage, les pâtes sont plutôt équilibrées en allongement. Les coups de lame sont très bien développés", a-t-elle précisé le 10 novembre lors des Journées techniques des industries céréalières, à Paris.

D’après l’enquête menée à l’entrée en silos avec France AgriMer, 85% des blés présentent un temps de chute de Hagberg supérieur à 240 secondes, contre une moyenne quinquennale de 74% entre 2012 et 2016. Après avoir inséré une tige dans un mélange chaud de farine et d’eau, les chercheurs évaluent le temps de chute de celle-ci. Une pâte contenant moins d’amidon est plus fluide. Un temps de chute compris entre 250 et 400 secondes est habituellement requis. La teneur en eau présente quant à elle une moyenne de 13,1% à l’entrée des silos, contre une moyenne quinquennale de 32%. Ce moindre taux favorisera la conservation des céréales. 44% de la collecte est, au final, classée au rang "premium", contre une moyenne quinquennale de 10%, tandis que 25% des blés sont au stade "supérieur", contre 26% en moyenne sur la période 2012-2016.

Une campagne agitée

La campagne n’a, pourtant, pas été de tout repos pour les céréaliers. Un court épisode de sécheresse à l’automne puis de faibles pluies hivernales ont provoqué des craintes, vite dissipées avec des cultures en bonne santé à la sortie de l’hiver. Début mars, le retour de la pluie a favorisé l’insémination azotée. Mi-mars, une sécheresse durable s’est installée. Fin avril, un épisode exceptionnel de gel a affecté les cultures de manière localisée, avec peu d’impact sur la moyenne nationale. En juin, au moment du remplissage des grains, les précipitations ont été assez homogènes sur l’ensemble du pays. Enfin un coup de chaud a toutefois eu un impact sur le poids de mille grains, avec un effet d’échaudage par endroits.

La Russie phagocyte le marché mondial

Responsable de l’analyse des marchés des grains chez France AgriMer, Olivia Le Lamer tempère toutefois cet enthousiasme à la lecture des premiers retours sur la campagne de commercialisation. "Cette année, on retrouve des volumes et de la qualité, mais l’humeur reste plutôt maussade concernant les perspectives à l’exportation. Elles seraient élevées vers l’Union européenne (8,1 Mt), suite à des difficultés de production en Espagne et en Allemagne. En revanche, avec 10,2 Mt vers pays-tiers, chiffre volontariste considéré comme non-acquis, ce niveau n’est pas à la hauteur que l’on pourrait attendre au vu de la récolte effectuée, que ce soit d’un point de vue quantitatif ou qualitatif", estime-t-elle.

La France fait en effet son retour dans un contexte d’abondance. D’après le département américain de l’Agriculture (USDA), 751,9 Mt de blé seraient produites au terme de la campagne 2017-18, après une moisson de 753,88 Mt en 2016-17. L’équivalent de quatre mois de consommation sont aussi en stocks. La concurrence fait rage, avec l’ombre de la Russie. La récolte de blé y dépasse les 80 millions de tonnes, bien au-delà du niveau de 73,3 millions de tonnes de 2016. Le pays conserverait son rang de premier exportateur mondial, avec plus de 30 Mt. Les pertes de terrain des Etats-Unis, où les semis sont à leur plus bas niveau historique, et, plus proche, l’Allemagne, dont les cultures ont été endommagées par les intempéries, pourraient faire office de coup de pouce au cours des prochains mois.

Preuve, cependant, que le marché reste agité, "les prix sur le marché mondial sont toujours très bas. Les producteurs s’en plaignent, avec des niveaux de prix en-dessous des coûts de production. Il faudra suivre les problèmes logistiques accrus éventuellement en mer Noire, l’arrivée éventuelle de La Niña, ainsi que les dégâts des fortes pluies en Amérique du Sud, notamment au Brésil", avertit Olivia Le Lamer.

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