La production de cobalt sera bien taxée à 10% en RD Congo

Tempête sur le stockage électrique. Malgré le lobbying acharné des géants miniers implantés en République démocratique du Congo, le président Joseph Kabila a promulgué le 10 mars le nouveau code minier qui impose une taxe de 10% sur les métaux critiques, dont le cobalt.

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La production de cobalt sera bien taxée à 10% en RD Congo
La RD Congo extrait les deux tiers des volumes mondiaux de cobalt. Cette production sera désormais cinq fois plus taxée.

La mobilisation de Glencore, Randgold Resources, Ivanhoe et des chinois China Molybdenum et CDM (Congo Dongfang international Mining) n’y aura pas suffi. Les géants miniers mondiaux n’ont pas réussi à convaincre Joseph Kabila de stopper la réforme du code minier congolais. Le président de la République démocratique du Congo a bien promulgué, dans la nuit du 9 au 10 mars, le texte qui rehausse les taxes sur les métaux critiques et sur les superprofits des miniers en cas de hausse importante des cours.

Joseph Kabila a néanmoins "pris note" des inquiétudes exprimées par les compagnies minières dont il avait longuement rencontré les dirigeants le 7 mars. "Leurs préoccupations seront prises en compte à travers un dialogue constructif avec le gouvernement, autour des mesures d’application" du nouveau texte, a fait savoir la présidence.

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Le cobalt, dont la RD Congo produit les deux-tiers des volumes mondiaux, sera taxé à 10% au lieu de moins de 2% actuellement. De quoi renchérir ce métal essentiel aux batteries électriques, dont les perspectives de demande dans un contexte de boom du véhicule électrique ont pratiquement fait quadrupler le cours depuis 2016.

Course à la substitution

Si les avis divergent entre observateurs sur le minéral – lithium ou cobalt – qui présente le plus fort risque de pénurie face à la demande croissante des fabricants de batteries, une chose est certaine : l’offre minière ne répondra pas à la demande des constructeurs d’autos électriques et de téléphones portables. A partir de là, deux scénarios sont possibles, séparément ou successivement: une hausse brutale des prix, ou une rupture technologique permettant leur substitution.

Le risque est, pour la RD Congo, de précipiter la substitution du cobalt dans les batteries si celui-ci devenait trop cher. Des recherches récentes ont d’ores et déjà permis à des fabricants comme SK Innovation et LG Chem de proposer des batteries à faible teneur en cobalt. Ces modèles dits NCM 811 sont composées à 80% de nickel, et à seulement 10% de cobalt et de manganèse.

Une avancée technologique qui ne convainc pas le belge Umicore. "Si vous augmentez la part du nickel, vous réduisez la stabilité de la batterie, ce qui a un impact sur la cyclabilité, la capacité de recharge rapide", a commenté son directeur général Marc Grynberg. Le cobalt permet de stabiliser le gain de densité énergétique apporté par le nickel dans une batterie. "La substitution ne se fera pas, du moins pas ces 30 prochaines années", ajoute Marc Grynberg. Umicore espère augmenter sa capacité de recyclage des batteries électriques d’automobiles. Cette source d’approvisionnement "restera modeste dans dix ans, mais devrait représenter une source significative dans vingt ans", selon le patron d’Umicore.

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