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L'Usine de l'Energie

La prochaine Programmation pluriannuelle de l'énergie sera "sincère" et industrielle, prévient Sébastien Lecornu

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

En clôture du colloque du syndicat des énergies renouvelables le 8 février, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire a détaillé les grands axes de l’élaboration de la prochaine PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie). Sans prendre de gants.

La prochaine Programmation pluriannuelle de l'énergie sera sincère et industrielle, prévient Sébastien Lecornu
Sébastien Lecornu secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.
© DR

On attendait Nicolas Hulot, pour clore le colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables. C’est finalement son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, qui est venu expliquer sa méthode d’écriture de la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE.

L’assistance n’a pas perdu au change. C’est avec un discours offensif, non dénué d’humour, qu’il a mis les choses au clair. Si, sans surprise il a annoncé vouloir "une PPE ambitieuse", ce qu’étaient selon lui toutes les précédentes, iI veut que celle-ci "soit sincère". Une "nouveauté", car "cela a été beaucoup plus rare".

L'horizon 2025 "n’était ni viable ni sincère"

Ce manque de sincérité dans l’élaboration des précédentes PPE serait d’ailleurs la cause du renoncement contraint du gouvernement à tenir l’horizon 2025 pour atteindre l’objectif de 50% d’électricité issu de l’atome. Cet horizon, qui était dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte, "n’était ni viable ni sincère, il fallait qu’on le revoie", a-t-il justifié. Mais l’objectif n’est pas abandonné. Il est seulement maintenu "dans un horizon le plus rapide possible, qu’il conviendra d’arrêter […], en sincérité avec EDF et Orano, tout au long de cette année".

"Rompre avec une stratégie immature" vis-à-vis d'EDF

Et qui dit sincérité dit aussi "que l’Etat développe avec tous les acteurs une relation mature, en particulier avec les entreprises où l’Etat est actionnaire", a expliqué Sébastien Lecornu, reconnaissant avoir déjà "mis les pieds dans le plat la semaine dernière". Lors d’une visite sur le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), il avait en effet expliqué publiquement à Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF qu’il fallait "rompre avec une stratégie immature", dont le "quinquennat dernier a pu donner quelques mauvais exemples dans la relation entre l’Etat actionnaire et une grande entreprise publique". Et après avoir expliqué qu’il était "fier d’EDF", il a rappelé que "c’est au gouvernement qu’il appartient de définir la politique énergétique. EDF doit la mettre en œuvre et nous pouvons faire cela en sincérité et en respect." A bon entendeur.

"Etre sincère sur nos objectifs"

Reste que pour "être sincère sur la question nucléaire, il faut être sincère sur nos objectifs en matière d’énergie renouvelable et sincère aussi, sur nos objectifs en matière de performance énergétique". Le secrétaire d’Etat a confirmé les objectifs pour 2030, à savoir que les énergies renouvelables doivent représenter 40% de la production d’électricité, 38% de la consommation finale de chaleur, 15% de la consommation finale de carburant, 10% de la consommation de gaz. Mais "certains de ces objectifs pourraient même évoluer dans une ambition plus forte si toutefois nous prouvons collectivement que c’est atteignable". Il pensait surement au gaz renouvelable dont les gaziers affirment qu’il pourra représenter 30% de la consommation en 2030.

"Pas de transition énergétique sans une vision industrielle"

Outre la sincérité, Sébastien Lecornu a rappelé les principaux "ingrédients qui président à l’élaboration de la Programmation pluriannuelle de l’énergie" telle que la conçoit le gouvernement. Il y en a cinq : le respect des engagements climatiques (avec la fermeture des quatre centrales à charbon en Métropole), la sûreté nucléaire, la sécurité d’approvisionnement en électricité, le coût de l’énergie et l’impact social, économique et industriel de la transition énergétique. Ce dernier aspect étant trop souvent oublié, selon lui. "Il n’y a pas de transition énergétique sans une vision industrielle notamment des grandes entreprises".

Pour lui, avoir une vision industrielle de la transition énergétique signifie "prendre les filières dans leur totalité, de l’amont à l’aval, s’assurer de leur viabilité économique et prendre en compte la dimension sociale et la question de l’emploi" sans oublier de "maintenir et développer les compétences et soutenir la recherche et l’innovation".

300 millions pour 8 appels à projets PIA

Ce sera chose faite. Sébastien Lecornu a annoncé que le Programme d’investissements d’avenir (PIA) lançait huit appels à projets recouvrant l’ensemble des thématiques de la transition énergétique, notamment les énergies renouvelable, les réseaux énergétiques et le stockage. "Ils pourront mobiliser jusqu’à 300 millions d’euros sur le quinquennat". Et parallèlement, le gouvernement a demandé à la DGCE et au CEA de "formuler des propositions pour le développement des technologies de production et les usages de l’hydrogène décarboné". C'est Nicolas Hulot qui suivra ce dossier.

Donnant donnant

Enfin, côté calendrier, "les ateliers techniques sont terminés" et ils auraient "donné une bonne vision sur le potentiel de chaque filière". Ils seront suivis par un débat public lancé au début du mois de mars par la Commission nationale du débat publique. A la suite de ce débat, un premier projet de PPE pourra être présenté. "Il donnera de la visibilité à l'ensemble de la filière sur les volumes de développements à l’horizon 2028 et permettra de lancer les appels d’offres sur le quinquennat".

Mais Sébastien Lecornu a ses exigences. En échange de sincérité et de visibilité il demande aux acteurs de s’impliquer dans la formation de la filière et dans l’acceptabilité des projets en réengageant le dialogue localement. Il sait que malgré sa méthode pragmatique de concertation pour libérer les énergies renouvelables, cela ne calmera pas tous les "anti".

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