La pression monte aux Etats-Unis pour un encadrement du dicamba, un herbicide de Monsanto

Les deux principaux vendeurs de semences indépendants aux Etats-Unis demandent aux autorités fédérales d'interdire l'utilisation durant l'été du dicamba, un herbicide mis au point par Monsanto, la firme rachetée par Bayer.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

La pression monte aux Etats-Unis pour un encadrement du dicamba, un herbicide de Monsanto
Des plants de soja ravagés par du dicamba. Les deux principaux vendeurs de semences indépendants aux Etats-Unis demandent aux autorités fédérales d'interdire l'utilisation durant l'été du dicamba, un herbicide mis au point par Monsanto, la firme rachetée par Bayer. /Photo prise le 2 août 2018/REUTERS/Tom Polansek - RC1DD665C800

Beck's Hybrids et Stine Seed, les deux principaux vendeurs de semences américains, ont saisi l'Agence de protection de l'environnement (EPA) pour que l'utilisation du dicamba (un herbicide conçu par Monsanto) soit restreinte au printemps, avant les semailles.

En parallèle au dicamba, Monsanto propose aux producteurs américains de soja des semences modifiées capables de résister à cet herbicide. Mais des agriculteurs et des experts agronomes affirment que le dicamba présente l'inconvénient de s'évaporer et de dériver dans l'air pour aller affecter des cultures qui n'ont pas, elles, été modifiées pour résister à son action.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

L'été dernier, cette propagation accidentelle du dicamba vers des champs plantés en semence de soja non modifié a atteint quelque 1,46 million d'hectares, soit 4% de la totalité des surfaces agricoles cultivées.

Le problème s'est reproduit cette année, l'Université du Missouri estimant qu'au 15 juillet, 400.000 hectares de cultures de soja non modifié étaient touchés par le dicamba.

Un problème de "mauvaise utilisation' ?

Monsanto estime de son côté que ces propagations accidentelles sont liées à une mauvaise utilisation du dicamba par les agriculteurs et assure que les formations obligatoires mises en place cette année ont amélioré les choses.

L'EPA doit déterminer dans un proche avenir si elle accorde une prolongation de son agrément au dicamba, qui expire cet automne.

Dans une lettre adressée le 27 juillet à l'EPA, et que Reuters s'est procurée, le PDG de Beck's Hybrids, Sonny Beck, estime que la plupart des plaintes liées à la propagation accidentelle du dicamba cesseraient si l'herbicide n'était autorisé qu'avant que les cultures soient plantées.

Si l'EPA fait suite à leur demande, Bayer, qui a racheté Monsanto pour 63 milliards de dollars, aura un nouveau dossier chaud à gérer, après la condamnation la semaine dernière en première instance de Monsanto à payer 289 millions de dollars d'indemnités à Dewayne Johnson, un jardinier victime d'un cancer après avoir utilisé du Roundup, l'herbicide vedette de la marque de St. Louis.

Avec Reuters (Tom Polansek; Henri-Pierre André pour le service français)

2 Commentaires

La pression monte aux Etats-Unis pour un encadrement du dicamba, un herbicide de Monsanto

Gaillard François
17/08/2018 09h:55

Monsanto produit depuis des années des herbicides et les semences résistantes à ses herbicides... Un petit groupe d'actionnaires américains tient le tiers ou la moitié des agriculteurs mondiaux par les cou.... et dérègle la nature. Le problème soulevé n'est pas cette équation de délire économique et biologique mais bien "un manque de formation des Paysans" !... Et ce délire perdure pourtant tant la puissance financière peut gouverner la justice autant que dérégler les défenses biologiques de la nourriture des hommes dans l'indifférence la plus totale.... Notre monde marche sur la tête

Réagir à ce commentaire
Jean-LuK
18/08/2018 11h:02

Après le glyphosate, le tour au dicamba… Là, on ne reproche pas une toxicité (qui est d’ailleurs minimale pour le glyphosate), mais la contamination de champs voisins. Il est évident que si l’on pulvérise n’importe où ou n’importe comment ce produit, il va y avoir des effets négatifs… ces utilisateurs-là seraient donc des bras cassés?? Peu importe, le fond du problème est dans ce que permettent ces produits, mais dans leur couplage avec les OGM. News, on vient de séquencer du génome du blé (IWGSC), ce véritable exploit scientifique en raison de la taille et de la complexité de ce génome est en fait un effort bien inutile si l’on ne peut produire des OGM. Pendant ce temps, dans les hôpitaux, on commence à injecter directement dans les veines d’êtres humains des cellules génétiquement modifiées pour traiter cancer et maladies génétiques… Donc des humains sont perfusés aux OGM, mais refusent d’en ingurgiter?! La peur de la science atteint des sommets…

Réagir à ce commentaire
2 Commentaires

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Agroalimentaire
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS