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L'Usine de l'Energie

La première éolienne flottante en mer française connectée au réseau

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Publié le , mis à jour le 20/09/2018 À 13H01

Le 18 septembre, la première éolienne flottante en mer française a été mise en service au large du Croisic (Loire-Atlantique). Le consortium Floatgen salue une étape symbolique tandis que les autres projets d'éolien offshore tardent à se concrétiser en France.

La première éolienne flottante en mer française connectée au réseau
Le 18 septembre, la première éolienne flottante en mer française a été mise en service au large du Croisic (Loire-Atlantique).
© Floatgen

La première éolienne en mer française a injecté le mardi 18 septembre ses premiers kilowatts-heure dans le réseau électrique. Une mise en service "symbolique pour la France", estime dans un communiqué Floatgen, le porteur du projet. Inaugurée en octobre 2017, l'éolienne flottante a été installée à 20 kilomètres au large du Croisic (Loire-Atlantique), sur un site d'essais isolé.

"Elle constitue le point de départ d'un déploiement en série d'éoliennes en mer, et représente une opportunité unique de devenir leader mondial de l'éolien flottant", considère le consortium Floatgen.

Cette éolienne permettra d'alimenter en électricité "l'équivalent de 5000 habitants, soit la taille de la ville du Croisic et de ses environs", comparent les porteurs du projet.

Un projet débuté en 2013

Débuté en 2013 et soutenu par l'Union Européenne, le projet réunit sept partenaires, parmi lesquels le cabinet d'ingénierie Ideol, l'École centrale de Nantes et Bouygues Travaux publics.

Cette annonce survient alors que les parcs éoliens offshore fixes accumulent eux aujourd'hui "entre trois et quatre ans de retard" en raison des recours juridiques, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui regroupe 360 industriels de la filière (éolien, biomasse, énergie solaire...).

Une décision imminente du Conseil d’État est attendue depuis plusieurs mois pour purger les derniers recours contre le parc de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le plus avancé à ce jour.

"Tant que cette décision n'est pas intervenue, le consortium ne peut pas lancer les étapes d'après, comme le financement ou les travaux d'ingénierie", explique à Reuters Marion Lettry, déléguée générale adjointe du Syndicat des énergies renouvelables.

Recours juridiques

Des contentieux sont aussi toujours en cours pour les éoliennes offshore de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Fécamp (Seine-Maritime), selon le syndicat professionnel, tandis que celles de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) ont pris "un an de retard" en raison d'un changement de machines.

Les parcs éoliens prévus au large des îles d'Yeu et Noirmoutier (Vendée) et Dieppe/Le Tréport (Seine-Maritime), lancés en 2014 au terme du second appel d'offres gouvernemental, sont quant à eux bien moins avancés : ils sont toujours en attente des autorisations environnementales.

"À l'étranger, ces recours sont pratiquement inexistants, alors qu'en France, ils sont systématiques", déplore Marion Lettry. "L'objectif des opposants, c'est a minima de ralentir le projet, à défaut de pouvoir l'annuler."

"Limiter le nombre d'autorisations qui peuvent être attaquées"

Les professionnels de l'éolien offshore avaient déjà obtenu du gouvernement, en 2015, de supprimer un degré de juridiction pour ces recours. La cour administrative d'appel de Nantes est désormais seule compétente pour traiter en premier et dernier ressort ces contentieux.

"Notre objectif, c'est désormais de limiter le nombre d'autorisations qui peuvent être attaquées en justice", explique Marion Lettry. La loi ESSOC a ainsi instauré cet été un "permis enveloppe", qui permet à son bénéficiaire de faire évoluer son matériel sans devoir solliciter un permis modificatif, potentiellement attaquable en justice.

 

Avec Reuters (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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