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L'Usine Energie

La PPE, occasion pour Emmanuel Macron d’enfin faire de la transition énergétique l’affaire de tous

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Analyse La présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie mardi 27 novembre ne doit pas donner uniquement au président de la République l’occasion d’ajouter le volet social manquant à sa politique de transition énergétique pour répondre aux gilets jaunes. C’est une nouvelle occasion en or de raconter une histoire apte à fédérer les Français.

La PPE, occasion pour Emmanuel Macron d’enfin faire de la transition énergétique l’affaire de tous
La PPE, l'occasion à ne pas manquer pour Emmanuel Macron de transformer son slogan "Make our planet great again" lancé en riposte à la décision de Donald Trump de sortir de l'accord de Paris, en récit national français.
© Chairman of the Joint Chiefs of Staff / Flickr

Donald Trump lui avait pourtant servi une occasion en or de rassembler les Français derrière une cause fédératrice, celle de la lutte contre le réchauffement climatique. Agriculteurs, entreprises, associations ou simples citoyens, beaucoup n’attendent que ça, ou presque. Car c’est bien à défaut de grands récits collectifs que les peuples se laissent tenter par les partis nationalistes… ou enfilent des gilets jaunes.

Las, son "make our planet great again", lancé en riposte à la décision du président américain de sortir de l’Accord de Paris, Emmanuel Macron l’a réservé à ses homologues internationaux. Oubliant que, sans les Français, son slogan ne serait qu’une incantation. Avec eux, en revanche, la France cesse d’être une donneuse de leçon et peut montrer comment passer à l’action pour décarboner une économie occidentale accro aux énergies fossiles. Encore faut-il leur faire confiance et les embarquer dans l’aventure.

Du besoin d’un récit collectif

Emmanuel Macron n’en a pas fait une priorité de son début de mandat. Certes, il avait réussi à recruter Nicolas Hulot. Certes, son gouvernement a fait voter une trajectoire agressive de la taxe carbone, qui de l’avis de tous est le levier le plus efficace pour changer les comportements des citoyens vis-à-vis de l’énergie et motiver les investissements des entreprises vers les technologies décarbonées. Mais c’est un levier brutal. Et les mesures d’accompagnement, comme la prime à la conversion ou le chèque énergie, ne suffisent pas à le rendre moins injuste.

Il n’est pas trop tard. Mais si les citoyens doivent changer leur comportement vis-à-vis de l’énergie, là, maintenant, il faut qu’ils ne soient pas les seuls à devoir le faire. Il faut aussi être clair sur le fait que la transition énergétique ce n’est pas qu’une affaire… d’énergie. C’est toute l’économie, toute la société, qui est concernée.

Certes, il faut rappeler pourquoi, alors qu’avec le nucléaire et l’hydraulique, l’électricité française – qui ne représente que 24,7% de la consommation finale d’énergies – était déjà décarbonée, il a fallu investir massivement dans les énergies renouvelables. Il y a trois raisons. D’abord, l’éolien et le solaire permettent de fermer les centrales électrique au fioul et demain celles au charbon. Ensuite parce que des acteurs de l’énergie, comme EDF et Engie, ont pu développer une expertise et une ingénierie dans les énergies renouvelables qu’ils valorisent très bien à l’international et qui, maintenant que les coûts de l’éolien offshore, du solaire et du stockage ont baissé, ils vont pouvoir déployer massivement en France. Enfin, parce que les énergies renouvelables sont indispensables à toute politique d’autonomie énergétique.

Fixer un objectif commun : la neutralité carbone

Il faut surtout expliquer concrètement comment la France peut, collectivement, atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Expliquer que cela passe d’abord par une réduction massive et tous azimuts de nos consommations d’énergie, en commençant par nos habitats et nos transports. Et qu’au passage on y gagnera en qualité de vie. Expliquer que cela passe aussi par la production d’énergies renouvelables autres qu’électriques, pour produire la chaleur et les carburants alternatifs. Et cette production-là, elle se réalise avec nous, dans les territoires à partir de nos déchets et de notre agriculture, dont les sous-produits servent à la production de biocarburant et de biogaz, pour améliorer le bilan carbone des énergies fossiles, mais surtout s’en affranchir. Des camions roulent déjà au bio GNL. Sans oublier nos forêts qu’il faut mieux exploiter en la respectant, et nos jardins publics ou privés, qui avec nos champs sont autant de puits de carbone...

Et parce que ce plan implique la participation de tous, le récit du "comment" s’opère cette transition énergétique ne peut plus être réservé aux seuls spécialistes de l’énergie. La présentation de la feuille de route énergétique, la fameuse PPE (pour programmation pluriannuelle de l’énergie) donne une occasion en or à Emmanuel Macron de réaliser cette pédagogie. Et de transformer son slogan "make our planet great again", en une histoire qui embarque les Français.

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3 commentaires

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27/11/2018 - 09h39 -

Dans ce plaidoyer tout-EnR, vous omettez les dimensions sociale, environnementale, économique. Car nos politiques ont oublié d'embarquer parmi les français les ruraux et riverains victimes d'un éolien terrestre ravageur. Or, pour être réussie la transition énergétique doit s'attacher dans l'ordre (et non "en même temps") aux priorités suivantes : (1) réduire la consommation totale d'énergies fossiles : il semble que nos gouvernants en aient enfin pris conscience (2) privilégier la chaleur d'origine renouvelable, individuelle ou collective : géothermie, bois-énergie, petit solaire... (3) privilégier des Enr respectueuses du cadre de vie, des paysages et de l'environnement (sols, eau, flore, faune, avifaune), et acceptables quant à leur coût, sauf à renforcer la précarité énergétique (réf. 146 Mds Cour des Comptes, avril 2018). Pour embarquer les français, il faut une vraie concertation avec les citoyens et leurs associations, plutôt qu'avec tel lobby financé par les opérateurs.
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27/11/2018 - 05h41 -

Je suis une "écolo" de la première heure. Je vous remercie pour l'enthousiasme de votre article, qui m'a fait bien plaisir, et qui j'espère, enthousiasmera de nombreuses autres personnes.
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26/11/2018 - 22h59 -

Faux, on ne remplace pas une énergie pilotable comme les énergies thermiques par des ER intermittentes et aléatoires. EDF se développe en ER dans les pays n'ayant pas d'autre énergies pilotables que le fioul ou charbon. Dans ces cas précis, les ERi, peuvent être un complément écologique, mais qu'un complément. Sinon, il faudrait nous expliquer pourquoi, ça ne marche pas en Allemagne. Avec 110 000 MW d'ERi, l'Allemagne exploite toujours 95 000 MW de charbon, lignite, gaz, biomasse thermique et de nucléaire pour produire les 2/3 de leur énergie. 2017 l'Allemagne c'est: 143 TWh de solaire et éolien, 20 TWh d'hydrau, 315 TWh carbonés, 73 TWh de nucléaire et 330 millions de tonnes de CO² pour son mix vert. (juste 7 fois plus que le mix français nucléaire/hydraulique). Il faudrait juste nous expliquait, l'intérêt de dépenser des milliards, pour pourrir paradoxalement la planète de millions voire milliards de batteries, millions de panneaux solaires et dizaines de milliers d'éoliennes.
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