La Poste s'adapte au commerce en ligne

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Dossier Face à l'émergence des sites marchands sur Internet, La Poste entend se positionner. Avec pour atout son expertise dans la livraison des particuliers. Mais avec un handicap : l'international.

La Poste s'adapte au commerce en ligne

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La communication électronique fait peser un risque sur le courrier ? Qu'à cela ne tienne ! La Poste affiche ses ambitions dans l' " e.commerce ". " C'est sur la livraison que nous voulons avoir la place de leader en France et en Europe ", annonce Jacques David, directeur du commerce électronique à La Poste. En retard, dans ce domaine, sur ses concurrents européens, qui se sont offert des entreprises spécialisées en messagerie ou en logistique, La Poste française tente de mettre les bouchées doubles. Elle a d'abord musclé ses compétences en recrutant, il y a un an - au sein de la branche " colis et logistique " -, Jacques David. Cet ex-France Télécom a séduit les dirigeants de La Poste en leur remettant un rapport sur l'impact du commerce électronique sur les différents métiers de l'entreprise. Aujourd'hui, il est l'interlocuteur des entreprises qui souhaitent s'engager dans cette nouvelle voie. Des partenariats avec France Télécom, IBM et Sagem En juin dernier, La Poste a aussi signé un partenariat avec France Télécom. A l'offre de celle-ci, baptisée Télécommerce et pro-posant des outils d'aide à la vente (exemple : référencement sur le site portail " Voilà ") et des solutions pour le paiement sécurisé ou le suivi des commandes, La Poste ajoute ses prestations en matière de livraison. Aujourd'hui, elle finalise le même type d'offre avec IBM pour " e-comptoir " à destination des très petites entreprises. Elle vient également de créer avec Sagem une société, Certinomis, autorité de certification pour les échanges électroniques qui permettra d'établir le lien entre l'identité d'une personne et un identifiant électronique. Enfin, plus largement, son expertise des flux financiers lui donne la possibilité d'intervenir dans le domaine de la sécurisation des paiements. Un savoir-faire trop hexagonal Mais ses deux bras armés pour conquérir ce nouveau marché sont avant tout ses filiales. D'un côté, Publi-Trans, prestataire logistique, avec ses 65 000 mètres carrés d'entrepôts ; de l'autre, Chronopost, leader français de l'express. Tous deux présentent aujourd'hui le même schéma : ils savent faire, mais manquent de réseaux européens et cherchent à s'allier. Publi-Trans, spécialiste du publi-promotionnel (PLV, documenta-tion), gère 130 000 références, pour 320 millions de francs de chiffre d'affaires. Exemple : ce prestataire gère toute la logistique marketing et promotionnelle de grands constructeurs d'automobiles, en mettant à disposition des concessionnaires tous les outils de communication, parfois nécessaires en quarante-huit heures. C'est lui aussi qui stocke et expédie à Noël plus de 25 000 mètres cubes de jouets pour les grands magasins, puis gère les retours dès le lendemain des fêtes. Aujourd'hui, à Longjumeau, près de Paris, un entrepôt de 23 000 mètres carrés sous température dirigée s'ap- prête à recevoir les premières caisses de bordeaux vendus sur un site Internet. Mais qui connaît vraiment Publi-Trans ? Personne, ou presque ! Résultat : pour exprimer haut et fort son savoir-faire en matière de logistique fine à destination des particuliers, le prestataire s'est offert une vitrine propre à attirer les " cybermarchands ". Dans le cadre d'un contrat exclusif entre Disney et La Poste, Publi-Trans a mis au point un traitement per-sonnalisé. Une opération qui devrait atteindre 4 000 commandes par jour d'ici à Noël. Les prospects du Web commencent, paraît-il, à affluer : " Un commercial a actuellement deux ou trois rendez-vous par jour ", révèle-t-on chez Publi-Trans. Une alliance internationale en suspens De son côté, Chronopost ne sait pas encore vraiment où il met les pieds, mais possède une offre. Le prin-cipe ? Au lieu de lier les tarifs aux volumes, encore ridicules dans la vente par Internet, Chronopost propose un prix adapté dès le premier colis. " Nous prenons un pari et nous faisons les comptes avec nos clients cybermarchands régulièrement pour réajuster les prix. Mon intérêt est qu'ils se déve- loppent ", souligne Géraud de Chantérac, directeur du marketing. Pour sa centaine de clients qui vendent sur le Net, Chronopost met également en place un système d'interfaçage avec le site permettant de suivre le colis à la trace d'après le numéro de commande du client. Mais les UPS et autres DHL savent le faire aussi. A la nuance près que ces derniers ne bénéficient pas des 17 000 bureaux de poste, d'un savoir-faire pointu dans la livraison aux particuliers et d'une forte capacité à répondre aux besoins des vépécistes ! Le hic, c'est que La Poste ne possède cette expertise que dans l'Hexagone. Or Internet est mondial. Bien sûr, Chronopost fait des envois à l'international au travers d'un accord avec TNT, mais il n'a pas la puissance de frappe d'un DHL, dont la Poste allemande détient désormais 25 %. L'expressiste français a également conclu une alliance avec la Poste espagnole et discute avec les Postes belge, grecque, portugaise et italienne. " Mais on ne peut pas se passer d'alliances, dans l'express international ", avoue Gilles Moutel. Autrement dit, avec un intégrateur comme UPS ou FeDex. On en parle depuis dix-huit mois.

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