Economie

"La population ingénieur se féminise enfin !" se réjouit François Lureau, président d’IESF

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

Les 30 et 31 mars, la 4e "journée nationale de l'ingénieur" fête les ingénieurs. Une table ronde parisienne est consacrée aux femmes ingénieurs. François Lureau, président d'Ingénieurs et scientifiques de France, perçoit enfin un frémissement de l'intérêt des jeunes filles pour ce métier.      

La population ingénieur se féminise enfin ! se réjouit François Lureau, président d’IESF

Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) organise les 30 et 31 mars la quatrième "Journée nationale de l’ingénieur". A Paris, à la Maison de la chimie, une table-ronde met à l’honneur, le 30, les parcours, variés, de plusieurs femmes ingénieurs. François Lureau, président d’IESF, explique pourquoi son association les met à l’honneur.

L'Usine Nouvelle - Pourquoi essayer d’attirer les jeunes filles vers le métier d’ingénieur?

François Lureau - La diversité des approches, en général, est absolument nécessaire, surtout dans un monde plus complexe. Tout le monde en convient, entreprises, enseignants, hommes et femmes... Or une femme n’a pas le même comportement qu’un homme. Les enquêtes sur les entreprises dirigées par des femmes montrent d’ailleurs que leurs résultats sont meilleurs ! Malheureusement, pour accroître leur présence dans les conseils d’administration ou les comités exécutifs, il faut sans doute en passer par des quotas !

Beaucoup d’initiatives sont prises pour attirer les jeunes filles vers le métier d’ingénieur. Sont-elles efficaces ?

En tout cas, ça bouge ! Il y a une dynamique et la population ingénieur se féminise enfin. Aujourd’hui, les femmes représentent 29% des ingénieurs de 25-30 ans, alors qu’elles devaient à peine être 5% il y quinze ans. Ca croît énormément, mais le pourcentage global reste faible (22% dans l'enquête IESF de 2015). Il faudra une génération entière pour rééquilibrer les choses…

Ça bouge parce qu’il y a une prise de conscience. Les femmes ingénieurs sont de plus en plus visibles, les associations, très actives. Parents et enseignants ont arrêté de dire que ce n’est pas un métier de femmes. Elles sont donc plus nombreuses à intégrer les écoles d'ingénieurs, même si elles choisissent encore souvent la chimie ou la biologie.

Un des objectifs de la table ronde qui se tient le 30 mars à Paris est de leur montrer la diversité des métiers d’ingénieurs, dont les jeunes filles ont parfois une image ancienne, stéréotypée. Seront présentes une élève ingénieur qui a créé sa startup, une ingénieur artiste, une chef d’entreprise, une chef d’exploitation d’EDF, et Virginie Guyot, ex-pilote de chasse et ancienne leader de la patrouille de France.

On dit parfois que la façon dont on enseigne les sciences à l’école rebute les jeunes filles…

Et pas uniquement elles ! Pour attirer plus de jeunes vers les études scientifiques, il faut utiliser, à l’école, d’autres pédagogies, plus proches de l’expérimentation. Elargir le spectre à tous ceux qui sont sensibles à l’approche concrète touchera forcément les jeunes femmes.

Le thème de la journée nationale de l’ingénieur est "Une vision, des projets et du sens". Les jeunes ingénieurs veulent s’impliquer dans la marche de la cité, en tant que citoyens. Non seulement ils le peuvent, mais ils le doivent. Les filles peuvent être intéressées par l’idée que leur métier a du sens.

Et à IESF, les femmes sont-elles représentées ?

Sur les neuf membres du conseil exécutif, quatre sont des femmes ! Plutôt pas mal…

Propos recueillis par Cécile Maillard

Des rencontres sont organisées dans une vingtaine de villes

 

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