La pompe à membrane se réinvente

Dans la pépinière de l'Université technologique de Compiègne, AMS R et D a inventé un concept inédit de pompage. Une membrane ondulante propulsant le fluide, qu'il soit liquide, gazeux, diphasique ou chargé de solides. En développement, cette technologie pourrait donner naissance à une nouvelle famille de pompes. Avec des débouchés dans toute l'industrie.
Partager

Du jamais vu. La jeune entreprise innovante AMS R et D, fondée en 2005, développe la pompe à membrane ondulante. Ni axe, ni clapet, ni pièce tournante... Dans cette pompe, la simple oscillation d'une membrane élastomère propulse le fluide. À la clé, des économies d'énergie attendues en comparaison avec les pompes ordinaires - de 30 à 40 %.

La pompe accepte tous les types de fluides

« Les technologies classiques à membrane sont des pompes volumétriques. Pour pousser le fluide, elles utilisent des clapets d'entrée et de sortie. La nôtre est sans équivalent », assure Jean-Baptiste Drevet, responsable recherche et développement d'AMS R et D et inventeur du procédé.

À première vue, son principe de fonctionnement est d'une simplicité déconcertante. Quand on excite l'extrémité d'un support déformable, une onde se propage. Concrètement, dans la technologie AMS, un actionneur génère un mouvement sinusoïdal sur la périphérie d'une membrane circulaire. En oscillant, celle-ci transmet l'énergie au fluide et le fait avancer. Injecté à la périphérie de la membrane, le fluide ressort en son centre.

Traitement de l'eau, assistance cardiaque, nucléaire... AMS cible un large spectre de débouchés. Sa technologie possède en effet un atout majeur. Elle fonctionne avec tout fluide, qu'il soit liquide, gazeux ou diphasique. Dans l'électroménager, elle permettrait par exemple d'aspirer simultanément l'eau et la mousse des lave-linge.

Elle tolère même les corps étrangers sans se bloquer

Mieux : la pompe AMS tolère les corps étrangers solides. « Comme la poudre, les graviers, les feuilles d'arbres, les grains de café, même les balles de golf ! », s'enthousiasme Erik Guillemin, président d'AMS. « Si une chaussette s'échappe du tambour d'un lave-linge, elle ne bloquera pas la pompe », assure-t-il.

Dans l'agroalimentaire, en injectant deux fluides, elle les mélangerait. Dans l'automobile, sa vitesse de démarrage de 12 ms accélérerait la réponse des turbocompresseurs. Et réduirait d'un tiers, selon AMS, la taille des moteurs.

Ses atouts ? Le procédé possède plusieurs qualités intrinsèques : faible cisaillement, dimension, poids et nombre de pièces réduits. Dans la pratique, il doit pourtant être adapté à chaque application. La pièce critique est la membrane. Sa composition dépend du fluide, par exemple de son acidité. Surtout, la membrane est soumise à la pression. « Par simulation numérique, nous avons pour l'instant atteint 18 bar », précise Jean-Baptiste Drevet. Après avoir travaillé sur des membranes homogènes, il envisage désormais d'associer plusieurs matériaux.

Autre piste de recherche, le bruit. « Actuellement autour de 52 dB, le niveau sonore typique de l'électroménager », chiffre Jean-Baptiste Drevet. Son objectif ? Le réduire à 40 dB pour s'imposer dans l'automobile. Prometteuse, la technologie développée par AMS doit désormais confirmer son potentiel. Une première commercialisation est attendue pour 2011 auprès d'un fabricant de piscines. Avant combien d'autres ?

Cherche partenaire industriel

Installée dans un laboratoire de l'UTC (Université de technologie de Compiègne), AMS R & D réunit six personnes. Sans compter un thésard à l'UTC et un partenariat de recherche avec l'Institut de mécanique des fluides de Karlsruhe, en Allemagne. Pour l'instant, la jeune entreprise a déposé six brevets. Trois millions d'euros ont été investis, un tiers provenant d'Oséo, de l'UTC et de la Région Picardie. Mais pour développer sa technologie, AMS cherche des partenariats. L'idéal ? Des industriels avec une problématique de pompage précise, capable d'investir entre cinq cent mille et deux millions d'euros. Puis de fabriquer, sous licence, la pompe.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le Mans, capitale du son

Le Mans, capitale du son

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Olivier James nous emmène au Mans pour nous faire découvrir un écosystème surprenant : celui de l'acoustique. En quelques années, la...

Écouter cet épisode

Le design dans le monde d'après

Le design dans le monde d'après

L'ancien secrétaire d'Etat socialiste, Thierry Mandon, est président de la Cité du Design de Saint-Etienne. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il présente la Biennale...

Écouter cet épisode

Viande in vitro, végétal... Frédéric Wallet dresse le menu de demain

Viande in vitro, végétal... Frédéric Wallet dresse le menu de demain

Dans ce nouvel épisode de « Demain dans nos assiettes », notre journaliste reçoit Frédéric Wallet. Chercheur à l'Inrae, il est l'auteur de Manger Demain, paru aux...

Écouter cet épisode

La fin du charbon en Moselle

La fin du charbon en Moselle

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Cécile Maillard nous emmène à Saint Avold, en Moselle, dans l'enceinte de l'une des trois dernières centrales à charbon de...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

VILLE DE CALLAC

Technicien des Services Techniques H/F

VILLE DE CALLAC - 31/03/2022 - CDD - CALLAC DE BRETAGNE

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

80 - MONTDIDIER

Etudes géotechniques pour la déconnexion de 25HA de surfaces actives du système de collecte de Montdidier en amont du DO13.

DATE DE REPONSE 20/06/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS